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mardi 7 février 2012

Sentez-vous?



L'hiver faire quelques pas derrière?

Les glaçons fondent du toit ce matin sans que la température soit au dessus de zéro, uniquement par la force du soleil!

Y a pas que le gazon qui réapparait lorsque l'hiver cède son emprise... mon petit chien nous a laissé pleins de petits cadeaux que l'on doit ramasser vite fait sinon on se retrouve à faire un périlleux slalom entre les dépots!

Depuis mon cerveau embrumé par les miasmes d'un rhume lent à quitter, je voulais partager cet élan: on est reparti du bon côté! hihihi!

Nous qui ne pratiquons aucun sport d'hiver, la chaussée sèche nous manque gravement. Vivement les promenades à vélo et les longues marches dans le vent tiède du soir!

Je l'ai déjà dit ici? Je n'aime pas l'hiver. Nullement dans mon intention de m'en plaindre abondamment, je suis habituée depuis si longtemps à toutes les facettes de notre vie dans la belle province. Pourtant, la sensation d'enfermement et de palalysie se fait pesante au mois de février, même pour les âmes les plus endurcies. Depuis si lontemps déjà, au moins deux mois bien comptés, nous sommes plongés dans cette hivernation. Il reste au moins six semaines à cette longue attente.

J'ai trouvé le moyen d'alléger cette interminable progression vers le beau temps: l'entrainement en gym. Bon, je n'ai pas réinventé la roue ici! Mes hivers (les deux derniers) s'écoulent cependant beaucoup plus vite au rythme des séances de zumba (3h x sem), de cardio-piscine (1xsem) et de musculation. J'avoue que la danse me motive davantage que les levées de poids, mais il s'agit là d'un mal nécessaire pour élever le métabolisme que de renforcer les muscles. Je ne pensais jamais faire du sport intérieur mais c'est tellement mieux que de se laisser engourdir comme une marmotte aussitôt les premiers flocons venus! Certes j'ai perdu du poids, mais c'est un avantage marginal. Je suis ferme, je suis forte, j'ai de l'énergie! J'ai plus de puissance abdominale que mon Homme ;o) Sentez la fierté! *lol* Et croyez-moi, il en bénéficie :oP

J'y vais cependant à mon rythme: pas de frénésie, pas de garochage à coup de 6-7 séances par semaine pour m'épuiser et me démotiver. J'ai réussi à faire du conditionnement physique une hygiène de vie, pas une expérience dont on se lasse. J'ai trouvé un équilibre entre mon beat de vie et l'exercice.

Je suis assez fière de ce changement, qui m'aura demandé beaucoup d'efforts à installer, mais qui en valait grandement la peine! Ceux et celles qui n'ont jamais fait de zumba, prenez garde de vous imaginez qu'il ne s'agit que de quelques "steppettes" ;o) C'est plutôt exigeant, mais aussi très agréable: c'est comme aller cluber en toute légitimité hihihi!

mardi 10 mai 2011

Billet de beau temps!



Ah qu'il fait bon s'éveiller tôt, même quand on ne le désire pas vraiment, avec les ardents rayons de Galarneau transperçant les rideaux et les réchauffant déjà. On est tellement mieux disposés, déjà, quand la lumière assiste notre réveil. La pure, la vraie, pas celle d'une lampe!

Chaque matin quand je vais porter JS à l'école, j'en profite pour faire un bain de soleil et me laisser bercer par le chant des oiseaux. C'est vraiment fantastique le printemps! Ça valait la peine d'attendre tout ce temps!

Je ne suis pas seule à prendre des bains de soleil! :o) Mes tomates ont également commencé les leurs! Il faut les acclimater, ces petites pousses là! Et bon, je dois avouer que je suis envahie! Les mettre sur le balcon me procure un soulagement momentané!Ce qui apparaît sur la photo n'est que le tiers de mes plants... ouf!


Certains d'entre eux sont si avancés que les fleurs se pointent!


Pour terminer, voici la petite attention que j'ai reçue à la Fête des mamans!


Les fleurs étaient accompagnées d'un billet doux me redisant tendrement son amour, et me témoignant toute son admiration devant mon "travail" de maman. La meilleure mère que j'aurais pu souhaiter pour mes enfants. Wow! Merci amour! Je suis touchée! Vous l'ai-je déjà dit qu'il me chavirait le coeur, celui-là? ;o))

mercredi 30 mars 2011

Des nouvelles!



