mardi 12 octobre 2010

Randonnées automnales



C'est le temps de mettre un manteau plus chaud et de parer les petits mousses pour aller prendre l'air dans les sous-bois et les parcs de votre région!

Un coup de coeur et un coup de gueule en cette belle fin de semaine de l'Action de grâce:

Coup de Coeur: L'Ile-des-Moulins, vieux Terrebonne!

Un superbe endroit! D'un côté les terrasses et petits cafés pour les branchés. De l'autre, une ile au milieu de la rivière et une gigantesque digue permettant d'y accéder au moyen d'un pont érigé sur le dessus de ces forts courants d'eau très impressionnants. Des arbres immenses, un étang rempli de bernaches et de canards, le tout dans un décor absolument fascinant, parsemé de bâtiments historiques en pierre. On y est grisé par la force de l'eau, la beauté des grands saules épanchés, des sculptures incongrues mais agréables à l'oeil curieux. Du grand héron aux pigeons, la faune ailée y est exubérante. Petite Fleur y a nourri les canards à ses pieds!


Il y a de la place, on en fait pas le tour en deux heures si on emprunte tous les sentiers. Pour les enfants, une aire de jeux et des toilettes publiques. La cerise sur le sunday: tout est gratuit!

Coup de Masse: Le Bois-de-Belle-Rivière, à Mirabel.

J'ai aimé cet endroit par le passé mais mon passage de ce week end m'aura fait déchanté. D'abord c'est cher: 5$ par adulte et 2$ par enfant de 6 à 16 ans cette fin de semaine en raison d'une animation médiévale. En autre temps, c'est 4$ adulte et 1$ enfant, et 1$ pour le chien O_o. Si j'amène toute ma famille, c'est 11$, et l'an prochain 14$ (Ado aura 17 ans)! C'est dispendieux pour des sentiers pédestres!

Beaucoup de kilomètres de sentiers sont parsemés de caca de chevaux, il faut faire attention aux petites bottes insouciantes!

Le parc n'offre que peu d'accomodations aux familles, du moins la "cabane" principale, seule disponible hors saison chaude. Je devais faire réchauffer le biberon de mon petit Lutin et l'on voulait me vendre un verre, que je désirais emplir d'eau chaude dans les salles de bain, le prix d'une consommation soit environ deux dollars. Habituellement j'amène le mien, mais j'étais partie un peu vite, cette fois! Les sous, je ne les avait pas, bébé n'a pas pu boire. Je venais de débourser 12$ pour entrer sur le site et on a pas pu me fournir un contenant. Habituellement j'amène le mien, mais j'étais partie un peu vite, cette fois! L'employée était extraordinairement discourtoise, de plus.

Bref: beau parc, mais ne figurera plus parmi mes endroits de prédilection :)

Voilà!

dimanche 10 octobre 2010

Un billet d'automne





Eh oui!

Sans qu'on ne le réalise vraiment, on y vient. On se retrouve à sortir le gros bac de mitaines et de tuques, avec le souci de bien s'assurer que chacun retrouve de quoi se tenir chaud au départ matinal, souvent près du point de congélation.

On se retrouve à cuisiner pour voir le fond du gros sac de pommes cueillies alors que le soleil arrivait encore à nous donner des sueurs sous nos manteaux légers.

On se retrouve à avoir les pieds comme des blocs de glace quand on oublie les pantouffles! Une certaine humidité affligeant nos demeures récemment refermées sur elles-mêmes, la moindre nuit fraîche donne une impression de froid à l'intérieur, inexplicablement, malgré le thermomètre digital. J'ai toujours été intriguée de ce fait: malgré la température plutôt stable d'une maison, on sait lorsque c'est l'hiver ou l'été, on le ressent corporellement. La saison froide amène une perception différente de l'intérieur, les planchers ne sont plus tièdes, les fenêtres s'embuent légèrement et un petit courant d'air le long de celles-ci nous amène un frisson, etc.

On se retrouve à contempler la pluie de feuille battues par la brise, alors que nous les avons à peine vues rougir, occupés que nous étions.

Les effluves des plats préparés embaument tous les jours la cuisine, chose si rare durant les derniers mois.

On se retrouve à moucher des nez et soigner des toux, inévitablement, alors que tout le monde pétait le feu il n'y a pas si longtemps!

On se retrouve à planifier étroitement nos journées d'activités extérieures pour ne pas se faire surprendre par le crépuscule.

