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mercredi 31 août 2011
Tu sais que tu as une grosse famille quand...
Je regardais ma joyeuse tribu se délester d'un trop plein d'énergie hier soir au souper et une série de phrases humoristiques me traversaient l'esprit à propos des grosses familles. Je faisais le service d'un poulet chasseur, il me semblait interminable tant j'avais d'assiettes à garnir, et même que je concevais une certaine crainte à l'effet d'être la dernière vu ma fonction! La dite bête rétrécissait bel et bien comme peau de chagrin sous mes coups de fourchette.
Je me suis donc mise à imaginer de quoi pourrait avoir l'air un petit guide de l'aspirant aux grosses familles, pour l'heure des repas.
Un peu à la manière de … tu sais que tu as une grosse famille quand...
1. ...le service du repas est si long que la personne en fonction commence à manger quand tout le monde a presque fini! S'il en reste, bien entendu!;o) Et froid, évidemment! (...merci Looange ;o) )
2. ...il faut en tout temps qu'un adulte soit présent à table pour modérer les ardeurs des discussions des plus grands ainsi que pour assister les plus jeunes.
3. ...les plaintes répétées du bébé d'un an côtoient les discussions sur le dernier cours de philo au CÉGEP (eh oui).
4. … il manque continuellement de fourchettes, certains boivent dans des tasses à café, le lave-vaisselle étant sale pour la troisième fois de la journée.
5. ...tu ne te rappelles même pas avoir mangé, ou ce que ça goûtait, tant tu avais l'esprit accaparé par les histoires de tout le monde.
6. ...tu écoutes ta plus vieille parler de son chum qu'elle aime assez pour marier, tandis que tu te bats silencieusement avec la trois ans pour qu'elle ne quitte pas la table sans manger raisonnablement, le tout en prenant occasionnellement pour toi-même une bouchée! Grand luxe! Grand décalage générationnel également!
7. ...tu dois absolument requérir le concours de chacun pour mettre de l'ordre à la cuisine, sans quoi tu terminerais juste avant de te coucher!
8. ...tu n'as pas de restants après le repas.
9. ...après la confection des lunchs pour la journée de mercredi, ton garde-manger et ton frigo commencent déjà à être décimés.
10. ...tu commences à rêver d'un repas, un vrai, tranquille, au resto s'il le faut!!!! Parce que de toute façon, tu n'es reçu(e) nulle part avec une marmaille aussi nombreuse! (...merci Manon ;o) )
Et ça pourrait continuer encore, encore :O)
Mais heureusement, dans la pénombre de la fin de journée, je fais le décompte des présences et pour rien au monde je voudrais n'avoir pas pris cette décision. Ma famille je l'aime comme elle est, de même que j'assume les quelques cheveux blancs qui commencent à se pointer ici et là! Hihihi!
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mardi 10 mai 2011
Billet de beau temps!
Ah qu'il fait bon s'éveiller tôt, même quand on ne le désire pas vraiment, avec les ardents rayons de Galarneau transperçant les rideaux et les réchauffant déjà. On est tellement mieux disposés, déjà, quand la lumière assiste notre réveil. La pure, la vraie, pas celle d'une lampe!
Chaque matin quand je vais porter JS à l'école, j'en profite pour faire un bain de soleil et me laisser bercer par le chant des oiseaux. C'est vraiment fantastique le printemps! Ça valait la peine d'attendre tout ce temps!
Je ne suis pas seule à prendre des bains de soleil! :o) Mes tomates ont également commencé les leurs! Il faut les acclimater, ces petites pousses là! Et bon, je dois avouer que je suis envahie! Les mettre sur le balcon me procure un soulagement momentané!Ce qui apparaît sur la photo n'est que le tiers de mes plants... ouf!

Certains d'entre eux sont si avancés que les fleurs se pointent!

Pour terminer, voici la petite attention que j'ai reçue à la Fête des mamans!

Les fleurs étaient accompagnées d'un billet doux me redisant tendrement son amour, et me témoignant toute son admiration devant mon "travail" de maman. La meilleure mère que j'aurais pu souhaiter pour mes enfants. Wow! Merci amour! Je suis touchée! Vous l'ai-je déjà dit qu'il me chavirait le coeur, celui-là? ;o))
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mardi 26 avril 2011
J'y crois

J'en ai peut-être déjà parlé sur ce blog, peut-être pas. Mais ce matin, j'y pense. Et j'ai envie de l'écrire. Quand la réalité dépasse la fiction, on a souvent tendance à passer le tout sous silence afin ne pas avoir l'air "illuminé". Pourtant, c'est une histoire vraie, son histoire à lui, mon Petit Lutin!
Grand-papa Alphonse est décédé en février 2009. Nous étions en essais-bébé depuis le mois de juin précédent, désespérément cela dit, puisque nous étions au fait d'obstacles de taille concernant la fertilité de monsieur, suite à la vasovasectomie.
Ma grand-mère s'est mise à dépérir au printemps, bien évidemment. Pendant que je me préparais mentalement au fil des mois du dégel à lui rendre une probable dernière visite à plus de 16 heures de route, je demandais à mon grand-père qui nous avait quitté dernièrement de m'aider concevoir notre tout dernier et quatrième bébé de la fratrie, que je pressentais être un garçon.
Lors de cette visite que je fis à ma grand-mère, j'en étais au jour 14 de mon cycle, j'ovulais! Ce n'est que devant le test de grossesse positif que je me rappellerai ce fait. Deux semaines plus tard, j'étais bel et bien enceinte!
Ce bébé a fait son nid dans mon bedon entouré de bonnes ondes. Il est né en février 2010, très exactement le jour de l'anniversaire de mon grand-père, celui que j'avais tant prié. Il est adorable, petit visage en coeur aux mèches platines, souriant à toute heure du jour, un vrai cadeau du ciel. Un cadeau de mon papy.
J'y crois!
Comment tout cela pourrait-il être un tissu de coïncidences?
Ça m'a fait du bien d'y repenser ce matin, alors qu'une bouffée de nostalgie et d'amour s'emparait de mon coeur.
Grand-papa Alphonse est décédé en février 2009. Nous étions en essais-bébé depuis le mois de juin précédent, désespérément cela dit, puisque nous étions au fait d'obstacles de taille concernant la fertilité de monsieur, suite à la vasovasectomie.
Ma grand-mère s'est mise à dépérir au printemps, bien évidemment. Pendant que je me préparais mentalement au fil des mois du dégel à lui rendre une probable dernière visite à plus de 16 heures de route, je demandais à mon grand-père qui nous avait quitté dernièrement de m'aider concevoir notre tout dernier et quatrième bébé de la fratrie, que je pressentais être un garçon.
Lors de cette visite que je fis à ma grand-mère, j'en étais au jour 14 de mon cycle, j'ovulais! Ce n'est que devant le test de grossesse positif que je me rappellerai ce fait. Deux semaines plus tard, j'étais bel et bien enceinte!
Ce bébé a fait son nid dans mon bedon entouré de bonnes ondes. Il est né en février 2010, très exactement le jour de l'anniversaire de mon grand-père, celui que j'avais tant prié. Il est adorable, petit visage en coeur aux mèches platines, souriant à toute heure du jour, un vrai cadeau du ciel. Un cadeau de mon papy.
J'y crois!
Comment tout cela pourrait-il être un tissu de coïncidences?
Ça m'a fait du bien d'y repenser ce matin, alors qu'une bouffée de nostalgie et d'amour s'emparait de mon coeur.
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lundi 7 mars 2011
Une fournée blé entier!
Je m'éclate ô-Ô :o))
Bio avec ça !!!
Bio avec ça !!!


Ça tartine, à la maison! hihihi!
Petit mari m'a déclaré tendrement en me regardant pétrir, ce soir: "t'es belle mon amour"...
Stratégie ou sincérité?
J'y crois de plus en plus, on conserve un homme en soignant son ventre :oP
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mercredi 16 février 2011
De la poésie en musique pour nos petits

Arrivé dans ma chaumière par pur hasard, caché dans une boite d'objets donnés, "Un trésors dans mon jardin" fait la pure joie de Petite Fleur qui l'écoute en boucle. Un trait de génie créatif d'un Grand Artiste.