Femme Libre demandait récemment des nouvelles de mes plans de tomates: ils se portent à merveille! En voici la preuve!


Définitivement, j'adore cette expérience! Cela fait naître en moi des projets à long terme, peu coûteux et exhaltants. J'aimerais bien avoir une serre attenante à ma maison un jour, un solarium. Ventilée, approvisionnée en eau de pluie, etc. Une petite portion auto-suffisante à l'année de notre alimentation pourrait ainsi se réaliser! Bon, je rêve, mais ça me fait du bien ;o)


Ces jours-ci, je dois m'efforcer de positiver car contrairement à bien des gens que je côtoie, je le vois, moi, le côté gravissime de toute la crise nucléaire au Japon. La crise humanitaire certes, mais la crise planétaire, bientôt. Ça inquiète de mettre des enfants au monde et de craindre pour leur santé dans un tel contexte (pluies radioactives, contamination de chaîne alimentaire, etc.). Ne parlons même pas des petiots japonais! J'espère de tout coeur être alarmiste là, juste là. J'espère être mal informée, intoxiquée par la peur, j'espère rire de mon état d'esprit actuel un jour. Comme je souhaite être cette personne ridicule, cette freak. Mais de penser à tout ce nucléaire sur la planète n'a rien de rassurant. Qu'on ne vienne pas me dire que c'est propre. Ce lieu commun me semble bien usé par les temps qui courent.


Je suis désabusée de l'ambiance économique et politique actuelle: pourquoi tous les pays du monde ne mettent-ils pas en oeuvre conjointement tous les moyens possibles et imaginables pour venir à bout de ce problème, sans égard aux coûts engendrés? Parce que les chiffres en bourses sont plus importants que les vies humaines. Pourquoi ne se préoccupe-t-on pas de ce qui advient dans la cours du voisin, sauf quand on peut en tirer profit? À plus forte raison quand ce qui s'y passe (le danger) pourrait évoluer et s'étendre à tous?


Pourquoi la censure est-elle toujours le seul moyen de tout guérir? La plupart des gens ont mis cet épisode derrière eux, puisque les médias n'en font plus état. N'en parlons pas, ça passera... Sauf que ça continue et pire encore! Pour de longs mois encore, sinon des années! Trouver un coupable, entâmer des poursuites, ça ne changera rien. Il faut en parler, il faut prendre des décisions pour le futur, il faut comprendre et connaître les données exactes.


Bref, ces jours-ci je n'ai qu'une envie, celle de me concentrer sur le beau de ce que la vie m'apporte. Garder les deux pieds sur terre, surtout. Et continuer à vivre normalement, à projeter normalement, à rêver. Essentiel. C'est difficile quand on ouvre son regard à de larges perspectives. Mais en même temps on ne peut pas non plus être une fenêtre constamment ouverte sur les problèmes du monde entier, au risque d'en devenir fou *soupirs*. Comme le reste des Hommes, j'attends la suite et j'espère tout en menant ma propre barque. Même que, je prie.

mercredi 16 février 2011

De la poésie en musique pour nos petits




Arrivé dans ma chaumière par pur hasard, caché dans une boite d'objets donnés, "Un trésors dans mon jardin" fait la pure joie de Petite Fleur qui l'écoute en boucle. Un trait de génie créatif d'un Grand Artiste.

Je suis incapable d'écouter ce CD sans que l'émotion étrangle délicieusement ma gorge, bercée par ces chansons complètement magiques s'adressant au coeur sans égard à son âge. Tantôt "patrimoniales", tantôt crées de toutes pièces, les mélopées de cet album de Gilles Vigneault sont interprétées par nos artistes d'ici, avec des intonations renouvellées, et tant de brio!

Des chansons bien québécoises, du beau français, des voix connues, des relents d'enfance.
Du Vigneault pour nos petits!

La chanson pomme, interpétée par Linda Lemay, me fera toujours revoir mon petit blondinet aux portes du sommeil. Berceuse pour Julie (interprétée par Daniel Lemire) évoque si bien nos coeurs de parents serrés et confiants à la fois, devant nos enfants qui grandissent. Les amours, les travaux parle à l'âme de nos petits amours, imageant le cycle de la vie, la ronde des saisons, et la grande communauté humaine. Ainsi va la trame musicale, parsemée ici et là par des rigodons plus joyeux et des comptines.