On se retrouve très tôt devant la télévision, les jeux calmes au salon ou les causeries autour de l'ilot de cuisine, la vie de famille se resserrant autour des sources de lumières, et surtout autour des êtres vivants.

Voilà, la transition s'est opérée timidement d'abord, puis drastiquement au cours des jours précédents. L'Action de Grace est le coup de grâce aux derniers relents de l'été. Impossible de reculer: la neige est devant nous, et pas si loin.

Bon, essayons de profiter du meilleur! C'est dit! ;-)

vendredi 8 octobre 2010

Passe-temps de fin de soirée



Avec toutes ces pommes qui devenaient de moins en moins belles j'ai réalisé ceci:


Et aussi cela:



Bébé pourra en profiter un peu plus longtemps que nous ;o)

La compote maison c'est TELLEMENT meilleur que celle du magasin!!! Je vous le jure: celle que j'ai fait goûtait la poire! Douce-amère, sans autre arrière-goût que celui du fruit comme tel. Aucune recette, seulement des pommes en morceaux qui ont sué (feu à minimum) pendant une heure, avec un fond de jus d'orange pour empêcher de coller. Zéro sucre, zéro cannelle. Robot par la suite.

Chaque fois que je réalise du fait-maison, je m'épate moi-même ;o)

Si désorganisée, parfois! ;-)



Avec l'âge, et le nombre d'enfants aidant, j'ai développé un arsenal de stratégies pour sauver du temps, des stratégies le plus souvent paresseuses. Cela fait de moi, à mon grand dam, une personne parfois très désorganisée, mais toujours je parviens à mes fins. M'enfin, la chance a toujours été dans mon camp jusqu'à maintenant, mais cela a failli changer hier.

Chaque matin depuis notre déménagement, je dois reconduire Jolie Sportive à l'école. Lors de notre précédent déménagement, elle avait été inscrite dans la localité voisine à un programme de son choix, il était donc impensable de modifier cela. Je le fais de bonne grâce car j'ai à coeur sa réussite et sa motivation, surtout. Dès le départ, un plan de match du moindre effort a été établi: Grande Ado assure la garde des deux plus jeunes souvent encore endormis tandis que je fais le trajet, m'assurant d'être de retour quinze minutes plus tard, moment où elle peut quitter pour attraper son autobus.

Hier matin, je fais comme à l'habitude. Levée tardivement (7:30), j'enfile un bas de pyjama (trop paresseuse pour m'habiller), encore sur le radar je saisis mes clés en laissant là ma bourse, je laisse à Grande Ado le bébé en me disant qu'il mangera au retour puisque son humeur le permet. Il pleut des cordes mais la radio joue à tue-tête, un bon début de journée quoi! Une légère envie me tenaille le bas du ventre mais je peux bien me retenir pour une dizaine de minutes!

Arrivée au bout de la rue, j'applique les freins sèchement. Partout où se pose mon regard, les voitures sont en file, en montant comme en descendant, d'est en ouest. Prise dans cet engrenage, moi et mon envie de pipi prenons notre place dans le traffic non sans inquiétude. Un bref coup d'oeil à l'horloge numérique nous informe que Jolie Sportive ne pourra être à temps. Comment faire demi-tour? Il faut aller beaucoup plus loin, dépasser la bretelle complètement congestionnée. Au dessus du viaduc, nous pouvons apercevoir l'étendue de notre misère: la route est un véritable stationnement. Je n'en connais pas la raison; il semble que les gens sont plus prudents en raison de la pluie mais aucun accident en vue.

Tout à coup, j'avise ma jauge d'essence: vide, vide, vide! C'est vrai: je devais faire le plein hier, oups! Pas question d'aller plus loin! Mais j'habite une ville sans station service. S'il n'y avait eu la circulation lourde, je me serais rendue sans encombres à un poste d'essence sur le chemin de l'école. Chose impossible pour l'heure. Tout en réfléchissant à la façon la plus rapide de remédier à ce nouveau problème, je tends la main vers le bas à la recherche de ma sacoche, qui on s'en rappelle, est demeurée sur le banc de l'entrée. Évidement, elle brille par son absence! Me voilà dans le traffic, en pyjama, sans argent, par une température de fou, avec à la maison un bébé qui aura bientôt faim, sans téléphone, sans ressources pour ainsi dire! Il faut absolument faire demi-tour! L'heure avance et Grande Ado ratera son autobus! Tout en rebroussant chemin, j'arrache mentalement chacun de mes cheveux bouclés en y laissant un peu de ma santé mentale. Comment puis-je risquer de me mettre aussi profondément dans le pétrin???? Une adolescente n'aurait pas fait mieux!

