mardi 31 mars 2009

Une question d'attitude



Très souvent dans la vie, et l'on ignore à quel point c'est vrai tant qu'on a pas constaté par soi-même le contraste d'un éventuel effort en ce sens, l'évolution des évènements est une question d'attitude.

Petit mari est le champion de la tolérance, je suis plutôt pointilleuse. Il faut parfois de l'un, et parfois aussi de l'autre. Mais surtout, il faut démontrer de la confiance et de la souplesse envers les gens avec qui nous transigeons, même si la cause nous semble perdue, et ce dans le but d'obtenir d'eux le meilleur possible.

Nous éprouvons quelques problèmes de condensation avec nos fenêtres neuves. En bonne cliente déterminée à obtenir du service, j'ai procédé en toute courtoisie cet hiver au signalement du problème. Un évaluateur de compagnie s'est déplacé, et j'ai été magnétisée par son savoir faire relationnel de vieux de la vieille, question marketing. Au téléphone il s'est exclamé en toute empathie pour ma cause, "la madame a des problèmes avec ses belles fenêtres neuves, Gerry, faut que t'envoie quelqu'un dans les plus brefs délais!". Voilà, il venait de gagner ma confiance. Pourtant, ce qui devait être un call de service de 10 jours s'est transformé en deux longs mois pendant lesquels j'ai eu le temps de redescendre de mon nuage.

Aussi, quand mars s'est pointé, j'ai signalé mon mécontentement au vendeur qui s'est assuré qu'une personne allait me venir en aide rapidement. L'individu qui s'est présenté avait tout d'une armoire à glace. Devançant de deux pleines heures un rendez-vous fixé, il m'a surprise en pyjama, les cheveux en bataille, dans le ménage. Peu ébranlé par le spectacle, il s'est mis à circuler dans la maison avec son air bourru. On peut imaginer que le mien n'était pas des plus rafraîchissant non plus... Ce gars allait casquer pour mon attente interminable, mon insatisfaction, il ne me paraissait pas sympathique, rien pour aider sa cause.

Mais un grand gaillard n'est nullement impressionné de nature par une femme frustrée, surtout lorsqu'elle s'exprime à demi-mots, avec des phrases assassines mais des sourires polis. Le sourcil arqué par l'indifférence, il s'est disposé à écouter placidement toutes nos mésaventures, et surtout notre inquiétude envers ce produit neuf et hors de prix qui nous ch** dans les mains. Il fallait bien que je le fasse, que j'explique les vraies affaires! Ce faisant, je m'appliquais à prononcer quelques remarques acides sur le rapport qualité-prix du produit et sur les inconvénients du choix de cette compagnie. Bref, mauvais moment pour lui, mauvais moment pour moi. Lors de cette visite, il n'avait à offrir que des contre-arguments de mauvaise foi, des explications fumeuses et bref, ayant une madame devant lui, il en profitait pour pelleter un peu plus fort dans la stupidité. Certaines de ses remarques, rapportées par la suite à Petit mari, ont bien fait rigoler. Il a refusé de regarder de plus près la fenêtre qui branle, faisant remarquer la normalité de la chose. Il a refusé de voir un quelconque défaut aux coupe-froids.

Le dit réparateur devait se pointer ce matin, pour terminer ce qu'il avait commencé. Encore une fois, il me surprends à peine habillée en toute hâte, au son du camion dans l'allée. Mais cette fois je n'en ai cure. Petit mari, travaillant pas très loin dans le quartier, va venir le rencontrer. Je vais pouvoir regarder ce dernier à l'oeuvre, tiens!

Petit mari arrive d'un pas leste. Je lui fais signe de monter à l'étage, où le réparateur oeuvre depuis peu. Je suis prète à espionner la conversation, certaine que ça va surement argumenter un peu! Il gravit les marches en sifflotant, ce qui ne manque pas de me titiller. Quelle est donc cette stratégie? La bonne humeur? Je ne peux saisir le moindre mot de la conversation entre les deux hommes. Ils semblent être sur une même longueur d'onde.

En redescendant peu après avec un sourire franc dans le visage, Petit mari annonce que monsieur le réparateur aurait soudainement constaté que certains coupes-froid auraient été taillé trop court. Je suis on ne peut plus surprise, étant donné que nous les avions examinés lui et moi précédemment sans qu'ils ne présentent le moindre problème. Restée seule avec le réparateur, soudainement souriant, nous entamons une conversation sur le manque d'isolation des murs de vieilles demeures, pouvant causer la condensation. Il y va d'anecdotes colorées, prenant le temps d'ajouter des détails alors qu'il m'avait auparavant à peine regardée. Plus conciliant, il vérifie toutes les fenêtres du bas, pour lesquelles il n'a pas été dûment mandaté. Il accepte de se pencher sur la fenêtre instable, trouve le problème cette fois et répare avec diligence! Je ne me départis pas de mon sourire et de ma bonne humeur: cette formule semble agir à merveille, pourquoi en changer? Monsieur termine dans la joie en me laissant les coupes-froids supplémentaires même sans y être obligé, et me fournit des petits carrés isolants pour que Petit mari puisse faire des tests... Puis il quitte, non sans m'avoir gratifiée, au moyen de ses nombreux aller-retours à l'extérieur, d'une trace de caca de chien sur la céramique. *soupirs*

J'écris ce billet et je me fais simultanément cette réflexion? Le réparateur n'était peut-être finalement qu'un macho fini, refusant de collaborer avec une femme. Les paroles de l'Homme de la maison ont opéré comme l'Évangile, mais les frustrations du sexe faible sont restées sans appel. Entre hommes, ils se seront reconnus et auront parlé le même langage?