Je suis complètement sous le charme.

jeudi 6 janvier 2011

Inaugural / otite *édité x2




... ce premier message de l'année! Mais la trame de notre quotidien n'a rien de nouveau pour l'heure! Nous commençons l'année dans les microbes et c'est petit Lutin qui écope le plus durement. Un peu à la façon de Petite Fleur en 2009, sauf qu'elle avait dépassé son 1 an, alors que Lutin aura 11 mois bientôt.

Et l'âge c'est important. Car Lutin fait une otite, et c'est sa deuxième en un mois (mais celle-ci n'est pas dans la même oreille). Et les médecins veulent que nous traitions avec un deuxième antibiotique sans égards à l'évolution de son malaise, puisqu'il est sous la barre des deux ans. J'ai décidé de lui laisser une chance puisqu'il semble aller mieux, la douleur étant beaucoup plus discrète et l'état général assez bon, malgré le fait que la fièvre se repointe (faible tout de même) sitôt les effets de l'antipyrétique dissipés. Je connais les risques, mais je veux donner le traitement en toute connaissance de cause également. Si la fièvre se prolonge au-delà de cette deuxième journée, ou qu'elle augmente, je devrai m'y résigner. Ce sera une méchante bactérie.

Mais il existe encore une chance que ce soit le vilain rhume qui affecte son tympan. Je suis bien mal faite mais j'ai tendance à exercer mon esprit critique, ceci dit en tout respect pour les soignants qui se dévouent. Parfois certains protocoles médicaux sont appliqués de façon unilatérale parce que les médecins n'ont plus le temps de faire du cas par cas, de l'observation, et même des prélèvements... Quand on sait que bien peu d'otites ne guérissent pas toutes seules... ça vaut la peine de laisser un petit 24-48h avant la prise du traitement, je crois. Surtout que nous avons consulté 5h après l'apparition des premiers symptômes pour être certains qu'il ne s'agissait pas de la précédente otite, mal guérie! M'enfin, c'est tout moi, ça!


Ah! J'oubliais: BONNE ANNÉE 2011 cher(e)s lecteurs/trices! :-)

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Hier matin, suite à vos commentaires sur la chiropatie, je me suis décidée à contacter mon praticien, le seul en qui j'ai vraiment confiance avec mes enfants, et dont j'avais évidemment dû me passer à Québec. J'ai composé le numéro de la clinique pour apprendre qu'elle était fermée les mercredi. Malheur à moi! Il me fallait faire quelque chose immédiatement parce que chaque journée compte dans ce type de tableau, avec un enfant si jeune. Je me suis donc tournée vers l'ostéopathie.

Une gentille docteure référée par des amis a "ajouté" mon garçon à sa journée déjà chargée, par pur altruisme. Nous nous sommes rendus moi et Lutin hier en fin d'après-midi pour recevoir le premier traitement. Il a pleuré, mais c'était d'agacement profond. Nul douleur dans ces traitements d'une douceur remarquable. Quand nous sommes repartis, il était plus moche que jamais. Dû pour une dose de tempra, fatigué par sa crise de larme, et par sa sieste tronquée, il m'inquiétait franchement au retour à la maison. Il s'est mis à faire de la fièvre en flèche, passant d'un léger 38 à un bon 39.5. J'ai pensé: les carottes sont cuites, mais j'ai cependant résolu d'attendre au lendemain, sachant que la fièvre peut parfois être salutaire quand elle est contrôlée, bien sûr.

Cette nuit, il en faisait encore quand nous le "contrôlions", mais il était calme et souriant. J'ai trouvé cela étrange mais ça me rassurait. Et ce matin, toute la fièvre est tombée, sans qu'il soit sous l'effet de quoi que ce soit!

Je ne me fais pas d'illusion, il pourrait en refaire aujourd'hui par petites bourrées légères. Mais une totale accalmie c'est un baume sur notre coeur. Un espoir que ce pic de température était en fait un grand élan que le corps se donnait, suite au drainage des oreilles et du nez par les manipulations, pour se clairer complètement du méchant bobo.

Réussira-t-on à se passer de l'antibiotique? À suivre!