Je suis incapable d'écouter ce CD sans que l'émotion étrangle délicieusement ma gorge, bercée par ces chansons complètement magiques s'adressant au coeur sans égard à son âge. Tantôt "patrimoniales", tantôt crées de toutes pièces, les mélopées de cet album de Gilles Vigneault sont interprétées par nos artistes d'ici, avec des intonations renouvellées, et tant de brio!
Des chansons bien québécoises, du beau français, des voix connues, des relents d'enfance.
Du Vigneault pour nos petits!
La chanson pomme, interpétée par Linda Lemay, me fera toujours revoir mon petit blondinet aux portes du sommeil. Berceuse pour Julie (interprétée par Daniel Lemire) évoque si bien nos coeurs de parents serrés et confiants à la fois, devant nos enfants qui grandissent. Les amours, les travaux parle à l'âme de nos petits amours, imageant le cycle de la vie, la ronde des saisons, et la grande communauté humaine. Ainsi va la trame musicale, parsemée ici et là par des rigodons plus joyeux et des comptines.
Je suis complètement sous le charme.
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lundi 24 janvier 2011
Le bon géant

Il est de certains mots d'enfants qui, par leur candeur, leur pure naïveté, leur spontanéité, font fondre notre coeur de parents. Pour les années à venir, nous les gardons précieusement dans notre coeur comme des perles dont le souvenir fait renaître un peu de cette chaleur qui nous avait envahi alors.
Une fillette de trois ans, c'est pas bien gros. Même les mains de maman semblent énormes lorsqu'elles encadrent le visage étroit de Petite Fleur, caressant au passage le menton déjà affermi, lui. Un petit cou frêle, des bras de poupée ornés de mains de porcelaine, un bedon d'ourson, des genoux comme des petites prunes et des pieds gardant encore leur perfection parfaite de bébé naissant. Ai-je le souvenir encore en mon propre intérieur d'avoir été si petite? Quand ai-je cessé de considérer le monde comme un vaste espace de perdition dont il fait si bon être protégée par deux bras puissants? Sans doute quand mon égo grandissant d'adolescente s'est convaincu de son importance, chose un peu nécessaire si l'on veut être capable d'affronter la vie.
Petit mari, un homme fort et costaud, se saisit souvent des enfants comme de poids plumes. Il faut voir le ravissement qui s'empare d'eux, au moment même où ils sont charriés sans ménagement par cette force de la nature, qu'ils pressentent bienveillante. Je crois qu'ils se sentent alors en sécurité plus que nul part ailleurs, malgré l'agitation.
Hier soir, Petit mari soulève gentiment sa Petite Fleur, son petit bout de femme si caractériel et craquante à la fois. Après un brusque envol vers le ciel, cette dernière en profite pour nouer ses bras autour du cou du grand chêne, empêchant ainsi la descente vers la terre ferme. Son petit ventre en contact direct avec le coeur qui bat puissamment, le nez enfoui dans l'épaule et le reste de son corps retenu par le bras opposé à l'épaule accueillante, elle ne bouge ni ne souffle mot pendant que papa continue de parler. Tel un bébé singe aggripé à la mère nourricière.
Attendrie, je caresse son dos et lui demande un peu moqueuse: "...mais que fais-tu là?". Je suis curieuse de ce qui peut se passer dans sa petite tête d'enfant, ainsi positionnée presque transversalement sur la poitrine de son père, maintenue davantage par ses propres efforts que par ceux de l'Homme.
Elle me répond: "Je joue, je joue euhh au collier de papa". Ces mots chuchotés tout sourire, impreignés d'une certaine retenue comme s'il s'agissait d'un secret intime.
J'ai trouvé cela complètement renversant, puisque cela participait d'une vision du monde qui échappe irréversiblement aux adultes. Ma fille se sent petite, au point de s'imaginer être un ornement au cou de son papa.
Nous oublions que pour nos enfants, nous sommes tout-puissants. Rien de surprenant à ce qu'ils recherchent notre amour et notre protection, au détriment du bon sens, parfois. Ne dit-on pas que même les enfants battus aiment leurs parents et cherchent leur affection malgré tout?
Rôle noble que celui de parent, rôle crucial. J'aime à penser que nous sommes de bons géants pour notre progéniture. Que celle-ci sera dotée une perception profondément positive de la vie, une sécurité affective. Parce que nous les rassurons, parce que nous les protégeons, parce que nous sommes là.
Petite Fleur sera très longtemps au fond d'elle-même, la minuscule fillette de son papa.
Une fillette de trois ans, c'est pas bien gros. Même les mains de maman semblent énormes lorsqu'elles encadrent le visage étroit de Petite Fleur, caressant au passage le menton déjà affermi, lui. Un petit cou frêle, des bras de poupée ornés de mains de porcelaine, un bedon d'ourson, des genoux comme des petites prunes et des pieds gardant encore leur perfection parfaite de bébé naissant. Ai-je le souvenir encore en mon propre intérieur d'avoir été si petite? Quand ai-je cessé de considérer le monde comme un vaste espace de perdition dont il fait si bon être protégée par deux bras puissants? Sans doute quand mon égo grandissant d'adolescente s'est convaincu de son importance, chose un peu nécessaire si l'on veut être capable d'affronter la vie.
Petit mari, un homme fort et costaud, se saisit souvent des enfants comme de poids plumes. Il faut voir le ravissement qui s'empare d'eux, au moment même où ils sont charriés sans ménagement par cette force de la nature, qu'ils pressentent bienveillante. Je crois qu'ils se sentent alors en sécurité plus que nul part ailleurs, malgré l'agitation.
Hier soir, Petit mari soulève gentiment sa Petite Fleur, son petit bout de femme si caractériel et craquante à la fois. Après un brusque envol vers le ciel, cette dernière en profite pour nouer ses bras autour du cou du grand chêne, empêchant ainsi la descente vers la terre ferme. Son petit ventre en contact direct avec le coeur qui bat puissamment, le nez enfoui dans l'épaule et le reste de son corps retenu par le bras opposé à l'épaule accueillante, elle ne bouge ni ne souffle mot pendant que papa continue de parler. Tel un bébé singe aggripé à la mère nourricière.
Attendrie, je caresse son dos et lui demande un peu moqueuse: "...mais que fais-tu là?". Je suis curieuse de ce qui peut se passer dans sa petite tête d'enfant, ainsi positionnée presque transversalement sur la poitrine de son père, maintenue davantage par ses propres efforts que par ceux de l'Homme.
Elle me répond: "Je joue, je joue euhh au collier de papa". Ces mots chuchotés tout sourire, impreignés d'une certaine retenue comme s'il s'agissait d'un secret intime.
J'ai trouvé cela complètement renversant, puisque cela participait d'une vision du monde qui échappe irréversiblement aux adultes. Ma fille se sent petite, au point de s'imaginer être un ornement au cou de son papa.
Nous oublions que pour nos enfants, nous sommes tout-puissants. Rien de surprenant à ce qu'ils recherchent notre amour et notre protection, au détriment du bon sens, parfois. Ne dit-on pas que même les enfants battus aiment leurs parents et cherchent leur affection malgré tout?
Rôle noble que celui de parent, rôle crucial. J'aime à penser que nous sommes de bons géants pour notre progéniture. Que celle-ci sera dotée une perception profondément positive de la vie, une sécurité affective. Parce que nous les rassurons, parce que nous les protégeons, parce que nous sommes là.
Petite Fleur sera très longtemps au fond d'elle-même, la minuscule fillette de son papa.
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mercredi 15 décembre 2010
Petits ratoureux!

La ruse de bébé.
Ce matin, j'ouvre les yeux sur un lever du jour encore teinté de la pénombre de la nuit. C'est mon Loulou qui me réveille, réclamant suce et couverture. Il est tout près de moi, dans sa couchette. Nous partageons encore la même chambre, lui et nous, sans encombres. Heureusement car diverses circonstances nous empêchent de lui faire un petit coin bien à lui. Et ça me rassure de le savoir tout près. Depuis que je conscientise qu'il est le p'tit dernier, j'ai la fibre de la mère poule qui s'exprime à la puissance quatre. Il n'est pas bien vieux mon petit Lutin! Agé de neuf mois et demi, et bien que costaud, il est de plus légèrement paresseux côté moteur. Un belle petite boule blonde. Mais les cornes poussent derrière la chevelure angélique...