J'ai mis quinze minutes à redescendre la côte et rentrer à la maison avec Jolie Sportive. L'auto consommait ses dernières gouttes d'essence, peut-être même les dernières vapeurs! Grande Ado a attrapé son autobus de justesse.

Qu'ai-je fait aujourd'hui? Je suis encore partie sans ressources (avec de l'essence tout de même)! Ce matin, tout était normal, mais j'ai quand même eu une seconde de découragement à me regarder aller... Ah! Je suis parcontre allée aux toilettes avant de partir! Si,si,si!

À votre avis, à trente cinq ans passées, on se dompte un jour d'être désorganisée?

mardi 5 octobre 2010

Le cadeau choisi avec affection



Cette fin de semaine dernière, c'était l'anniversaire de Petite Fleur. Pour l'occasion, nous avions invité ma petite soeur de coeur et également ce couple d'ami dont j'ai déjà parlé. Les deux familles ont chacune trois enfants pour jouer avec notre fille, ce qui est bien souvent le plus beau des cadeaux! Les grands-parents étaient également présents. C'était une toute petite fête, sans prétention.

Au moment d'offrir les cadeaux, Ami s'approche, hilare, avec un drôle de paquet cylindrique. Il commence son discours avec un léger air goguenard, les yeux soigneusement baissés pour camoufler son envie de rire.

-"Pour faire le meilleur choix de cadeau possible, nous nous sommes interrogés, moi et Amie, sur ce qu'il ne fallait PAS offrir pour faire plaisir aux PARENTS!! Tu sais, quelque chose qui fait "ben d'la cochonnerie..."

À la blague, je cantonne: "De la pate à modeler à 36 couleurs!!!!"

Je vous laisse deviner ce que c'était, finalement... ;-)


Pari réussi, très chers... amis! Bien des petits morceaux éparpillés sous la table, mais aussi bien du plaisir! Un pareil gros baril, c'est bien difficile à ranger! Elle demande pour en faire au moins trois fois par jour puisqu'il traine à sa portée! Ahhh, je vous attends dans le détour *rires machiavéliques insérés ici*. Des idées quelqu'un? Ses deux plus jeunes ont 11 et 15 ans.

;o)

jeudi 30 septembre 2010

Bricoles et complicité



Quel déluge mes amis! Nous sommes sortis ce soir et l'eau ruisselait en une crue soudaine, dégringolant des gouttières débordées, dévalant les espaces de stationnement en pente. Une averse chaude, continue, presque printanière. De quoi faire oublier que d'ici quelques semaines, une pareille chute d'eau résultera en une tempête où on ne verra ni ciel ni terre!

Depuis que j'ai parlé de Petite Fleur et de son désoeuvrement, j'ai eu envie d'instaurer un début de routine de service de garde ici-même à la maison. Malgré bébé et toute l'attention qu'il réclame, je me fais un point d'honneur à étaler chaque matin sur la table tout le matériel de bricolage que j'ai amassé, afin d'écouler une ou deux heures créatives en sa compagnie. Ce matin nous avons commencé le mur des célébrités. Chaque réalisation remarquable de par son application trouve sa place sur le fameux mur de notre cuisine. Ce matin, elle voulait dessiner une lettre, le H. En rentrant à la maison, Grande Ado s'est exclamée bruyamment devant le travail accompli, et dûment exposé: une feuille complète de beaux H bien formés. Que de fierté dans le visage de Petite Fleur.

Puisque je l'ai à "ma main" comme on dit, j'en profite pour lui enseigner quelques routines comme le fait de ranger ses jouets, de terminer une chose avant d'en commencer une autre, etc. Ses soeurs étant absentes, les sources de distractions sont moins nombreuses et la volonté de plaire à maman plus évidente. Je capte alors davantage son attention exclusive. Et son affection aussi. Je réalise qu'elle avait besoin de se rapprocher de moi. L'arrivée du bébé, le déménagement, tout cela l'avait transformée en tornade. Je la sens plus réceptive déjà, depuis que les grandes sont retournées en classe et papa au travail. Nous retrouvons une complicité que nous avions perdue depuis des lunes. J'avais senti une déchirure, elle s'était détachée de mon giron, je la sentais un peu à la dérive. C'est certainement l'âge aussi: trois ans cette semaine! C'est un age où la tempête se calme, on le dit.