S'il cesse de faire de la fièvre, je vais laisser passer la fin de semaine et faire vérifier son oreille par le médecin au courant de la semaine prochaine. Ce sera plus sage.

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Antibio= 1 Lutin = 0

Ça a juste pas de sens après 4 jours la fièvre varie, mais ne le laisse pas en repos. De plus, il s'est mis à tousser gras, et moucher jaune...
Ce matin, il fait du 39.5 avancé et il est moche, moche, moche!
Alors, on le donne! Il en a finalement besoin.
On "travaillera" le terrain, après!

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Plus de fièvre après 24h de traitement. C'était bactérien.
On continue les traitements en ostéo cette semaine pour bien drainer. On ne veut plus que ça se produise!!!!

jeudi 30 décembre 2010

Pensive en ce jour de ... ma Fête!



Plusieurs questions de haute importance se présentent à mon esprit en ce petit matin endormi dont celle-ci:

Que sont réellement les vacances, sinon une occasion de s'épuiser davantage, et visiter des bas fonds de lassitude encore jamais atteints? *lol* C'est en effet une succession d'occasions sans temps de repos, à la faveur desquelles les enfants se transforment en véritables suppots de satan, ou en grands lamentateurs du mur de Jérémie. Ce matin, je proclamerais bien volontier la fin de mon temps des Fêtes 2010! Raison principale: gros manque de sommeil! Et envie de se remettre à une alimentation plus saine et plus diversifiée que la dinde, le cipaille et la tourte...

Les autres pensées se résument nébuleusement en une sorte de bilan de mi-trentaine, que je me propose difficilement de faire, mon cortex étant encore ralenti par la fatigue. Nous sommes allés dans une réunion de famille (élargie) hier et tous considéraient notre grosse famille comme une curiosité agréable à côtoyer. La plupart des personnes présentes étaient des avocats, des médecins et des gens d'affaire, du plus jeune au plus vieux de mes cousin(e)s. Moi (mari et enfants) et mes parents (à la retraite) étions véritablement les parents pauvres de l'assemblée. Et pourtant je ne me sens pas pauvre, nullement. Même à un seul salaire, même si nous devons budgéter. Je me demande bien ce qu'ils peuvent penser de nos choix de vie. Toujours est-il que nous avions ce rêve, d'une famille nombreuse, et en le réalisant nous avons choisi notre chemin. Un chemin différent de la masse, et peut-être justement plus attirant à mes yeux parce que plus rare, moins fréquenté. Je suis également en profonde adéquation avec les valeurs qui sous-tendent l'intégralité de l'itinéraire.

Dans la vie, je pense que la chose la plus importante c'est d'écouter son coeur. On ne vit qu'une fois, ce que nous choisissons de faire doit nous combler entièrement. Autrement, cette sentation de vide, ressentie par certaines personnes à l'idée d'incrémenter leur nombre d'années de vie au soir de leur anniversaire, se fera de plus en plus mordante au fil du temps. Comme une impression d'être à côté de la coche.

Je pense que je suis exactement au bon "endroit" pour mes 36 ans, par rapport à mes rêves et mes projets. Et l'année qui vient devrait placer beaucoup de choses.

Alors, même si je grince un peu à l'idée du premier cheveu blanc qui ne tardera pas à se faufiler dans ma tignasse, je pense que je peux réellement me réjouir d'être en seconde partie de trentaine.

Bonne Fête à moi! :o)

lundi 22 novembre 2010

J'ai changé



On change tous, heureusement parfois.

Il y a quelques années, je voulais fuir à Tombouctou. Je me disais que j'avais été gratifiée de la famille (élargie) la plus inintéressante et la moins apte à me comprendre au monde! Et que dire de la belle-famille? J'ai changé. Je m'assume mieux, et j'accueille aussi davantage.

Il m'arrivait de porter certains jugements très durs envers des membres de ma famille devant les enfants, ternissant du même coup le regard qu'elles portaient sur ces personnes. J'aurais dû savoir qu'on ne doit pas éteindre l'affection de nature filiale qui ne demande qu'à exister tout naturellement, pour des raisons d'orgueil ou de perception personnelle. Je trime encore durement pour réparer ce biais introduit par ma faute dans la tête des filles. J'y arrive presque, oui. Aujourd'hui je fais attention. Je leur présente le côté positif d'abord. J'essaie de les laisser à leurs propres idées, qu'elles sauront étoffer par la suite de leurs expériences. À moins bien entendu que la personne en tant que tel pose un danger ou un problème!