Quoi qu'il en soit, je choisis de tirer une autre conclusion, une autre leçon. On obtient toujours davantage avec la bonne volonté, le sourire et la souplesse. Petit mari est mon mentor à ce chapitre, lui qui a la patience et la force morale pour vivre avec moi et élever une couvée de demoiselles parfois trèssss frustrées :o)

lundi 30 mars 2009

Douceurs de printemps



La vie se fait douce, ces temps-ci, à la faveur de cette fin de mois du printemps. On sent vraiment que les choses vont dans le bon sens, malgré les petites rechutes du mercure.

Ce matin les oiseaux s'alignent sur ma clôture de bois, et se chamaillent pour la mangeoire. Je vois des flocons tomber mais ils ne m'impressionnent plus. Ma plate-bande est pratiquement fondue, et de légères pousses vertes commencent déjà à naître.

La douceur s'infiltre aussi dans les rapports humains... Ma triade, toujours en forme, est vraiment unie ces temps-ci. Pas tellement les grandes soeurs ensembles que l'équipe qu'elles forment toutes deux à s'occuper du bébé. Parfois je rapproche les scènes dont je suis témoin de certaines autres en communauté chez les singes. Je vois toujours la petite dernière accrochée à un bras, accotée avec langueur sur un genou, roulée en boule contre un ventre chaud, à se faire jouer dans les cheveux, compter les orteils ou chatouiller le bedon. Tant de tendresse dirigée vers ce petit être dodu! Cet élan contamine tous les rapports, réunissant les ados pour la cause alors qu'elles ont tendance ces temps-ci à se confronter pour des pécadilles. Elles se disputent parfois le bébé avec âpreté.

"Non, c'est moi qui l'amène dans la chambre!"
"Non je jouais déjà avec sous la table, tu vois on a une tente?"
"Je voulais justement la promener sur l'auto jaune! Et regarde, elle me pousse également! Comme elle est forte!"
"Laisse, elle est bien avec MOI!"
"On jouait au cheval!!! Tu nous déranges!"

Je n'ose pas intervenir dans ces tractations. Je les trouve tissées serré, ça me fait chaud au coeur. Ce n'était pas exactement le cas avec mes frères. À 14 ans, je n'étais déjà plus au foyer...

Même le chien subit l'attraction du bébé. Elle le cache bien car elle a si souvent été surveillée, avertie et même réprimandée pour quelques grognements qu'elle n'ose approcher Petite Fleur devant nous. Mais nous la surprenons à lécher sa main, et même son visage, avec tendresse, sans insistance, simplement en un geste de reconnaissance, une quête d'approbation, une familiarisation. Elle se laisse poursuivre de bonne grâce par cette enfant encore maladroite à la marche, en s'éloignant d'un pas tranquille. Pas de peur, pas de comportement déviant. Je crois qu'avec l'éducation que nous donnons à Petite Fleur à propos du respect envers les chiens, la partie est presquement gagnée :-) Par contre, je n'éprouverais pas la même assurance pour un bébé qui ne serait pas membre du clan que nous formons, et auquel appartient la chienne. Elle se fait tendre et protectrice parce qu'elle connait le comportement de Petite Fleur. Des cris plus stridents, des gestes brusques appartenant à un autre enfant seraient sans doute suffisants pour la déstabiliser et la faire fuir en poussant des jappements apocalyptiques.

Je suis fière de ma petite tribu ces temps-ci. Mon coeur de mère, celui de la femme, de l'amoureuse, se trouve réconforté par ce début de printemps porteur de bulles de bonne humeur, de flambées d'énergie et de projets, de moments de tendresse familiale, de minutes d'optimisme pur et d'anticipation de cet été qui vient, et que je souhaite rempli de douceurs et de plaisir.

vendredi 27 mars 2009

Le pied dans la bouche, et autres frasques





Je suis une personne très vive, très impulsive, et depuis quelques années, phénomène probablement accentué par mon relatif isolement, très volubile. Ce dernier trait, je me l'explique par le manque de pratique. Quelqu'un de bien entrainé à travailler avec le public possède d'expérience cette facilité à aborder son interlocuteur, à l'amener vers lui dans les meilleures conditions, à produire l'impression qu'il désire, exactement celle qu'il désire. Je l'ai eue, cette facilité, mais on dirait que je l'ai perdue. Je suis un peu nerveuse, toujours, quand vient le temps de faire connaissance. Jamais je ne m'empêcherai de faire de nouvelles rencontres pour ça, sauf que je m'aperçois que je me mets plus souvent le pied dans la bouche en raison de cette fébrilité intérieure.

Hier soir, je vais chez ma grande amie pour rencontrer sa tante dont elle me parle depuis 15 ans. C'est une femme très sympathique, imposante mais ricaneuse, bref, tout va bien. Et comme je la sais très au courant du lien qui nous unit moi et mon amie depuis de si longues années, je sais qu'elle cherchera à comprendre ce que j'ai de si extraordinaire(!!) pour que mon amie me place si souvent au premier plan dans sa vie, au détriment parfois de sa propre famille. Une légère pression me tarabuste. En ces temps-là, je parle! Je meuble la conversation. Comme je l'ai dit, je suis très expansive, très extravertie. C'est alors que je perd le contrôle des conséquences possibles de tout ce verbiage.

-"Qu'elle est belle la poupoune toute en rose", fait la tante en parlant de ma fille.

Moi de répondre que je l'ai habillée un peu en habitante aujourd'hui puisque nous ne pensions pas sortir, et qu'elle fait un peu loufoque avec son legging à pois roses agencé à son chandail d'un autre rose... Mais que bon, j'adore les pois!

Disant cela, je lève les yeux pour rencontrer le col de chemise de la dame, noir à ... pois! Misère! Je patine un peu: "tiens, toi aussi tu aimes les pois! hahaha!".

Fine mouche, la tante ne perd pas une si belle occasion: "tsss! nièce adorée, je connais ta chum depuis 15 minutes et elle me traite d'habitante!!!!"