Il était plus tard que je ne le croyais lors de ce réveil. Pour Loulou, la nuit était terminée, à sept heures passées! S'avisant que je lui redonnais sa suce, et lui réclamait au moyen du mot dodo un petit répit supplémentaire, il ne tarda pas à élaborer une stratégie. Bien emmitoufflée de nouveau dans mes couvertures chaudes, je vis alors mon bébé se redresser sur son coude, prendre sa suce et la jeter par terre! Ah-Ah! Pris sur le fait, mon petit ratoureux! Il se laissa retomber sur le dos et poussa une plainte sans équivoque du style: "à l'aide" ;o) Mouais... c'était foutu pour le répit: monsieur désirait se lever immédiatement! Ce n'était donc pas des accidents, toutes ces suces par terre au moment de la sieste! Pas bête du tout! Tssss...
Le raisonnement de Petite Fleur.
Je suis à table en sa compagnie, lors de nos diners quotidiens entre filles. Elle refuse le repas préparé, et il n'est pas question que j'en fasse un autre, davantage à son goût O_o ! Un peu excédée, je lui déclare que le Père Noël la regarde (de fait, je la fixe avec applomb, ce qui me permet de déculpabiliser un brin *lol*) et qu'il aimerait qu'elle soit plus gentille et qu'elle mange bien.
-"N'est-ce pas, Père Noël?" déclarai-je en levant les yeux au ciel comme pour m'adresser à dieu (pffft).
Petite Fleur s'empressa alors de suivre mon regard et de déclarer à cette "présence invisible":
-"Père Noël, il faut que, il faut que... " bégayait-elle dans un immense effort pour structurer sa pensée.
J'attendais, curieuse, la tirade finale.
- "Il faut hein que maman aussi elle soit gentille hein?!"
Pouahahahahahaha! Gentille au point d'avancer tout de suite le dessert sans obliger quelques bouchées de macaronis, je suppose?
Petite ratoureuse!
C'est pas parce qu'ils sont très jeunes que leur regard sur le monde ne s'aiguise pas continuellement, n'est-ce pas? ;-)
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Vie de famille
lundi 6 décembre 2010
Vers le jour J
Me revoilà prise dans le goulot d'étranglement: Noël arrive et rien n'est prêt. Les magasins sont bondés à craquer d'individus pressés, les étalages de décorations festives étonnamment déjà fort pillés, bref rien ne m'attire vraiment dans les préparatifs proprement dits pour le jour J. Il me semble que je ne ferais que profiter du bon temps cette année! Que des lutins fassent tout à notre place tiens!
Première tempête! Check! Sapin trouvé, et monté! Check! Gingerbreads demain! Quelques crochets tracés sur une liste que je ne veux même pas voir! ;o)
Après tout, le plaisir ne réside pas uniquement dans le réveillon, mais aussi tout au long du chemin qui nous y mène! Ce n'est pas pour rien que les enfants ont un calendrier chocolaté pour compter les jours!
Mes oisillons ne sont pas exigeants. Ils sont tellement comblés! Pas que nous ayons dépensé tellement les mois précédents! Ce sont tout simplement des enfants heureux, je crois bien. Et ils (m'enfin elles) font bien attention à leurs choses qui leur durent longtemps, nul besoin de réparer ou remplacer.
Elles vieillissent, MAIS! Elles veulent leurs biscuits pain d'épice, leur fudge annuel (je n'en fais jamais en d'autres temps), leurs petites habitudes du début des vacances d'hiver. Les deux grandes refusent de laisser aller quoi que ce soit de traditionnel. Si on l'a déjà fait et que c'était bon, on doit le refaire. C'est le cycle, le réconfort. Aujourd'hui, Petite Fleur a cassé une figurine que Grande Ado avait peinte il y a deux ans. La grande était pratiquement en pleurs, clamant la perte d'un souvenir! Papa a recollé, le sourire est revenu, la sécurité. Les enfants sont attachés à la trame de leurs souvenirs. Oui. Et plus jeune qu'on le croit!
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Tranches d'amour
lundi 1 novembre 2010
Bien peu de choses
Mon tout-petit, boule de tendresse, n'a besoin que de bien peu de choses pour être heureux. C'est le bébé le plus accommodant que je connaisse. Il pleure toujours pour une raison légitime.
Ma main douce sur sa joue lui tire un sourire surpris. Il me présente son front, telle une requête de bénédiction, lorsque je lui demande un bisou. Rien ne le ravit davantage que de farfouiller allègrement dans nos cheveux, nos nez ou nous yeux. Il halète alors de plaisir pendant l'exploration. Il ressent constamment le besoin de nous tâter, de nous griffer gentiment avec ses petits ongles, comme pour bien s'assurer de notre présence, ainsi que de la sienne.
Assis dans la chaise haute, son regard me fixe et s'éclaire complètement quand je développe un biscuit lui étant destiné. Même regard fixe et mains qui quémandent (s'ouvrent et se referment rapidement) devant le pot de yaourt que l'on approche. Sa bouche devient alors le centre de son être, dans l'attente passionnée de la première bouchée. Les yeux mi-clos, il savoure. Ai-je déjà savouré de la sorte? Je ne me rappelle plus.
Si je dois me rendre à son chevet en plein coeur de la nuit, même dans le noir, il me reconnait et tout son petit corps est une étreinte à distance, s'agitant avec frénésie. Il éclate d'un rire saccadé, soulagé, amoureux. Même amochée, alors, je ne peux résister au sourire qui me saisit. De la même façon, ma main va effleurer son toupet blond à la Denis-la-malice.
Même malade, les batteries à plat, surmené ou grognon, il suffit d'un coucou à son endroit pour obtenir le plus radieux des sourires. Cet enfant a l'oeillade qui vous réchauffe le coeur, vous déleste de quelques années. Il vous aime dans l'instant, tel que vous êtes, même dépeignés ou pressés. Il vous enveloppe presque sensuellement de cette oeillade charmeuse, et si vous êtes tout près, sa main se pose sur votre peau, il aime se sentir vivant auprès de vous.
Bien peu de choses sont nécessaires à son bonheur! Lui, et tous les autres bébés, possèdent cette faculté d'être heureux avec une intensité qui ne s'égale plus jamais en d'autres périodes de la vie humaine. Les enfants sont doués pour le bonheur, le bonheur simple. Rien n'est jamais calculé. Et ce qu'il y a de merveilleux, c'est que cette faculté est contagieuse. Ils en donnent aussi. Ils nous amènent sur les chemins du rire et de la spontanéité, font remonter en nous des souvenirs enfouis de l'époque où il faisait bon gambader ou se faire chatouiller.
Bien peu de choses, ce bonheur, et tout à la fois.
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mardi 26 octobre 2010
Deuil de bedaines et de bébés naissants
Ce soir, j'entendais Grande Ado causer avec l'Amoureux au téléphone, elle parlait de moi en ces termes: "MaMama". Cela donnait quelque chose comme: "j'aurai avec moi le cellulaire de ma maman, ma maman est au courant, ma maman voulait savoir si"... Intérieurement, j'ai ri en me disant qu'au fond, ils grandissent, mais pas si vite qu'ils veulent bien nous le faire croire. Et ce malgré les moments assez mouvementés qu'ils nous font vivre parfois, sur ce chemin de l'indépendance.
Jolie Sportive a certainement grandi d'un pied depuis une année. Les hormones ont façonné son corps de petite fille, le temps a allongé sa chevelure, et approfondi son regard. Elle sait prendre position, elle sait prendre des décisions, mais elle tient absolument à m'embrasser chaque fois que je quitte la maison, même pour aller au dépanneur. Je crois que cette enfant a toujours eu une peur viscérale de me voir mourir. Elle a encore besoin de ce rituel un peu superstitieux.
Petite Fleur sait maintenant gagner les toilettes toute seule, manger aussi, elle arrive presque à s'habiller de pied en cap. Elle cause comme une enfant de maternelle et sait tout son alphabet. Mais... elle se réveille encore la nuit pour être rassurée, comme un nouveau-né.