Les gens ne sont pas ce que nous pensons qu'ils devraient être. Ils ont leurs propres motivations, leurs propres névroses aussi. Et à la base, l'intention est rarement de blesser, même si au passage, on se retrouve égratigné ou lésé. Il faut accueillir la différence, et à la fois respecter ses propres limites. Équilibre souhaitable.

Il y eu la froideur et la maladresse parentale, les histoires de drogue et de belle-soeur, les parrains absents, les marraines distantes, les grands-mères indignes. Ajouté à cela tous mes écarts personnels, mes mots durs ou mes actes impulsifs. Autant de fresques et de frasques aux couleurs humaines. Autant de liens malmenés mais en même temps indissolubles. Et le temps qui passe dérobe la saveur des choses, de la bonne manière, afin d'en doser le tanin, le fiel, et l'amertume. Tout ce beau monde chemine, aussi, et nous arrivons à nous surprendre agréablement au fil des ans.

Aujourd'hui, je fais davantage de la place aux rapports familiaux. J'enseigne mieux à mes enfants le caractère précieux et unique de la famille depuis que je leur parle de cette importance que nous avons les uns pour les autres, valable également pour les tantes, les oncles et les grands-parents qui se montrent parfois indignes de cet épithète de par leurs longs silences.

Aujourd'hui je me suis rapprochée de ma mère, et nous nous parlons sans nous écorcher. Je sens de la tendresse chez mon père, là où elle a probablement toujours été. Je pardonne à la famille de mon Homme de ne pas partager notre rêve de famille nombreuse intégralement. Après tout, ils n'ont pas eu la chance d'être aussi près de nous qu'ils l'auraient vraisemblablement souhaité.

J'essaie aussi d'accueillir chaque conflit en l'enveloppant d'une aura de bonne volonté. À moins d'une offense majeure ou d'une relation destructrice, aucun lien ne mérite d'être définitivement rompu. Le mal qu'une telle coupure engendre est grand, surtout quand l'orgueil y est mêlé. Et l'affrontement perdant son sens au fil des ans, il arrive que le mutisme se maintienne sans raison. Un pan de l'histoire familiale se déchire alors. Parfois un tout petit pan, mais parfois aussi un grand trou.

Avant j'étais pour la ligne dure. J'ai changé.

lundi 15 novembre 2010

Improductive et captivée: la faute à Gabaldon




Je ne me sens pas d'inspiration pour de longs billets réfléchis ces jours-ci. J'y vais donc avec des morceaux de quotidien, dont voici un exemple.

Je viens de verser du côté obscur de la force, menacée d'une grande improductivité. La faute en est à cette auteure et à sa série historique dont le dernier tôme vient de paraître. Le sort en a voulu ainsi: je suis entrée dans le grand magasin bleu de la surconsommation (honte honte à l'écolo) et l'étalage m'est sauté au visage, à prix modique de surcroît.

C'est reparti pour un épisode de maman complètement sourde qui oublie même la nécessité de manger pour survivre! Petit mari a levé les yeux au ciel quand il m'a vue placer la saga tant attendue au panier d'achat. C'est qu'il est parfaitement au courant de ce qu'une rage de lecture entraîne comme conséquences. Et peut-être un peu jaloux aussi des épisodes sensuels avec Jamie Fraser qui ponctuent agréablement le récit. Les fans sauront tout de suite de quoi je parle ;o)

C'est fou comme la lecture est en soi une véritable évasion. Bon d'accord, le style est grand public, et l'auteure ne réinvente pas tout à fait le genre bien que la part surnaturelle juste bien dosée arrose le récit historique de magie. Mais la plume est bonne, les personnages solides et les moments forts agissent comme des catalyseurs de tous nos rêves romanesques de petite fille.

J'aime!

vendredi 5 novembre 2010

Sommeil, quand je te fuis



Ohhhh!!!! Comme mon lit était bon ce matin, et comme j'ai dû le quitter à regret. Pourquoi est-ce que les nuits les plus merdiques côté réveils-de-bébé surviennent toujours quand on a la ferme intention de dormir peu, mais profondément, vu l'heure tardive à laquelle on est allé au lit? Chaque fois que je prolonge ma veille plus tard qu'à l'habitude, j'en paie le prix! Mon repos nocturne est devenu une chose dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. En bon français: je me call les shots.