Je veux rentrer sous terre lolll

Un peu plus tard, nous prenons place à table. Le bébé de deux mois est tout près dans sa balançoire, et j'ai annoncé que j'étais la prochaine sur la liste pour me gâter, advenant le cas où elle se réveillerait, puisque j'avais déjà mangé. La tante, toujours aussi humoristique, me lance "et puis moi je te surveille!" pour je ne sais trop quelle raison. L'impossible survient alors: en allant me chercher une fourchette, je placote et je placote encore, et la fourchette m'échappe pour aller atterrir lourdement environ à deux mètres à côté de la balançoire. Rien de dangereux, même pas une seule seconde. Mais il n'en fallait pas plus pour que le geste se retourne avec éclat contre moi ;o) Fusent alors les moqueries de toute part: "ouin la marraine elle l'aime fort sa filleule pour l'attaquer à la fourchette!!". Un point pour la tante et sa surveillance...

Re-soupirs!
J'ai eu la sagesse de rire, même si au fond de moi, je mortifiais ma maladresse.

De toute façon, je n'ai pas bien le choix de rire et de composer quotidiennement avec ce trait de caractère car il m'honore assez souvent.

Avant-hier, j'entre chez la coiffeuse. C'est un très petit local, petit comme un salon de maison. Et c'est bondé de personnes du troisième âge! De ces personnes qui, fidèles au climat de leur époque, commentent tout et ont toujours le mot pour rigoler. En retirant mon manteau, je ne sais trop comment, j'accroche un présentoir à livre de coiffure et tout s'effondre dans le plus grand des fracas. Des livres lourds, pas des revues. Tous ces regards se fixent sur mon visage, en attente de la mimique logique d'embarras. Au lieu de cela, je leur sers un retentissant "bonjour" en ouvrant les bras! Comme si j'avais fait ce geste afin que mon entrée soit des plus remarquée. Hilarité générale. Un vieil homme me dévisage d'un air goguenard et souligne que j'ai l'air d'avoir de l'expérience dans les gaffes. Je lui réponds que tout le naturel dont je fais preuve en ce moment démontre que cette frasque est loin d'être ma première.

Re-re soupirs!

Je suppose que cela fait partie de mon charme! En tout cas, c'est dans ma personnalité! Si vous me rencontrez un jour, sachez que j'ai l'air tout à fait normale. Votre maison, vos enfants, tout est encore en relative sécurité en ma compagnie. ;o) Et puis, le plus souvent, j'ai des choses extrêmement intéressantes à dire! Mais si vous êtes patients, vous gouterez vous aussi à ce charme qui est mien! Il faut s'assumer, dans la vie :-)

jeudi 26 mars 2009

Page blanche



Deux matins successifs que j'ouvre cet espace et que le curseur vacille avec insistance, dans l'attente de la première lettre. Deux matins que je referme le tout. J'ai le syndrome de la page blanche, est-ce que cela peut constituer en soi l'inspiration d'un billet? Je crois que je suis moins attentive ces temps-ci à tout ce que la vie peut m'apporter de contenu anecdotique. J'ai plus ou moins envie de raconter que je me suis fait couper les cheveux, ou que le pavé uni commence à poindre sous la glace, ou encore que nous prévoyons un voyage à Montréal pour la journée de Pâques!

C'est parfois difficile de dénicher le merveilleux dans les petites choses du quotidien, et c'est pourquoi au fond, l'exercice d'écriture est pour moi quelque chose de précieux. Les épisodes de pages blanches me parlent beaucoup. Ils me disent que la créativité et l'art du bonheur ont cédé la place ces temps-ci à une routine empâtée, à un manque de confiance en la vie, à un petite chute de moral due à de petites choses passagères. Absolument rien de critique, juste un passage à vide. Une incapacité momentanée à toucher au merveilleux, précisément.

De l'écrire me fait prendre conscience également que les enfants doivent aussi le vivre. Je crois que notre quotidien manque d'un peu de sucre. Tiens, une cabane à sucre ça pourrait être intéressant! Les moyens sont limités, mais il faudrait voir!

Quoi qu'il en soit, je pars dès maintenant à la recherche de mon optimisme, que je devrais trouver dans le fond d'un tiroir, rangé par inadvertance avec le linge d'hiver. Et coulera alors à nouveau sous mes doigts l'inspiration qui était la mienne, à même la source de mon habituel bien-être.

lundi 23 mars 2009

Tenir bon!



Encore quelques jours, il faut tenir bon! Le printemps est au bout de l'allée, mais il doit encore remonter jusqu'à nos portes, ici, dans le nord! Météomédia ne cesse de nous faire des promesses, depuis plusieurs jours, qui ne se concrétisent qu'à moitié. Il me semble que les nuits à -15 ça devrait être chose du passé! Et tout ce vent, toujours ce vent! Une véritable épreuve d'endurance.

En attendant, j'épure, je trie et je frotte. Comme si j'allais déménager! Pour tromper l'ennui, pour passer le temps. Je popotte de la minestrone, des brownies, des pots-au-feu délicieux. Je fais ma charmante femme au foyer pendant qu'il en est encore temps! Car avec la venue des beaux jours, je vais prendre la poudre d'escampette d'un côté et de l'autre, marche ou magasinage, tout pour voir le soleil et prendre l'air. Ce qui ne met pas le repas sur la table :) Avec les beaux jours, on mange plus léger, moins "cuisiné".

Néanmoins, prise d'une lubie de popotte la semaine passée, j'ai pu apprécier le plaisir d'un souper mitonné chaque soir avant l'heure, consommé dans le calme en famille, et suivi d'une marche de fin de soirée. J'ai trouvé que ce mode de fonctionnement offrait beaucoup d'avantages, et je compte bien l'appliquer quelques soirs par semaine pour faire baisser la pression des fins de journée. Cuisiner quand tout le monde est à la maison et vous réclame, c'est pas motivant, c'est plus pénible. Quand le souper mijote, la maman est disponible.