Quand à bébé Lutin, il rampe presque, s'assied longtemps sans faiblesse, a prononcé son premier mot: "viens-t'en". Mais lui, c'est encore un bébé, heureusement. Oui, heureusement. Il est si craquant! Chaque fois que mon coeur fond devant l'un de ses sourires si candides, je me demande comment j'aurais pu vivre sans lui, sans ce petit quatrième aux cheveux dorés, aux allures d'un archange descendu du ciel, si patient, si sage déjà, si aimant et conciliant.
Et chaque fois mon coeur se tord aussi à la perspective du deuil qui s'impose à moi. Plus jamais un autre bébé ne posera son regard sur mon visage de mère après celui-là. Leurs yeux contempleront sans doute un visage de grand-mère, éclairé mais vieilli. Et ils chercheront bien vite les yeux de cette autre femme, celle qui assure leur survie. Leurs petits bras, leur chaleur odorante, leur poids plume, véritables réconforts, véritables remparts à la grisaille et la fatalité. Tout celà est mien pour encore quelques mois, puis ce sera ... autre chose.
Comme disait l'Homme en me regardant pleurer sur l'une des publicité éducatives du gouvernement (...dans ce parc, il y a un enfant qui apprend à se faire des amis, et cet enfant c'est lui, le bébé de deux mois qui fait des imitations avec sa maman), il faut maintenant les élever! Pleurer comme une conne, je vous dis, à contempler toute la confiance dans le regard du bébé. Et pourtant j'en ai plein les bras! Moi et Petit mari fonctionnons à plein régime, constamment, pour que tout baigne. Il y a toujours un nez à moucher, un souper à commencer ou une brassée à plier!! Et de tels regards, nous en avons tellement reçus. Choyés nous avons été.
Je sens que ma famille est complète. Je pense que je peux sincèrement faire mon deuil. Mais qui a dit qu'un deuil c'était moins douloureux quand c'était raisonnable? J'aurai toujours cette nostalgie du petit être entièrement dépendant et extraordinairement attachant, et attaché. Il y aura toujours cet élan vers le cri, ce désir de consoler, cette larme avec les leurs, cette envie de lover ma bouche au creux des petits plis du cou, celle de humer les petits cheveux. Je suis une mère de profession (comme on dit dentiste de profession, etc).
Heureusement, ils ont toujours besoin un jour ou l'autre de maman. J'essuierai probablement d'autres larmes, et j'aurai toujours une bonne soupe sur le feu dans les moments plus difficiles. Malgré leurs longs bras, leurs grands pieds, au fond, ils seront toujours mes bébés.
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jeudi 30 septembre 2010
Bricoles et complicité
Quel déluge mes amis! Nous sommes sortis ce soir et l'eau ruisselait en une crue soudaine, dégringolant des gouttières débordées, dévalant les espaces de stationnement en pente. Une averse chaude, continue, presque printanière. De quoi faire oublier que d'ici quelques semaines, une pareille chute d'eau résultera en une tempête où on ne verra ni ciel ni terre!
Depuis que j'ai parlé de Petite Fleur et de son désoeuvrement, j'ai eu envie d'instaurer un début de routine de service de garde ici-même à la maison. Malgré bébé et toute l'attention qu'il réclame, je me fais un point d'honneur à étaler chaque matin sur la table tout le matériel de bricolage que j'ai amassé, afin d'écouler une ou deux heures créatives en sa compagnie. Ce matin nous avons commencé le mur des célébrités. Chaque réalisation remarquable de par son application trouve sa place sur le fameux mur de notre cuisine. Ce matin, elle voulait dessiner une lettre, le H. En rentrant à la maison, Grande Ado s'est exclamée bruyamment devant le travail accompli, et dûment exposé: une feuille complète de beaux H bien formés. Que de fierté dans le visage de Petite Fleur.
Puisque je l'ai à "ma main" comme on dit, j'en profite pour lui enseigner quelques routines comme le fait de ranger ses jouets, de terminer une chose avant d'en commencer une autre, etc. Ses soeurs étant absentes, les sources de distractions sont moins nombreuses et la volonté de plaire à maman plus évidente. Je capte alors davantage son attention exclusive. Et son affection aussi. Je réalise qu'elle avait besoin de se rapprocher de moi. L'arrivée du bébé, le déménagement, tout cela l'avait transformée en tornade. Je la sens plus réceptive déjà, depuis que les grandes sont retournées en classe et papa au travail. Nous retrouvons une complicité que nous avions perdue depuis des lunes. J'avais senti une déchirure, elle s'était détachée de mon giron, je la sentais un peu à la dérive. C'est certainement l'âge aussi: trois ans cette semaine! C'est un age où la tempête se calme, on le dit.
Il est vrai que pour un enfant, rien n'a plus de valeur que le temps passé avec son parent. Nul cadeau ni privilège ne peut se substituer au temps de qualité.
Depuis que j'ai parlé de Petite Fleur et de son désoeuvrement, j'ai eu envie d'instaurer un début de routine de service de garde ici-même à la maison. Malgré bébé et toute l'attention qu'il réclame, je me fais un point d'honneur à étaler chaque matin sur la table tout le matériel de bricolage que j'ai amassé, afin d'écouler une ou deux heures créatives en sa compagnie. Ce matin nous avons commencé le mur des célébrités. Chaque réalisation remarquable de par son application trouve sa place sur le fameux mur de notre cuisine. Ce matin, elle voulait dessiner une lettre, le H. En rentrant à la maison, Grande Ado s'est exclamée bruyamment devant le travail accompli, et dûment exposé: une feuille complète de beaux H bien formés. Que de fierté dans le visage de Petite Fleur.
Puisque je l'ai à "ma main" comme on dit, j'en profite pour lui enseigner quelques routines comme le fait de ranger ses jouets, de terminer une chose avant d'en commencer une autre, etc. Ses soeurs étant absentes, les sources de distractions sont moins nombreuses et la volonté de plaire à maman plus évidente. Je capte alors davantage son attention exclusive. Et son affection aussi. Je réalise qu'elle avait besoin de se rapprocher de moi. L'arrivée du bébé, le déménagement, tout cela l'avait transformée en tornade. Je la sens plus réceptive déjà, depuis que les grandes sont retournées en classe et papa au travail. Nous retrouvons une complicité que nous avions perdue depuis des lunes. J'avais senti une déchirure, elle s'était détachée de mon giron, je la sentais un peu à la dérive. C'est certainement l'âge aussi: trois ans cette semaine! C'est un age où la tempête se calme, on le dit.
Il est vrai que pour un enfant, rien n'a plus de valeur que le temps passé avec son parent. Nul cadeau ni privilège ne peut se substituer au temps de qualité.
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mardi 28 septembre 2010
Pour son bonheur

Pendant que je commence la rédaction de ce billet, Petite Fleur me fait un gentil calin, sur mes genoux, me réduisant à une seule main pour taper au clavier. Il faut bien saisir les minutes quand elles se présentent! Elle aperçoit cette photo d'elle en train de cueillir une grosse pomme rouge, sur les épaules de son père. Aussitôt fébrile, elle sautille et se met à raconter précipitamment combien elle aimerait en cueillir encore. Cette petite n'a jamais assez de rien. C'est une passionnée qui mord dans la vie chaque fois que c'est possible. Une petite fouilleuse, une petite danseuse, une ratoureuse.
Je me suis mise en tête de lui trouver un service de garde à temps très partiel, quelque chose comme deux jours par semaines, car elle a très envie de jouer avec des petits amis, mais ceux que nous connaissons vont tous dans des services de garde pendant la semaine. C'est triste un peu de la voir demander pour jouer avec ses pairs. Je peux lui apporter beaucoup. Mais j'ai mes limites. Son petit frère est encore trop petit pour s'amuser, et elle est dans la période où les jeux se font coopératifs, comme par exemple ceux où les enfants se choisissent des rôles. Les grandes soeurs sont bien occupées avec l'école qui est recommencée. Et moi, je ne suis plus une princesse ou un chevalier.