Mystère: lutin est insomniaque depuis deux jours, de nuit comme de jour. Je viens de le coucher pour sa sieste et il est déjà réveillé. Cette nuit, il s'est agité et mis sur le ventre au moins une quinzaine de fois. Quelque chose doit le déranger!

Résultat: je suis épuisée. Et c'est précisément ce soir qu'à lieu la réunion familiale prévue il y a un bout.

Constat: je me couche trop tard depuis des lunes. Depuis que BB4 est entré dans notre vie, et ce pour encore un bout vu son jeune âge, il me faut prendre les bouchées doubles si je désire un peu de temps pour moi. La famille nombreuse, c'est beau mais c'est un sacrifice personnel à tout instant. Légèrement frustrée de cet état de fait, je me rabats sur la nuit pour compenser. Ainsi, quand la maison est silencieuse, et que mari-maçon va au lit, je me sens en liberté, enfin. C'est le temps de faire des mots croisés sur Facebook ou encore de lire un bon roman. Mais pendant ce temps, à l'autre bout du spectre temporel de 24 heures, ma nuit rétrécit comme peau de chagrin. Les effets psychologiques sont merveilleux, mais les effets physiologiques sont ô combien désastreux. Je suis en quelque sorte devenue un oiseau de nuit malgré moi. Le sommeil ne me vient plus à une heure normale. Ou plutôt, le train du sommeil passe, mais je refuse d'y prendre place. J'ai encore besoin de souffler.

Je ne sais pas trop comment je vais me saisir de ce problème. Je suppose que le temps arrangera les choses, les bébés prenant de l'âge. Mais je ne souhaite pas attendre l'épuisement non plus!

mardi 26 octobre 2010

Deuil de bedaines et de bébés naissants



Ce soir, j'entendais Grande Ado causer avec l'Amoureux au téléphone, elle parlait de moi en ces termes: "MaMama". Cela donnait quelque chose comme: "j'aurai avec moi le cellulaire de ma maman, ma maman est au courant, ma maman voulait savoir si"... Intérieurement, j'ai ri en me disant qu'au fond, ils grandissent, mais pas si vite qu'ils veulent bien nous le faire croire. Et ce malgré les moments assez mouvementés qu'ils nous font vivre parfois, sur ce chemin de l'indépendance.

Jolie Sportive a certainement grandi d'un pied depuis une année. Les hormones ont façonné son corps de petite fille, le temps a allongé sa chevelure, et approfondi son regard. Elle sait prendre position, elle sait prendre des décisions, mais elle tient absolument à m'embrasser chaque fois que je quitte la maison, même pour aller au dépanneur. Je crois que cette enfant a toujours eu une peur viscérale de me voir mourir. Elle a encore besoin de ce rituel un peu superstitieux.

Petite Fleur sait maintenant gagner les toilettes toute seule, manger aussi, elle arrive presque à s'habiller de pied en cap. Elle cause comme une enfant de maternelle et sait tout son alphabet. Mais... elle se réveille encore la nuit pour être rassurée, comme un nouveau-né.

Quand à bébé Lutin, il rampe presque, s'assied longtemps sans faiblesse, a prononcé son premier mot: "viens-t'en". Mais lui, c'est encore un bébé, heureusement. Oui, heureusement. Il est si craquant! Chaque fois que mon coeur fond devant l'un de ses sourires si candides, je me demande comment j'aurais pu vivre sans lui, sans ce petit quatrième aux cheveux dorés, aux allures d'un archange descendu du ciel, si patient, si sage déjà, si aimant et conciliant.

Et chaque fois mon coeur se tord aussi à la perspective du deuil qui s'impose à moi. Plus jamais un autre bébé ne posera son regard sur mon visage de mère après celui-là. Leurs yeux contempleront sans doute un visage de grand-mère, éclairé mais vieilli. Et ils chercheront bien vite les yeux de cette autre femme, celle qui assure leur survie. Leurs petits bras, leur chaleur odorante, leur poids plume, véritables réconforts, véritables remparts à la grisaille et la fatalité. Tout celà est mien pour encore quelques mois, puis ce sera ... autre chose.