Grande Ado va beaucoup mieux, Jolie Sportive déborde d'une énergie qui lui tarde de dépenser dans la cour lorsque toute cette neige aura disparue, Petit mari essuie un restant de rhume et Petite Fleur fait ses nuits, enfin!

Voilà pour le petit train train de ce début de semaine, dernière complète de mars!!

vendredi 20 mars 2009

Intérieurs



Je m'éveille ce matin et un rayon de soleil, déjà puissant pour l'heure matinale, me sourit. Je l'observe alors qu'il caresse joyeusement mon mobilier de chambre, en l'occurrence une vieille causeuse victorienne ayant appartenu à mon arrière-grand-mère anglaise, et ces bureaux d'érables massifs art déco des années trentes décapés patiemment par Petit mari quelques mois avant de me connaître, pour tromper sa solitude. Je n'ai pas toujours aimé les maisons qui m'ont accueillies, mais mon intérieur a toujours exprimé avec authenticité ce que je suis, ce que nous sommes, et même notre parcours de vie.

Avec les années, je me suis rendue compte que j'ai un besoin vital de cet environnement chéri et familier pour respirer, pour être vraiment bien dans tous les sens. Je peux endurer bien des choses, je ne suis pas fragile. Mais un décor qui ne me ressemble pas, qui ne me parle pas, et me voilà qui s'étiole. Le sentiment de rentrer à la maison et d'y être vraiment chez-moi en tout confort se révèle un baume sur bien des blessures de la vie.



Je ne parle pas ici d'un luxe du dernier cri. Je parle de mes pantoufles psychologiques! De ma cuisine! De cette lampe tiffany qui colore nos soupers, de tous ces objets qui me racontent nos voyages passés, de la douceur des lieux connus et aimés, du plaisir d'une maison saine emplie d'odeurs familières et de beautés. Et de tous ces trésors qui ont une histoire, et souvent plusieurs décennies d'existence.



Cette vieille horloge Pain d'épices, moi et Petit mari l'avons acquise il y déjà douze ans chez un antiquaire du Nouveau-Brunswick lors d'un voyage en amoureux avec notre petite poupoune de deux ans à peine (Grande Ado). Il y en eu trois, de ces épopées en contrée lointaine, au tout début de notre mariage. Avec deux cent dollars, nous arrivions à pousser jusque dans le sud de la province, camper dans les plus beaux espaces et manger comme des rois. Nous aimions plus que tout courir la brocante, véritable sport dans les maritimes, à la recherche d'objets anciens acquis pour une bouchée de pain. C'était une passion commune, une locomotive d'énergie qui nous portait longtemps, et loin, souvent des journées entières. L'horloge fut l'une de ces prises. Elle nous accompagne depuis. Elle a bien besoin d'une beauté car je suis lasse de son vernis d'origine, gagnant pourtant à être conservé pour la valeur. Mais cette horloge, c'est une bouffée d'air de jeunesse sur nos matins de fin de semaine à siroter un café dans la salle à manger où elle trône, un rappel de cette fougue de nos vingt ans, un témoin de ce qui nous a uni jadis.

Les objets anciens sont extrêmement versatiles et sympathiques, en plus de savoir parler au coeur. Ils savent donner du charme à n'importe quelle pièce, et imprégner l'atmosphère d'un je-ne-sais-quoi de noble. Pour l'heure, mon vaissellier ancien a repris son antique fonction, et me sers d'armoires en attendant la fin des rénovations. Il s'acquitte de cette tâche avec toute l'efficacité qu'on est en droit d'attendre de tant d'expérience. Je suis attendrie chaque fois que je le remplis.



Il me parle aussi de cette période heureuse où nous bâtissions notre patrimoine. Comme nous en avons passé des heures, des semaines même, à retirer la vieille peinture incrustée dans les motifs press back de ces chaises du début du siècle! Elles sont nos berçantes pour lire, discuter, et bercer nos petits amours jusqu'au sommeil. Elles sont si chargées de vécu qu'elles sont vivantes!



Il y a quelques années je me suis offert la chose dont mon âme rêvait le plus. Un piano ancien en bois. Ses cent vingt cinq ans d'age et sa stature en font un réconfort puissant face aux jours qui passent dans l'instantanéité, dans la frénésie de la modernité. J'adore me poser nonchalamment sur ce banc et faire résonner son corps majestueux. La première note est la plus magique, la plus feutrée, la plus enveloppante. Mon confort est là. L'essence même de mon être. Dans la nostalgie du vieux bois vibrant pour mon seul et bon plaisir.




Je pourrais continuer ainsi longtemps, mettre une photo, raconter l'objet ou l'époque. Parler de cette créativité dans l'art de constituer un chez-soi accueillant, activité salutaire à mon bonheur. Je pourrais m'épancher sur cette tendance grano qui me fait choisir toujours les matériaux les plus nobles, les plus solides, les intemporels. De ce désir de lumière, de verdure, de couleurs terreuses et naturelles, de tout cet amour mis dans la moindre sélection d'acquisition, mais de cette absence de style précis, de ligne de conduite. Un intérieur à l'image de la femme qui l'édifie: éclectique, joyeusement sentimental, traditionnel, désordonné pour le moment par manque d'espace et d'organisation. Un intérieur criant d'amour pour tous ceux qui y vivent, tant pour ce qu'ils sont que pour ce qu'ils ont été, et se voulant un nid douillet pour ce qu'ils voudront bien devenir.