Pour l'instant, j'ai considéré quelques options qui paraissaient intéressantes, mais quelque chose ne collait pas, toujours. Je suis difficile: je désire un beau milieu de garde. Je n'aime pas les sous-sols, ils m'angoissent. Idéalement, j'aurais souhaité un CPE mais l'option temps partiel n'est pas privilégiée dans ces service.
Peut-être aussi que mon coeur résiste. On verra bien ;o)
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samedi 18 septembre 2010
La grâce.. et l'énergie!

Il y a déjà quelques semaines, en ouvrant le journal, un petit pamphlet chute à mes pied. Comme je suis une personne extrêmement "sensitive", je me porte toujours à la rencontre de ce genre de signes. Me saisissant du dit papier, je me rend compte qu'il s'agit d'une école de danse de la région. Une petite école, pour de petits enfants, rien de professionnel bien qu'on puisse aisément concevoir qu'il faille un début à tout, même pour les étoiles
Alors que je feuillette, je tombe sur la photo d'une petite fille en tutu rose, dont la ressemblance avec Petite Fleur me frappe instantanément. Sans réfléchir, je compose le numéro et me voila en ligne avec une dame charmante qui m'annonce qu'ils ont justement ouvert un groupe supplémentaire car le reste était plein, et que pour le groupe en question, il ne reste que trois places. Je réserve illico, sans même m'enquérir des frais. Voilà que ma trois ans fera sa première expérience de la collectivité, puisqu'elle ne va pas en garderie.
Le premier cours a eu lieu la semaine dernière. Elle a revêtu son petit uniforme "d'entraînement", les tutus étant réservés aux spectacles. Dans la cohue des parents un peu anxieux et des enfants fébriles, mon petit bout de femme a pris son rang un peu timidement, mais avec une détermination qui m'a fait fondre de satisfaction. Sans attendre le signal, elle s'est mise à avancer avec curiosité vers les salles. La professeure s'est empressée de la "récupérer" d'une pression de la main sur sa petite tête. Voilà que le ton était donné ;o)
Au sortir de la session, je me suis rendue aux nouvelles. La demoiselle en collants avait le sourire aux lèvres.
-"C'est Petite Fleur?"
Je lui répondis à l'affirmative par un hochement de tête.
-"Elle a énormément ...d'énergie!" s'est-elle empressée d'ajouter, avec l'air de chercher ses mots. "Il fallait toujours la ramener dans le cercle, lui dire de cesser de poser des questions pour se concentrer sur l'action...".
Je lui ai alors mentionné son jeune âge par rapport au groupe. Elle aura trois ans dans quelques semaines alors que plusieurs ont dépassé ce stade il y a longtemps. Et puis, jamais nous avons contrainte à un effort de la sorte: écouter les consignes dans un groupe!!
Devant ces précisions, l'enseignante s'est montrée conciliante et confiante pour les prochaines semaines. De toute façon, que l'expérience soit un succès ou non, je l'envoie justement pour qu'elle progresse dans sa concentration et sa capacité à obéir à une demande. Que cette concentration passe par des mouvements corporels me semble la meilleure chose à cet age. Il n'y a rien d'abstrait dans les sautillements ou le jeu de la statue!

*update du cours de cette semaine*
Rebelote, l'entrée dans l'agitation. Petite fleur se serre un peu plus entre mes jambes alors que nous sommes assises sur le sol, attendant le signal. Je suppute une hésitation mais je me vois détrompée quand, à l'appel de l'enseignante, ma fille se lève comme un ressort tendu qui se libère et va se positionner bonne première dans le rang, précédant toutes les autres grandes filles du cours.
Parce que des enfants font la crise pour ne pas assister au cours, la porte demeure entrouverte après le début du cours. J'aperçois alors ma petite princesse immobile parmi ses compères occupées à une série d'exercices d'étirements. Elle ne semble rien comprendre. "Trop jeune", me dis-je. Ou encore, lunatique, comme je l'étais. Sur cette constatation un peu déstabilisante, je me vois privée de mon observatoire alors que la porte se referme sèchement. Je retourne m'assoir tout en tentant de me répéter qu'il est tout à fait normal qu'une enfant de cet âge soit en décalage: c'est un cours trois-quatre ans, elle n'a pas encore trois ans comme je l'ai dit plus haut.
N'en pouvant plus, au milieu du cours, je me lève et entrebâille la porte, assurée de passer inaperçue en raison de la musique assourdissante. J'aperçoit ma ballerine, chignon relevé, bien affairée à jouer au jeu de la statue, attentive juste ce qu'il faut. Mon bébé, déjà, vole sans moi. Sa force de caractère, bien camouflée sous une habituelle timidité, s'affirme en grand. Petit coup au coeur. Ce n'est plus un bébé. Ça y est, la roue des ans commence à tourner, et bientôt je perdrai le compte de ses tours, qui mènent toujours plus loin, qui avalent les semaines et les mois tout comme le sont les kilomètres de route lors d'un long voyage.
Verdict de l'enseignante: elle était beaucoup plus attentive cette semaine! Bravo mon amour!
Aventure à suivre!
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mardi 3 août 2010
Jusqu'au bout
Il est de certaines choses précieuses qui ont une fin prescrite dans l'Histoire bien avant leur commencement. Telle est la relation d'allaitement. Cet échange de fluide et de sécurité doit couler des jours heureux, ou les protagonistes auront tôt fait d'en souffrir. J'avais cru que ça viendrait de moi. Contre toute attente, je me suis habituée en tout confort à l'allaitement au-delà des deux mois qui m'étaient coutume lors de mes précédentes maternités. Rien n'était plus facile ni plus doux que de transporter bébé dans le giron conjugal, le petit matin venu, pour savourer ce contact bénéfique à nos âmes et à nos corps, mes seins lourds du jeûne de la nuit et son ventre opportunément affamé.
Depuis quelques jours, il refuse la tétée. Celle du matin va toujours bien mais toutes les autres sont brèves et frustrantes, pour lui comme pour moi. Lui, voudrait un débit augmenté, je le lis dans son regard et dans ses mimiques éloquentes. Je crains pour ma part qu'il manque de nutriments. À cinq mois et demi, il consomme déjà céréales, fruits et légumes, mais je me veux pas augmenter les doses de façon à diminuer le lait, il est beaucoup trop tôt.
J'ai fait l'achat de formule de lait maternisé hier soir. Je vais introduire quelques boires ainsi, ce qui devrait permettre à mes seins d'être plus pleins quand il viendra à leur rencontre. Je vais peut-être aussi tirer mon lait. Je sais que ma production diminuera. Mais mon fils veut téter pour la peine, je me dois de le nourrir. Sa façon de miauler devant un sein dont il n'a pas suffisamment stimulé le réflexe d'éjection me fait sentir si impuissante, je suis à la limite de la crise de pleurs chaque fois. Je sais qu'il a soif, c'est la canicule, et pourtant on dirait qu'il a oublié comment faire! Il souhaiterait que le lait coule de lui-même, facilement. Il semble que l'effort le répugne.
Si vous avez vécu semblable situation, ne vous gênez pas pour m'en faire part! Je suis triste de voir le début de la fin de mon allaitement, mais en même temps je ne pensais jamais me rendre si loin. Si cela doit se terminer maintenant, je sens que bébé et moi seront allés jusqu'au bout de notre symbiose.
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mardi 27 juillet 2010
Douceur de la brise
Ces jours-ci Grande Ado la ressent bien, cette brise estivale, chaude et chargée d'odeurs. Davantage qu'auparavant, de façon plus sensuelle, plus profonde. Elle se gorge de soleil, et se saoule de ciels étoilés. Je regarde la jeune fille un peu frustre qu'elle était, prude même, s'épanouir en chantonnant, en rêvassant, la tête ailleurs et le coeur plein à craquer.
Grande Ado a trouvé l'amour. Du moins, les prémisses de ce qui pourrait bien évoluer vers quelque chose de plus sérieux. Coup de foudre au premier regard, sorties romantiques sans le sous au bord de la rivière par une soirée douce, puis belvédère pour contempler la ville. Des mains qui se frôlent, des peaux qui s'électrisent, des fous rires et de l'attente, celle du premier baiser, cette de l'officialisation des sentiments. Et elle revient tout me raconter à voix basse, presque timidement sur le ton de la confidence, de façon à ce que je puisse vivre un peu par procuration la magie d'un premier amour, cet unique élan. Je suis emplie de joie car la vie lui apporte cette occasion, celle d'exulter, à un age ou tout est si intense. Au contact de tout ce ressenti, elle va vivre les minutes les plus denses de sa vie, celles dont on oublie rien.