Il est vrai que pour un enfant, rien n'a plus de valeur que le temps passé avec son parent. Nul cadeau ni privilège ne peut se substituer au temps de qualité.

mardi 28 septembre 2010

Pour son bonheur




Pendant que je commence la rédaction de ce billet, Petite Fleur me fait un gentil calin, sur mes genoux, me réduisant à une seule main pour taper au clavier. Il faut bien saisir les minutes quand elles se présentent! Elle aperçoit cette photo d'elle en train de cueillir une grosse pomme rouge, sur les épaules de son père. Aussitôt fébrile, elle sautille et se met à raconter précipitamment combien elle aimerait en cueillir encore. Cette petite n'a jamais assez de rien. C'est une passionnée qui mord dans la vie chaque fois que c'est possible. Une petite fouilleuse, une petite danseuse, une ratoureuse.

Je me suis mise en tête de lui trouver un service de garde à temps très partiel, quelque chose comme deux jours par semaines, car elle a très envie de jouer avec des petits amis, mais ceux que nous connaissons vont tous dans des services de garde pendant la semaine. C'est triste un peu de la voir demander pour jouer avec ses pairs. Je peux lui apporter beaucoup. Mais j'ai mes limites. Son petit frère est encore trop petit pour s'amuser, et elle est dans la période où les jeux se font coopératifs, comme par exemple ceux où les enfants se choisissent des rôles. Les grandes soeurs sont bien occupées avec l'école qui est recommencée. Et moi, je ne suis plus une princesse ou un chevalier.

Pour l'instant, j'ai considéré quelques options qui paraissaient intéressantes, mais quelque chose ne collait pas, toujours. Je suis difficile: je désire un beau milieu de garde. Je n'aime pas les sous-sols, ils m'angoissent. Idéalement, j'aurais souhaité un CPE mais l'option temps partiel n'est pas privilégiée dans ces service.

Peut-être aussi que mon coeur résiste. On verra bien ;o)

mardi 21 septembre 2010

Chaque septembre ...

... nous ramène:

- Depuis trois ans, la même semaine (billet du 16 septembre 2008, du 14 septembre 2009, et billet de la semaine passée qui aurait pu être pondu), UN GROS RHUME qui nous accable à tour de rôle! Surprenant comme les microbes sont cycliques!

- Le constat que l'été fut trop court, qu'on en a pas suffisamment profité, qu'il a fait trop froid, trop chaud ou encore trop de pluie! Ça a l'air que l'automne nous surprend toujours de la même façon, et qu'on est jamais contents! ;o)

- Le goût de la soupe au pois! L'Homme est arrivé avec ce projet en fin de semaine dernière et s'est empressé de le mettre à exécution! Même chose... l'an dernier! O_o

- La crise de stress de grande Ado, vague d'émotions associées au retour en classe que toute la famille doit absorber sans faillir. Elle est faite comme ça, ma grande!

- Le grand truc des pommes: cueillette, compotes et tartes! Si je ne me dépêche pas de mettre le verger à l'agenda, c'est lui qui me mettra aux oubliettes!

- La panique des pantouffles et des jetés sur le divan: tout le monde veut les siens/siennes!

- Le retour des téléromans, pour lequels nous avons un attrait certain, du moins quelques-uns d'entre eux.

- La cuisine maison pour réchauffer l'atmosphère, particulièrement les journées de pluie: sauces spagg, cipailles et ragouts!

En retournant dans mes archives de blog, j'ai bien constaté que nous vivons chaque année une rentrée qui rassemble en gros tous ces thèmes. Bon, l'homme est un être routinier, et avec de jeunes bébés, quoi de plus confortable! Mais j'ai tout de même été étonnée de la régularité au jour près, en ce qui concerne notamment la soupe aux pois et le rhume ;o)

Ah! Le cycle de la vie!

Le conserverai-je?




J'ai du basilic, acheté cet automne, qui trône dans ma baie vitrée. La terre semble demeurer plus humide depuis l'arrivée du temps frais, si bien que j'essaie d'espacer les arrosages. Quelques dommages ont été fait déjà à la base des tiges, entraînant un pourrissement de certaines. Je les ai retirées pour ne conserver que les saines.

J'aimerais le conserver cet hiver mais je ne sais pas comment! Engrais? Chaleur? Soleil? Anyone?

samedi 18 septembre 2010

La grâce.. et l'énergie!