Pour l'heure, les filles évoluent dans cet environnement hétéroclite sans trop en avoir conscience. Elles emmagasinent des souvenirs d'enfance. Mais j'ai bon espoir qu'un jour, lorsqu'elles auront à leur tour une maison que je leur souhaite accueillante et remplie d'amour, elles trouveront un grand plaisir, une douceur de l'âme, à accueillir dans leur décor le buffet de maman ou la guitare de papa, et à laisser remonter ainsi à leur contemplation les échos de leur vie de petite fille, cette vie de famille que nous avons tissée autour d'elles, avec amour et constance.

mercredi 18 mars 2009

Bulle, envole-toi!



Existe-t-il plus fascinant pour un bébé qu'un groupuscule de bulles qui s'envolent inexplicablement, aléatoirement, magiquement? Dans l'oeil de l'adulte, le phénomène est usé. Dans celui d'un bébé, c'est une révélation sur le merveilleux du monde. Toute beauté que de voir ma Petite Fleur réclamer à Jolie Sportive des "buuulll"!!!! Les yeux grands ouverts, frénésie au maximum, presque anxieuse de voir le spectacle prendre fin!

Des années que je n'avais regardé des bulles s'envoler de cette façon. Je me souviens que j'adorais en faire dans le champs devant la maison de mes grands-parents. Moi et tous mes cousins/cousines, lors des grandes fêtes réunissant la famille au complet, nous en faisions des essaims!

Merci aux enfants pour l'émerveillement.

Je blogue comme je suis



Il en va de même pour les blogs qu'avec l'expression "la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a".

On a beau vouloir bloguer comme une telle, ou désirer tel style de trame de fond: si l'écriture choisie n'est pas la nôtre, si l'authenticité n'est pas de mise, si le décor est planté sans être habité, la recette ne fera pas long feu.

Parfois je me surprends à vouloir écrire pour être lue, écrire pour plaire à une catégorie x de lecteurs ou même de blogueurs. Lorsque je suis dans cet état d'esprit, les mots ne me viennent pas. Je n'arrive pas à faire jaillir un flot de parole que j'aurais calqué ou façonné. Telle censure qui s'opère naturellement, sans contrôle. Ce n'est pas "moi".

Mais en même temps, il ne faut pas perdre de vue que le blog n'est pas non plus la personne. Bon. À la lecture de ces odes successives à la maternité, aux délices du foyer, à l'émerveillement de l'amour partagé, on pourrait m'imaginer en tablier toute la journée à chantonner des comédies musicales, berçant bébé tout en faisant une tarte aux pommes. Pourtant, je suis aussi une femme tourmentée, une littéraire inassouvie, une personne ayant étudié, étudié encore, et travaillé aussi! Je ne suis pas toujours heureuse à la maison, souvent je m'y ennuie, je regrette certaines équipes de travail, certains moments universitaires. Je ne suis pas que la maman de ou la femme de. Non.

Par contre, lorsque je blogue, je le fais en m'enorgueillissant de ce qui m'est le plus cher, je le fais en fonction de mes valeurs primées, je laisse parler mon coeur. C'est pourquoi, même si j'essaie d'écrire autrement, j'en reviens toujours à mes enfants, à mon foyer. Ils sont mon inspiration, ils sont mon coeur. Je n'ai pas besoin de jouer un personnage pour avoir des choses à raconter sur ma vie de mère. Le matériel est devant moi, je n'ai qu'à l'assembler en phrases qui se tiennent.

Qui cherche ici un modèle de performance sera déçu. Qui est à la recherche d'un mantra organisationnel le sera d'autant plus. Qui espère lire mes succès professionnels devra patienter encore quelques années. Qui n'aime pas les enfants aimera l'écrivaine qui les élève sans nécessairement acheter l'idée du bonheur en famille. Qui n'aime pas, en définitive, entendre parler de nuits blanches ou de dents qui percent, ferait mieux de passer son tour.

Je dois écrire pour moi en tout premier lieu. Et je dois écrire ce que je suis, non ce que je voudrais être ou encore ce que les autres voudraient entendre. C'est cela, ou la rivière de mots se tarira.

Une blogueuse d'expérience m'a un jour dit: il faut que tu écrives ce que tu as envie d'écrire, ou encore tu te retrouveras à négliger ton blog, et puis ultimement en arriver à perdre le goût d'écrire. Merci Lily, c'est un très bon conseil.

Qui m'aime me suive, comme on dit si bien!

mardi 17 mars 2009

La folie du printemps



Il n'est pas encore là. Cependant, les premiers signes avant-coureurs se font sentir: luminosité accrue et plus longue, températures frôlant le point de congélation, le dépassant même audacieusement certaines journées...

Déjà, malgré ce préambule quelque peu timoré, la magie opère, mystérieusement. Chaque printemps je suis saisie d'une folie. Un peu comme celle du Grand Ménage, mais en plus maniaque je dirais. Je veux passer partout. Trier, jeter, mettre à l'ordre ou structurer, élaguer, le moindre petit recoin. J'ai commencé par les photos la semaine passée, et encore cette semaine. Ce matin c'était le tour de mes nombreuses revues de décoration campagnarde. En fin de semaine j'ai passé au peigne fin le contenu des bacs à linge printemps/été des enfants. J'envisage maintenant une tournée dans leurs penderies. Trop de crayons, trop de papier, trop de livres inutilisés, de cossins de filles dont l'age ne corresponds plus à la propriétaire. Ah! Oui! Hier j'ai aussi trié tous les plats de plastique!! Il y a aussi les jouets de Petite Fleur, ceux qui seront adaptés pour deux ans et plus, qui demandent à trouver des contenants pouvant les accueillir honorablement... Il faut également faire la rotation des vêtements saisonniers, laver les mitaines, tuques et foulards pour les ranger sagement. Et la petite armoire du corridor contenant tous les médicaments et produits d'hygiène! Il y règne tout un fouillis! Guerre au fouillis!

Bref: je veux reseter la maison, remettre à zéro tout ce qui peut l'être pour commencer la belle saison.