Lui, a deux ans de plus, ce qui l'amène à la majorité. Il est très posé et mature, ce qui constitue un bon point pour lui! Esprit sain dans un corps sain, il est sportif, assidu au travail (lieu de leur rencontre) et ambitieux pour l'avenir, après avoir connu une période d'hésitation. Quelque chose dans sa présence me renverse un peu, comme si je comprenais à quoi elle succombe. Il a une façon de toiser qui vous met immédiatement en confort. Il a l'air vraiment intéressé par ce que vous dites. Il est présent d'esprit, et solide intérieurement aussi. Tout ce courage pour marcher vers elle, faire les pas qu'il faut, il l'a et bien plus encore. Il me semble qu'il est plus fort de ce sentiment qu'ils entretiennent et développent, il me semble que rien ne l'arrêtera.
Elle méritait le meilleur, je crois qu'elle se l'offre. Ce n'est pas un candidat à l'université, ce n'est pas un fils de riche, c'est un futur charpentier (quand même pas à la rue si l'on considère les salaires). Mais c'est surtout un être intègre sur qui la famille entière ressent la possibilité de se fier. Et pour ne rien gâcher, il est mignon comme tout avec ses grands yeux doux et son sourire assuré. Dans quelques années, ce sera un homme assumé et sentimental à la fois.
M'enfin, on verra bien où toute cette histoire les mènera ;o)
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dimanche 11 juillet 2010
La mémoire des émotions
Ce matin, j'ai revu mon grand-père, bien que mort depuis deux ans déjà. Sous un ciel bleu comme seule sait en étaler ardemment ma Gaspésie natale, il jouait comme un enfant avec ses deux chiens, Max et Rex. La scène avait été filmée sur vieille pellicule, du Super8 je crois. Je pouvais discerner son sourire gaillard, deviner dans ses postures et ses gestes qu'il leur parlait mentalement, sentir son plaisir malgré l'age. Même sa voix me revenait par bribes.
Sur la table de cuisine, appuyée menton sur les mains devant l'ordinateur de ma fille qui faisait rouler le disque gravé, j'ai alors reçu en plein coeur toute mon enfance, douleur mêlée de joie.
J'étais l'espace d'une seconde redevenue la petite fille qui contemplait en retrait, tel qu'il le demandait, l'un des chiens présentant un caractère retord.
On a tord de penser que le temps efface. Rien ne nous quitte de ce que nous avons été. Je crois bien qu'avec les années, certains souvenirs se cristallisent même, gagnent en clarté. Comme les émotions ne sont pas bien loin sous le vernis de la façade adulte! Lorsque nous programmons notre quotidien, nous prenons soin de nous fier sur le pilote de nos habitudes. Les couches de souvenirs qui nous composent demeurent bien sagement alignées et protégées par la plus exposée, celle qui s'est durcie au contact du grand air, celle qui doit faire face tous les jours.
Il arrive pourtant qu'elles se désalignent, les couches. C'est alors un rire qui remonte à l'air libre, une chanson, ou simplement l'impression d'une présence dont le simple fait d'en rechercher les manifestations réelles amplifie la vacuité, l'impossibilité, la finalité. Les heures passées ne reviennent plus, de même que les gens sous leur forme humaine. Je ne tiendrai plus sa main. Pourtant, il reste tellement de lui au creux de ma petite âme. Je lui en demande peut-être beaucoup, mais je sens souvent qu'il m'accompagne, qu'il sera toujours présent.
Sur cette même pellicule, je me suis vue agée d'un an environ. Quand on a trente ans passé, il est rare de posséder un vidéo de sa propre personne. Touchant, ce document réalisé en tant que souvenir familial, et ce malgré la piètre qualité des images souvent saccadées et trop rapides. Quel plaisir de voir mes parents qui s'embrassent avant leur mariage pendant un souper familial dans la vieille maison, ma grand-mère qui berce patiemment mon blondinet de petit frère tout juste marcheur, et le lac, encore le lac, le chalet, et toute la parenté que je n'ai pas connue, ces gens qui m'ont précédée et que je n'ai jamais pu remercier ou saluer...
Étrange de voir des sourires et des regards amoureux, étrange de ressentir toute cette force de vie alors que les protagonistes sont morts depuis des lunes, la plupart déjà vieux au moment du tournage. Il arrive souvent sur la bande que les grands-mamans soufflent des baisers, que les enfants saluent, ce sont autant d'appels outre-tombe qui me troublent et me rassurent tout à la fois. Ils sont mes familiers, ils m'ont ouvert la voie, je ne suis pas seule devant un vide de sens.
Point de paroles ni de sons sur cette bande, seulement la musique d'un talentueux pianiste qui tire des larmes à elle seule. Une atmosphère quasi-romantique, du noir et blanc, un véritable film muet. Et des scènes débordantes de tendresse: des bébés qui font leurs premiers pas, des mères qui les rassurent, des couples enlacés dans la brume ou dans la neige, des pics-nics familiaux sur l'herbe tendre, il y a de cela cinquante ans et plus. Les gens profitaient de la vie, oui. J'ai eu peine a y croire mais dans ma famille, avant ma naissance, mes grands-parents et leur parents dansaient le charleston au salon, au beau milieu de la marmaille, les jeunes comme les vieux s'échangeant les partenaires! Tout n'était pas triste comme on nous le raconte si souvent au sujet de la Grande Guerre! J'ai vu aussi parents et grands enfants à la même table, trouvant plaisir à s'entre-regarder mutuellement alors que chaque couple s'échangeait de longs baisers chastes. Sur cette scène, précisément, mon grand-père encadre le visage de ma grand-mère avec ses mains et dépose sur sa joue un baiser qui dure au moins une bonne minute pendant qu'elle continue de parler et de rire en levant les yeux au ciel. C'est bien ma Bea ça! ;o)
J'ai tant reconnu de ce qui compose mes familiers, bien que nous ne formions pas une famille élargie très proche et très unie. Je ressemble tant aux femmes de ma lignée, de même pour mes filles. L'air de famille est un héritage qui se transmet, et qui ne puise pas uniquement sa source dans le sang. Il y a tant aussi dans le caractère et dans la façon de vivre. Je pense bien que mes propres rubans familiaux et les milliers de photos prises de mes enfants représenteront autant quand viendra le moment d'éclairer leur propre recherche identitaire ainsi que les pans plus lointains de leur histoire. Je les entends parfois pépiller en se remémorant à partir des albums, et leur vie ne fait pourtant que commencer. Déjà, je sens bien qu'au-delà des évènements et des lieux proprement dits, il y a l'émotion recelée dans la photo qui forme un pont entre ce qu'elles sont aujourd'hui même et leur prime enfance. Ça, c'est précieux.
Aujourd'hui j'ai pleuré. J'ai aussi vieilli. J'ai marché sur des sentiers non fréquentés depuis nombres d'années. J'ai tâté mes racines, palpé tant leur source que la voie de leur émancipation, senti la continuité.
Grosse journée!
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mercredi 16 juin 2010
Dans l'air du temps...
Au beau milieu des bubus cosmiques s'empilent des cartons contenant quelques-uns de nos trésors, mais surtout beaucoup de choses plus banales. Trop de biens matériels, n'est-ce pas là ce qu'on se répète quand vient le temps de bouger? La maison commence à prendre des airs d'entrepôt, et pour certaines pièces, une dépersonnalisation des lieux nous renvoie une atmosphère plutôt froide, comme si nous y étions étrangers, déjà.
Parti, le miroir des ablutions matinales, vide, le congélateur pourvoyeur de surprises glacées. L'horloge pain d'épices , dont s'est servie ma grand-mère après sa mort pour nous faire un dernier au revoir, a quitté avant nous pour le grand voyage, vers la grande ville.