Il y a déjà quelques semaines, en ouvrant le journal, un petit pamphlet chute à mes pied. Comme je suis une personne extrêmement "sensitive", je me porte toujours à la rencontre de ce genre de signes. Me saisissant du dit papier, je me rend compte qu'il s'agit d'une école de danse de la région. Une petite école, pour de petits enfants, rien de professionnel bien qu'on puisse aisément concevoir qu'il faille un début à tout, même pour les étoiles

Alors que je feuillette, je tombe sur la photo d'une petite fille en tutu rose, dont la ressemblance avec Petite Fleur me frappe instantanément. Sans réfléchir, je compose le numéro et me voila en ligne avec une dame charmante qui m'annonce qu'ils ont justement ouvert un groupe supplémentaire car le reste était plein, et que pour le groupe en question, il ne reste que trois places. Je réserve illico, sans même m'enquérir des frais. Voilà que ma trois ans fera sa première expérience de la collectivité, puisqu'elle ne va pas en garderie.

Le premier cours a eu lieu la semaine dernière. Elle a revêtu son petit uniforme "d'entraînement", les tutus étant réservés aux spectacles. Dans la cohue des parents un peu anxieux et des enfants fébriles, mon petit bout de femme a pris son rang un peu timidement, mais avec une détermination qui m'a fait fondre de satisfaction. Sans attendre le signal, elle s'est mise à avancer avec curiosité vers les salles. La professeure s'est empressée de la "récupérer" d'une pression de la main sur sa petite tête. Voilà que le ton était donné ;o)

Au sortir de la session, je me suis rendue aux nouvelles. La demoiselle en collants avait le sourire aux lèvres.

-"C'est Petite Fleur?"
Je lui répondis à l'affirmative par un hochement de tête.

-"Elle a énormément ...d'énergie!" s'est-elle empressée d'ajouter, avec l'air de chercher ses mots. "Il fallait toujours la ramener dans le cercle, lui dire de cesser de poser des questions pour se concentrer sur l'action...".

Je lui ai alors mentionné son jeune âge par rapport au groupe. Elle aura trois ans dans quelques semaines alors que plusieurs ont dépassé ce stade il y a longtemps. Et puis, jamais nous avons contrainte à un effort de la sorte: écouter les consignes dans un groupe!!

Devant ces précisions, l'enseignante s'est montrée conciliante et confiante pour les prochaines semaines. De toute façon, que l'expérience soit un succès ou non, je l'envoie justement pour qu'elle progresse dans sa concentration et sa capacité à obéir à une demande. Que cette concentration passe par des mouvements corporels me semble la meilleure chose à cet age. Il n'y a rien d'abstrait dans les sautillements ou le jeu de la statue!


*update du cours de cette semaine*

Rebelote, l'entrée dans l'agitation. Petite fleur se serre un peu plus entre mes jambes alors que nous sommes assises sur le sol, attendant le signal. Je suppute une hésitation mais je me vois détrompée quand, à l'appel de l'enseignante, ma fille se lève comme un ressort tendu qui se libère et va se positionner bonne première dans le rang, précédant toutes les autres grandes filles du cours.

Parce que des enfants font la crise pour ne pas assister au cours, la porte demeure entrouverte après le début du cours. J'aperçois alors ma petite princesse immobile parmi ses compères occupées à une série d'exercices d'étirements. Elle ne semble rien comprendre. "Trop jeune", me dis-je. Ou encore, lunatique, comme je l'étais. Sur cette constatation un peu déstabilisante, je me vois privée de mon observatoire alors que la porte se referme sèchement. Je retourne m'assoir tout en tentant de me répéter qu'il est tout à fait normal qu'une enfant de cet âge soit en décalage: c'est un cours trois-quatre ans, elle n'a pas encore trois ans comme je l'ai dit plus haut.

N'en pouvant plus, au milieu du cours, je me lève et entrebâille la porte, assurée de passer inaperçue en raison de la musique assourdissante. J'aperçoit ma ballerine, chignon relevé, bien affairée à jouer au jeu de la statue, attentive juste ce qu'il faut. Mon bébé, déjà, vole sans moi. Sa force de caractère, bien camouflée sous une habituelle timidité, s'affirme en grand. Petit coup au coeur. Ce n'est plus un bébé. Ça y est, la roue des ans commence à tourner, et bientôt je perdrai le compte de ses tours, qui mènent toujours plus loin, qui avalent les semaines et les mois tout comme le sont les kilomètres de route lors d'un long voyage.

Verdict de l'enseignante: elle était beaucoup plus attentive cette semaine! Bravo mon amour!

Aventure à suivre!

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