Ça vous fait ça ou je suis maniaque?? :o))

lundi 16 mars 2009

Un enfant, une grâce



Hier soir, je regardais Petit mari, adossé aux chambranles de la porte du salon. Il suivait avec attention, en cette heure plutôt avancée de la soirée, notre petit lutin rose qui s'amusait ferme malgré la fatigue. Si bien d'ailleurs que c'est exactement ce qui prolongeait sa veillée. Concentrée et silencieuse, elle s'affairait à insérer les plus petits plats dans les plus grands, inévitable stade du développement. C'était un moment de pur émerveillement pour les parents que nous sommes.

Je regardais Petit mari, disais-je, et j'observais plus précisément ce sourire latent sur sa bouche, révélateur de l'état de grâce intérieur dans lequel il se trouvait. Je le voyais heureux, simplement à contempler ce petit bout de femme si douce, si charmante, mais à la fois si affirmée. Ce beau petit bouton de rose. Sa fille: brillante, autonome, éveillée, si ... que ne peut-on se dire à soi-même en qualité de parent à propos de sa progéniture, n'est-ce pas?

Paradoxalement, mon coeur s'est serré. J'ai vu mon chum dans le futur, vieilli et rendu un peu plus amer par le passage des années. Et j'ai mesuré combien ce bébé nous avais éloigné pour l'heure d'un tel état du coeur. Ces moments, ils sont là, ils sont uniques, ils ne reviendront pas. Nous les vivons dans un état de grâce, conscients du privilège qui nous est donné, de la chance qu'est la nôtre. Ce fut ainsi pour tous nos enfants. De notre point de vue, nous avons toujours été les plus gâtés, quoi qu'en disaient nos amis ou certains membres de nos familles respectives qui préféraient garder la liberté d'aller et venir comme bon leur semblaient. Hihihi! Nous avons vécu toutes ces premières fois, ces fêtes, ces tempêtes de neige et ces voyages à travers leurs yeux candides, la vie nous est restée douce parce qu'elle passait par eux.

Une certaine tristesse s'est mélangée à la joie, une tristesse toute maternelle, une maternitude égratignée. (J'ai emprunté ton terme, Sahée!!) J'ai alors laissé échappé une larme de déception à l'idée du deuil qui se profile. Après tous ces mois d'essais, nous commençons à penser que le babytrip est sur sa fin. C'est un étape normale de notre développement d'adulte aussi. Et il faut bien avouer que parfois, notre quotidien à trois enfants de famille-pas-si-nombreuse-finalement nous suffit amplement.

Mais bon, il reste une toute petite place à prendre, elle le sera encore pour plusieurs années, quoi que j'en dise, quoi qu'on y fasse.

;o)

dimanche 15 mars 2009

À l'aide!!! - ou - le poids des années sur mes trente-quatre printemps...



Cri du coeur, du haut de mes 34 ans!

Il y a quelques années, j'entendais une amie plus vieille me raconter que son maquillage était son meilleur allié. Je ne me maquille jamais, alors je me disais: pourquoi prendre cette habitude? Je ne me maquille toujours pas, mais, j'en aurais bien besoin à présent, surtout le matin!

Je me lève et je me regarde dans le miroir: rien de pire que le lever! Les traits sont accentués et gonflés, les nouvelles rides aussi! De profonds sillons, nouveaux et troublants, et qui paraissent tellement pire le matin c'est fou! J'ai bien l'air d'avoir au moins dix ans de plus en me levant! Les poches sous les yeux, OUF! C'est ça vieillir? Jamais j'aurais pensé "sauter une coche" aussi visible en passant du début de la trentaine à la mi-trentaine!

Avez-vous des trucs? Des opérations lifting simples et idéalement pas trop chimiques ou dispendieuses?

vendredi 13 mars 2009

Les soeurs



Radieuse fin de semaine à nos portes, bien que fraîche si l'on compare au sud du Québec, un peu comme si le courant jet ne s'étirait pas jusqu'à nous! Il finira par le faire un jour, il le faudra!!!

Ma grande est en peine d'amour, il faut la voir trainer son mal d'âme d'une pièce à l'autre pour comprendre qu'elle est triste. Mais elle est refermée comme une huitre. Cela fait partie je suppose, de l'intensité de l'adolescence. Elle aime que nous nous inquiétions. Quand nous lui posons la question, elle fait un faux sourire et se détourne, puis nous quitte. Mais au fond, elle doit se sentir flattée, réconfortée. Mais il demeure que son humeur déteint sur la gang et c'est pénible en chien. On ne peut rien lui demander, elle ne nous parle pas, et de plus, elle saisit toutes les occasions pour se "pogner" avec sa soeur, colocataire de sa chambre.

Cela me fait penser que notre maison actuelle achève son règne. Grande Ado deviendra sous peu jeune adulte. Encore trois ans, mais le besoin d'intimité et l'affirmation complète de la personnalité viendront bien avant! Le chum aussi! Et comme je favorise les rapprochements à la maison plutôt que sur la banquette arrière d'un quelconque véhicule ou encore dans la nature à la va-vite, je veux qu'elle ait sa chambre à elle.

Et Jolie Sportive, mine de rien, s'achemine vers l'intense adolescence également. Un caractère docile mais explosif dans ses manifestations. Un autre défi! C'est quand les enfants vieillissent que l'on réalise que la maxime grands enfants grands problèmes n'est peut-être pas si bête.

Quand ils sont petits, ils passent au cash! C'est l'heure du dodo alors pas de résistance, un seul repas et oui il faut manger, non on ne sors pas ce week-end...etc. Mais la maturité apporte son lot d'initiatives de toutes sortes, ce qui fait qu'on doit constamment négocier avec les petits protagonistes, et parfois même négocier son propre confort d'adulte dans sa propre maison! Et puis, il faut les encourager, les aider à s'épanouir, favoriser les contacts sociaux, ce qui signifie tolérer les amis, les séances de msn qui n'en finissent plus, les absences prolongées, les demandes d'argent pour financer toutes ces belles activités, etc. C'est la vie :-) Et au bout de l'enfance, il y a l'age adulte. Notre mandat évolue!