Parfois il arrive que nous mettions la patte sur des petits objets restés introuvables très longtemps, comme des billes colorées du jeu de Toc, des photos retirées des albums pour différentes raisons, des livres de bibliothèque (!!). D'autres fois, c'est un fouillis qui nous attend, une opération de classement, un désencombrement.
Chacun retrouve et perd aussi une partie de soi-même, lors des déménagements. Présentement, il flotte une ambiance de dernières fois à laquelle les enfants sont toujours sensibles en pareille circonstance. On laisse derrière les bons amis d'école, un quartier dont on a si souvent fait le tour, un terrain qu'on connait par coeur, un petit coin tranquille dans une chambre, même partagée. Bien qu'ils soient conscients de récupérer tout cela au fil d'arrivée, l'attachement sentimental des enfants envers la réalité présente demeure et s'amplifie même au décompte des jours.
La lumière et le son ne voyagent plus de la même façon dans une maison qui se vide. La symbiose de tous les éléments du décor produisait cet air du temps qui nous était familier. Désormais, on y pense constamment, au départ, puisqu'il semble prendre pied directement dans le quotidien, devançant un peu le moment prévu.
Il n'y a pas que de la nostalgie, il y a aussi de l'excitation. Un peu d'insouciance aussi, qui sera bien mise à l'épreuve durant les dernières heures du dernier jour. Petite Fleur demande tous les jours si c'est LE bon jour. Elle a très hâte de pouvoir visiter ses grands-parents plus souvent, et les enfants de nos amis également. Les deux plus vieilles quant à elles ont le sourire mitigé, car elles savent bien que les instants des adieux seront lourds à porter. Pourtant, elles sont toutes deux optimistes face à leur vie qui se transforme. Mais comme on dit: chaque chose en son temps. Pour l'heure, il y a les examens, et les dernières journées d'école, déchirantes un peu sur le plan émotif. Quels souvenirs vont-elles garder de cette effervescence? Dieu le sait!
Notre matelas nous accueille à la fin de toutes de ces journées bien remplies, dont les nuits ne sont pas réellement reposantes. Demain m'espère déjà. Je vais de ce pas récupérer pour mieux continuer de mettre en format déplacement les effets de tous et chacun.
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mercredi 9 juin 2010
Mot d'enfant
Entendu ce soir à table
Petite Fleur avale une gorgée de travers et tousse à quelques reprises avant de dire:" scuzez j'ai débordé"!
Mignon ;o)
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mercredi 19 mai 2010
Sweet Sixteen

Un age tendre, bien tendre pour le coeur de maman, et même pour celui de la fillette.
Moi et Grande Ado sommes du genre à ne pas apprécier le jour de notre anniversaire. La perspective même de cette journée nous retourne l'estomac. J'ai longuement réfléchi à la question sans obtenir de réponse satisfaisante, seulement des pistes. Je crois que cette journée nous rend vulnérables. À ce qui pourrait être hors de notre contrôle, aux surprises bonnes comme moins bonnes, aux déceptions appréhendées peut-être? Déceptions qui mordent au coeur quand on se voit délaissée, ou encore oubliée? Nous avons également horreur des cadeaux à développer, du suspense, et surtout de devoir composer une réaction polie sur le vif lorsque le cadeau, malgré la bonne intention, nous semble incongru.
Tout cela pour dire que ma grande s'est levée de mauvais poil hier matin, jour de son seizième anniversaire. J'ai laissé de côté les habituels reproches en la circonstance mais cela n'a pas suffit à lui enlever sa moue. Même sa petite soeur de deux ans lui entonnant "woyeux aniiiivesaiii" n'a pas réussi à tempérer son humeur. Elle est partie en retard.
Quand elle est rentrée vers l'heure du souper, nous étions tous à l'étage, en train de remanier les lits des deux plus jeunes. Je suis descendue avec un petit paquet cadeau que je lui destinais, inquiète de ne pas l'avoir entendue rentrer. Je l'ai alors aperçue, recroquevillée sur le divan, une jetée sur ses bras croisés malgré l'étouffante chaleur ambiante. Elle n'avait pas l'air mieux disposée que le matin même. N'empêche, maman gardais bien un dernier tour dans son sac.
Je lui dit alors de s'approcher, et j'allai mettre en marche une vieille cassette à ruban dans le lecteur, un enregistrement datant d'au moins quatorze ans. Nous nous sommes installées par terre, les jambes repliées en indien, attendant que la bande commence à émettre son contenu. D'abord la voix de Petit mari, claire comme peut l'être celle d'un jeune homme de vingt quatre ans et des poussières, qui m'alla droit au coeur. Puis la mienne, énervante bien sûr, comme c'est toujours le cas quand on s'écoute ou se regarde sur un enregistrement. Et puis, cette petite voix frêle, teintée de gêne, la sienne, douce comme du velours. Nous l'avions enregistrée pendant qu'elle prononçait son répertoire de premiers mots d'enfants à l'age de 22 mois, si maladroitement prononcés en raison d'une mauvaise audition à l'époque. "Pachon", disait-elle, pour dire poisson. Un drôle de toc toc parasitait la bande. Je lui expliquai qu'elle tenait un petit livre de carton et pointait rituellement avec son index, à répétition, avant de prononcer le mot.
Alors que je m'abimais dans mes souvenirs, en relatant ce détail, j'aperçus une larme couler sur sa joue. Surprise, je réalisai qu'elle pleurait à chaude larme. Était-ce de constater qu'il y a tellement longtemps déjà que nous prenons soin d'elle, qu'elle a déjà été notre petite princesse tout comme Petite Fleur l'est présentement, que notre amour est vieux comme le monde et qu'il traverse les âges? Je le lui ai demandé, elle m'a répondu: "je trouve ça cute" ;o)
Voila la carapace qui venait de s'effondrer. J'avais fait à son coeur un cadeau inattendu. Nous sommes parties ensembles acheter une bouteille de mousseux pour faire un toast à son seizième, elle en a pris deux verres et s'est mise à rigoler pour le reste de la soirée. Je lui ai offert entre autres choses un bijou qu'elle affectionne beaucoup et ne cesse de m'emprunter, c'est un petit coeur en argent, de couleur verte à pois argentés. La ronde des souhaits téléphoniques a commencé tout de suite après le gâteau. J'ai vu ma fille heureuse et sa journée d'anniversaire sauvée! Elle se prévoit un autre party entre amies ce jeudi, et dodo dans la tente pour finir.
J'ai l'impression que nous venons elle et moi de franchir un cap. Je viens de prendre un coup de vieux alors qu'elle est si jeune. Déjà tout ce temps passé depuis que je suis sortie de l'hôpital, encore presque adolescente moi-même, avec cette magnifique pouponne dont j'ai su prendre soin avec diligence, malgré mon jeune age. J'étais une louve, une lionne, et je le suis encore, même si elle, elle voudra bientôt quitter la tanière. sniff
C'est la ronde de la vie.
Savoure tes seize printemps, jeune fille.
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lundi 19 avril 2010
L'engagement (long, attachez votre tuque!)
L'univers de Grande Ado est bien différent du mien à son age. Quand j'avais 16 ans, les films qui jouaient au grand écran étaient remplis de scènes d'amour édifiantes ou d'épopées chevaleresques. Je pense à Robin des Bois joué par Kevin Costner, les Trois mousquetaires, etc. Chaque fille que je connaissais alors recherchait l'Amour avec un grand A. Nous parlions du nombre de bébés que nous aurions ainsi que de la façon de les élever. Bien sûr, nous allions faire carrière, mais jamais sans famille et enfants! Nous accordions énormément d'importance à ce que notre partenaire, quand nous en avions un bien entendu, ait la même vision que nous en ce qui concerne le mariage officiel (grandiose évidemment), et notre future vie de couple qui s'en suivrait. Et puis, pour passer le temps, on écoutait Michael Bolton, Hélène de Roch Voisine... Bref, l'amour romantique était au coeur des préoccupations de l'époque.