Un peu plus d'espace pour ces grandes filles en plein épanouissement ne fera pas de tord...

mercredi 11 mars 2009

Toutes ces histoires de mères indignes ou imparfaites...



Je n'embarque pas, ça me laisse froide.

Probablement parce qu'il ne s'agit pas pour moi, comme pour plusieurs, d'une révélation ou d'une libération.

Je sais depuis longtemps que je ne suis pas parfaite, ni même superwomen! L'image de la femme de carrière qui se démène à fond de train dans sa vie pour ne rien rater ne me parle pas du tout. N'ayant que très peu de résistance au stress, il y a longtemps que j'ai fui les situations de grands sacrifices humains. J'ai fait des choix. Et je n'ai que peu souvent l'occasion d'être véritablement indigne puisque j'ai du temps, denrée rare, pour m'organiser (cuisiner autre chose que du fast, prendre l'air avec les petits, etc). Entendons-nous ici que je ne considère pas indigne le fait de ne pas feeler pour cuisiner, un de ces soirs, ou encore d'être fatiguée deux jours en ligne... Une femme, c'est d'abord un humain! L'imperfection est la normalité, heureusement.

Mais je comprends que d'autres femmes, épuisées par la cadence du monde où nous vivons, et sollicitées doublement en leur qualité de mère et d'épouse à performer à la fois sur le mode traditionnel et moderne, puissent trouver jouissif de voir d'autres compères se résoudre à prendre des raccourcis, alléger leur vie, se réserver du temps pour elles-mêmes, etc. C'est même un phénomène de société, comme en témoigne l'engouement pour les excellents "produits" de Mère Indigne. Qui, soit-dit en passant, est loin d'être véritablement indigne... Du moins, pas de façon aussi flagrante que certaines de ses disciples entrainées dans la course, et qui parfois poussent la révolution encore plus loin hihihi! ;o)

Reste que, le phénomène trouve écho de façon remarquable chez beaucoup de femmes. Cela dénote une vague de fond qui demande à voir le jour, un besoin latent sur le point de jaillir, la résistance des mères survoltées? des femmes sacrifiées? La recherche d'une vie qui pourrait concilier tous les aspects de la féminité de façon harmonieuse, sans perdre aucun acquis? Cesser de vouloir TOUT: la grosse job, le gros salaire, la grosse famille, le mariage heureux, le chalet dans le nord? Faire des CHOIX. Équilibrer sa vie. Certes, les femmes ont taillé leur place au soleil, mais quelle place et à quel prix?

Je regarde autour de moi et je suis parfois essoufflée. Je prends même certaines en pitié.

mardi 10 mars 2009

La force de la vie



Pour survivre à mes pouces tout sauf verts, la vie avait fort à faire! Et bien la voilà qui triomphe! Existe-t-il vision plus inspirante, à part sans doute l'arrivée d'un nouveau-né dans le monde?



Il s'agit de jeunes pousses de persil, semées il y a une semaine. Quel sera donc leur destin? Là, je peux rien garantir ;o)

Bribes de quotidien



-- Les vieilles amitiés, ça peut se tasser, se calmer, s'atténuer, mais ça revit aussi très facilement quand l'étincelle se reproduit. Un bon café en bonne compagnie, une connexion véritable, un passé commun, pleins de non-dits qui sont tout de même exprimés...

-- Le printemps s'éternise! Des températures en dent-de-scie comme ça, ça vous tease sans jamais vous satisfaire...

-- Les enfants souffrent du changement d'heure, la fatigue de la ... semaine de relâche se fait sentir également lol

-- Je suis désorganisée! Je n'avais rien pour les lunchs hier! Je vais remédier à cela aujourd'hui.

-- J'ai fait développer 152 photos hier, tout notre automne, notre hiver et nos hiers! (ça rimait hihihi). J'ai au moins 15 albums de constitués au fil des ans. Ils nous parlent d'époques de nos vies, de grands événements comme de petites choses du quotidien. Je suis une grande preneuse de photo. Et je suis bonne à part ça! C'est un profond plaisir que de se remémorer les petites bouilles de nos enfants à tels âges ou tels moments, les maisons ou appartements habités, les villes, etc.

-- Nous sommes retournés aux Papillons avec la visite, en fin de semaine passée. Et coup de chance, Jolie Sportive a attiré le Papillon bleu, probablement avec son gilet turquoise. Avouez que c'est superbe!



-- De grandes choses se trament dans nos vies présentement. J'en reparlerai plus tard, quand je serai prête. Il y a tant d'étapes à franchir...

lundi 9 mars 2009

Le nez fin



Expression qui s'emploie aussi pour parler d'une personne un peu difficile, snob même ;o) Mais je ne l'aborde pas dans ce sens-là ce matin, mais bien dans son sens littéral: discerner avec brio les odeurs, même les plus discrètes.

Je n'aurais jamais cru posséder cette particularité, moi qui suis affligée à l'année de congestion, tel mois en raison des allergies, tel autre mois des conséquences d'un rhume qui s'étire. Bref: je suis armée de mon nasonex pour affronter ces épisodes, plusieurs fois l'an. Mais il semble que j'aurais pu faire carrière si je n'avais eu pour moi tous ces petits empêchements!! J'ai le nez très fin. Mais c'est de façon très sélective.

Je ne crois pas que je pourrais devenir œnologue. Pas plus que je ne possède l'un de ces grands nez qui valident les effluves de nos précieux parfums. Je ne saurais distinguer non plus les grands cafés, bien qu'il soit facile à l'odeur de reconnaître l'expresso tant sa force se traduit à la fois dans le goût et également l'odeur. Mais le bois mouillé, ça je sais.

Depuis deux mois je dis à L'Homme: "mmm, je suis certaine que le petit toit coule encore". Nous l'avons fait réparer non pas une mais deux fois, par une compagnie spécialisée en plus! Il s'agit de ces petites rallonges faites aux maisons anciennes, et affligées d'un toit pratiquement plat, à la mode des années trente. L'eau s'écoule très mal et à force d'immobilisme, tend à s'infiltrer sous le bardeau, ou le moindre défaut. Non, me répondait-il. C'est le plancher qui chauffe au soleil! Un vieux plancher d'érable, huilé seulement, qui a besoin de sa couche annuelle.

Cette effluve de bois, je suis seule à la percevoir pendant tous ces longs mois. Je m'exhorte à l'oublier, me traite de folle à l'imagination fertile, en vain! Elle me hante, chaque fois que je mets les pieds au bureau.

Et bien, je ne rêvais pas!



Rien de majeur, mais tout un bordel!!!

Tout commence par une fine goutte qui s'aventure à longer la moulure au dessus de cette porte jardin, pour dégouliner jusqu'au sol. Petit mari passe ensuite de surprises en surprises pour finir par s'appuyer au plafond de plâtre et le voir pratiquement céder sous le poids de l'eau accumulée dans la membrane isolante. Perçant alors un trou, il se fait arroser abondamment. Je recevais ce soir là ma famille au complet. Nous avons pu être les témoins privilégiés d'une belle chute artificielle... (ironie ici)

Tout cela à cause d'un seul petit bardeau, vieux de trois ans, qui a décidé de s'effriter avant l'heure.

Chance dans la malchance: c'était tout récent. Aucune moisissure. Tout cela va sécher en quelques semaines puis nous refermerons le mur, non sans avoir réglé le problème sur le toit.

Et victoire au milieu de la catastrophe: mon nez a eu bien raison! ;-)

dimanche 8 mars 2009

Relâche -- visite



J'ai fait relâche de mon blog en même temps que la semaine de relâche des enfants :)

Et j'ai de la visite!

Je vous reviens sous peu ;o)

mardi 3 mars 2009

Bébé vieillit!



On sait que l'étape bébé s'en va rapidement quand:

-bébé enligne toujours deux mots pour exprimer sa pensée: parti - papa / tombé céréale/ bobo les yeux / dodo ti-lit susu

-bébé est celle qui pousse avec une immense fierté la petite vagonette dans laquelle est assise tant bien que mal sa grande soeur de 9 ans...

-bébé cherche la lune et les étoiles dans le ciel

-bébé mange un chips toute seule, réclame des frites et des chipits de chocolat *soupirs*

-bébé réclame son émission favorite

-bébé bat le rythme de la musique avec sa petite main

-bébé réclame une sortie en auto

-bébé vient entourer votre jambe et clame votre nom (maman ou papa) avec un accent de tendresse qui veut dire je t'aime

-bébé dort presque bien la nuit

C'est presque la petite enfance ça mesdames et messieurs! Bientôt, une grande deux ans! Un gros OUF ici... à la fois de soulagement, et de regrets pour ce qui ne reviendra plus... à moins que bébé 4 ne se pointe bientôt!

;o)

lundi 2 mars 2009

Le coeur déchiré




Billet lourd ce matin, confidences.

J'ai le coeur nomade, je l'ai déjà dit. Depuis que j'ai douze ans d'âge, je n'ai pas élu domicile fixe pour une durée plus longue que 5 ans. Et je crois que c'est devenu une déformation de mon caractère.

Pour vous donner une idée:

Je suis née en gaspésie.
Premier séjour extérieur pour scolarité: 12-13 ans, sec II - Québec
Deuxième départ, plus définitif: sec V + trois années de cégep - Québec
Retour en gaspésie pour 8 mois.
Ensuite: 4 ans dans la ville de Rimouski, 1 année supplémentaire dans un petit village voisin, puis je quitte cette région.
Une année à Montréal.
Trois années à Ste-Thérèse de Blainville.
Trois années à St-Eustache.
Et depuis deux ans et demi: Québec.

J'ai 34 ans.

Je n'ai aucun port d'attache. Je souffre énormément de ce fait. Je n'ai plus rien qui m'attends dans le Bas-St-Laurent. Ni famille ni amis. Tous les gens que j'aime sont restés dans la couronne nord de Montréal. C'est l'endroit le plus récent dans mon coeur pour lequel j'ai ressenti des racines profondes. Mes parents y sont demeurés. Et ils y vieillissent.

Je ne sais pas pourquoi, mais ce dernier déménagement est difficile pour moi. Je ne me suis pas adaptée. Mon coeur a tendance à comparer constamment. Je m'ennuie. Existe-t-il un age limite pour se déraciner? Je crois que ma limite est atteinte. Même, je suis peut-être allée trop loin? Je pense aux conjointes de militaires. Ça doit faire partie des plus grands défis rencontrés: arracher les enfants à un milieu pour les transplanter ailleurs, changer toutes les habitudes, etc.

J'essaie de me relativiser, de me dire que j'habite la ville la plus WOW! Toutes les raisons pour lesquelles j'ai effectué ce déménagement sont encore valables! Mais je ne me sens pas chez-moi! La magie n'a pas opéré cette fois! Je suis retournée dans mon passé mais je n'y ai pas retrouvé ce que je m'attendais. Je me sens mal depuis que je suis partie, depuis que j'ai quitté mon ancien monde. J'ai pourtant vécu de grandes choses ici, depuis. La naissance de Petite Fleur en fait partie. Mais... j'ai le coeur déchiré. Inexplicablement.
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