Comme les choses ont changé depuis! Aujourd'hui bien souvent, les jeunes filles à l'école sont des "chicks" ou des "sexy bitch". Au lieu de "Take on me", "Y a de l'amour dans l'air" et "Another day in Paradise" à Musique Plus, on a des vidéos Hip Hop avec des femmes objets, on a l'hyper-sexualisation, on a des films "rapides et dangeureux". On est loin de Superman! Encore plus loin de la Guerre des Tuques! Entendons-nous, cette époque-ci n'a pas inventé le sexe et le machisme mais c'est tellement, tellement partout dans l'univers des jeunes, n'est-ce pas? Et de toute façon, on ne s'offre plus une bague, maintenant on collectionne les piercing en diamants, plutôt. On ne s'entretient plus du futur, mais des fonctions de notre nouveau téléphone cellulaire ou lecteur de musique. On a tué la romance, on l'a délaissée au profit du réalisme cru, exit le rêve à l'eau de rose, vu comme une perte de temps.
C'est dans ce contexte que notre Ado a eu samedi soir le choc de sa vie. ;o) Elle qui évolue dans ce monde pratique, où les familles de la plupart de ses congénères sont tombées sous le couperet du divorce (intense, mais vrai), où l'on aborde la vie de façon inquiétante à grand coup de récession, d'épidémie grippale ou encore de réchauffement climatique, où la relation amoureuse est vue non pas comme un accomplissement mais bien comme un acte social, un passage obligé, prélude à l'union officielle qui sera encadrée et réglementée plutôt que vécue dans l'exaltation échevelée des engagements éternels (je ne parle pas de religion ici mais bien de don de soi). Dans ce monde, les coups de foudre sont devenus rares, les familles jeunes également. Dans ce monde, les gens se choisissent, se structurent, et attendent passé la trentaine pour les bébés, question de vivre avant. Dans ce monde, un élan du coeur est très souvent un élan qu'il faut contrôler, sous peine de faire de graves erreurs! Dans ce monde peu de choses durent: on déménage souvent, on change souvent de travail, pourquoi accorder tant d'importance aux gens? Qu'est-ce qu'un ami d'enfance? Qu'est-ce que le virtuel ne peut pas remplacer?
Samedi soir nous faisions un souper fondue. Notre petit dernier est un as des as! Agé de deux mois, il sait quand dormir pour nous permettre de manger, et même de discuter! Les filles étaient d'humeur gaillarde, affichant leur toute nouvelle coiffure datant de l'après-midi même, et les parents partageaient cette humeur à la faveur d'un excellent vin californien. La famille était ainsi réunie comme à tous les soirs. Grande Ado aurait exceptionnellement dû être absente pourtant, car une soirée pyjamas avait été organisée chez une copine. Cependant, les parents étant en instance de divorce, l'un d'entre eux s'était opposé à la tenue de l'évènement, semblerait-il pour gagner des points dans une guerre avec l'autre. Triste. Mais sans cela, notre discussion n'aurait pas eu lieu, alors soit.
Étrangement, quand la question survînt, je me rendis compte qu'elle n'avait jamais été posée véritablement. Notre Ado cherchait à retourner sur les traces de ses débuts dans l'existence. Elle cherchait à reconstituer l'arrivée de Petit mari dans ma vie, que je partageais alors exclusivement avec elle en monoparentale. Très certainement, ce genre d'exercice tenait de la quête identitaire. Elle nous demanda alors de relater les circonstances de notre rencontre.
Quelque part dans le récit, elle m'arrêta subitement:
Fille-"Quoi? Papa est venu habiter chez toi la journée même de votre rencontre?"
Mère-"En quelque sorte, oui. Nous avons été présentés pendant une soirée, nous avons causé toute la nuit sans nous quitter, puis convenu d'un rendez-vous le lendemain. Nous sommes allés dormir à la fin de cette seconde journée de couple, tous les deux chastement dans un même lit, pour être près l'un de l'autre tout simplement (et c'est vrai). À partir de ce moment, nous avons partagé nos nuits, et ce depuis 15 ans."
Fille-"Quoi, il n'avait pas d'appartement?"
Mère- "Bien sûr! Il est d'abord allé chercher sa brosse à dent, puis sa télévision, les restes de son frigo et sa garde-robe. Son appartement, il l'a finalement sous-loué puisqu'il ne l'habitait plus."
Fille ébahie- "Mais... pourquoi??"
Mère- "Et bien, parce que nous ne voulions plus vivre une minute l'un sans l'autre. Nous étions prêts pour notre aventure de couple et rien, ni le jugement de l'entourage, ni la raison sociale, n'aurait pu briser cet élan du coeur."
Fille- "Ça n'arrive qu'au cinéma! C'est donc bien hot!"
Mère- "Nous avons écouté notre coeur, tout simplement. Nous sommes devenus une famille, nous n'avions pas peur d'essayer, de nous engager. De toute façon, c'était plus fort que nous, c'était un coup de foudre!
Là, c'était comme si j'avais parlé d'un phénomène astronomique rarissime tel une comète frôlant la terre.
Mère- s'amusant de l'étonnement de sa progéniture: "Ce n'est pas tout: nous nous sommes fiancés trois mois plus tard".
Fille- psalmodiant les mains au ciel: "Trois mois, trois petits mois??"
Mère- toujours souriante: "Et oui, alors vînt le mariage cinq mois plus tard."
--Une bombe dans un paysage où les gens se fiancent au moins dix ans avant de passer à l'acte, sinon jamais!--
Fille- ... silence
Mère- "Une fois mariés, papa t'a adoptée quelques mois plus tard."
Fille- "Était-il obligé?"
Mère- pouffant de rire: "Mais non voyons! Mais il voulait que tu portes son nom. Il voulait aussi conserver des droits sur toi advenant mon décès. Il voulait que tu sois vraiment sa fille."
--Un engagement qui l'honore toujours et dont peu d'hommes auraient été capables, même à l'époque--
Fille- "Mais c'est une vrai histoire d'amour ça! Une vraie!!"
Mère- le coeur un peu serré devant cette spontanéité: "Je crois qu'on peut dire que cela."
Fille- "C'est rare au bout!"
-- Là, mon coeur s'est serré tout-à-fait, non pas de chagrin mais d'espoir. Je voudrais tant qu'elle puisse goûter à une relation telle que la mienne, en tant que Femme amoureuse.
Depuis quand l'amour et l'engagement sont passés de mode? Je ne sais trop. Mais je suis certaine que cela n'est pas complètement disparu. Trouveront-elles des hommes prêts à vivre vraiment à deux pour longtemps? Seront-elles des femmes prètes à cela également?
Je sais, j'ai énormément usé de généralisation dans ce billet. Notre époque n'est pas si noire, il y a encore des films et des chansons d'amour. Et certaines familles sont très unies.
Je sais aussi que tout le monde ne vit pas sa relation de couple comme nous avons vécue la nôtre. Une telle fusion n'est pas toujours faisable, ni souhaitable. C'était bon pour nous. C'était tout à fait romanesque, comme je l'avais souhaité petite fille. C'était l'Amour à notre façon à nous.
Cependant, je crois que les exemples d'engagement durable diminuent de façon alarmante dans notre société d'aujourd'hui. Nos parents dans la soixantaine en sont souvent les seuls représentants, et pour si peu d'années encore! C'est l'engagement réel qui fait la différence.
Je souhaite ardemment que notre vie de famille, et surtout notre exemple en tant que couple, fasse naître et entretenir le désir chez nos enfants de chérir les relations humaines à long terme, sans prenez-jetez, sans marchandage. Je souhaite qu'elles sachent vraiment se donner à fond sans regarder derrière, sans craindre l'échec et ainsi pécher par excès de méfiance. Je souhaite qu'elles sachent quitter parfois leur zone de confort quand le jeu en vaut la chandelle, particulièrement quand il s'agit d'aimer, quand il s'agit de procréer, quand il s'agit de vivre sans compter. J'espère qu'elles seront des Femmes à part entière, des Amoureuses passionnées, des Mères assumées, qu'elles choisissent ou non de marcher dans mes pas. Je voudrais qu'elles puissent écouter leur coeur, peu importe si celui-ci leur dicte un parcours peu commun.
Surprenant, parfois, où les soupers fondue peuvent nous entraîner !
Je crois que Grande Ado fera à nouveau des rêves romantiques. Je crois qu'elle voudra connaître le véritable amour, l'attendre s'il le faut, et l'estimer à sa juste valeur comme étant une réussite de vie et une source profonde de bonheur.
;o)
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