Comme disait l'Homme en me regardant pleurer sur l'une des publicité éducatives du gouvernement (...dans ce parc, il y a un enfant qui apprend à se faire des amis, et cet enfant c'est lui, le bébé de deux mois qui fait des imitations avec sa maman), il faut maintenant les élever! Pleurer comme une conne, je vous dis, à contempler toute la confiance dans le regard du bébé. Et pourtant j'en ai plein les bras! Moi et Petit mari fonctionnons à plein régime, constamment, pour que tout baigne. Il y a toujours un nez à moucher, un souper à commencer ou une brassée à plier!! Et de tels regards, nous en avons tellement reçus. Choyés nous avons été.

Je sens que ma famille est complète. Je pense que je peux sincèrement faire mon deuil. Mais qui a dit qu'un deuil c'était moins douloureux quand c'était raisonnable? J'aurai toujours cette nostalgie du petit être entièrement dépendant et extraordinairement attachant, et attaché. Il y aura toujours cet élan vers le cri, ce désir de consoler, cette larme avec les leurs, cette envie de lover ma bouche au creux des petits plis du cou, celle de humer les petits cheveux. Je suis une mère de profession (comme on dit dentiste de profession, etc).

Heureusement, ils ont toujours besoin un jour ou l'autre de maman. J'essuierai probablement d'autres larmes, et j'aurai toujours une bonne soupe sur le feu dans les moments plus difficiles. Malgré leurs longs bras, leurs grands pieds, au fond, ils seront toujours mes bébés.

vendredi 8 octobre 2010

Si désorganisée, parfois! ;-)



Avec l'âge, et le nombre d'enfants aidant, j'ai développé un arsenal de stratégies pour sauver du temps, des stratégies le plus souvent paresseuses. Cela fait de moi, à mon grand dam, une personne parfois très désorganisée, mais toujours je parviens à mes fins. M'enfin, la chance a toujours été dans mon camp jusqu'à maintenant, mais cela a failli changer hier.

Chaque matin depuis notre déménagement, je dois reconduire Jolie Sportive à l'école. Lors de notre précédent déménagement, elle avait été inscrite dans la localité voisine à un programme de son choix, il était donc impensable de modifier cela. Je le fais de bonne grâce car j'ai à coeur sa réussite et sa motivation, surtout. Dès le départ, un plan de match du moindre effort a été établi: Grande Ado assure la garde des deux plus jeunes souvent encore endormis tandis que je fais le trajet, m'assurant d'être de retour quinze minutes plus tard, moment où elle peut quitter pour attraper son autobus.

Hier matin, je fais comme à l'habitude. Levée tardivement (7:30), j'enfile un bas de pyjama (trop paresseuse pour m'habiller), encore sur le radar je saisis mes clés en laissant là ma bourse, je laisse à Grande Ado le bébé en me disant qu'il mangera au retour puisque son humeur le permet. Il pleut des cordes mais la radio joue à tue-tête, un bon début de journée quoi! Une légère envie me tenaille le bas du ventre mais je peux bien me retenir pour une dizaine de minutes!

Arrivée au bout de la rue, j'applique les freins sèchement. Partout où se pose mon regard, les voitures sont en file, en montant comme en descendant, d'est en ouest. Prise dans cet engrenage, moi et mon envie de pipi prenons notre place dans le traffic non sans inquiétude. Un bref coup d'oeil à l'horloge numérique nous informe que Jolie Sportive ne pourra être à temps. Comment faire demi-tour? Il faut aller beaucoup plus loin, dépasser la bretelle complètement congestionnée. Au dessus du viaduc, nous pouvons apercevoir l'étendue de notre misère: la route est un véritable stationnement. Je n'en connais pas la raison; il semble que les gens sont plus prudents en raison de la pluie mais aucun accident en vue.

Tout à coup, j'avise ma jauge d'essence: vide, vide, vide! C'est vrai: je devais faire le plein hier, oups! Pas question d'aller plus loin! Mais j'habite une ville sans station service. S'il n'y avait eu la circulation lourde, je me serais rendue sans encombres à un poste d'essence sur le chemin de l'école. Chose impossible pour l'heure. Tout en réfléchissant à la façon la plus rapide de remédier à ce nouveau problème, je tends la main vers le bas à la recherche de ma sacoche, qui on s'en rappelle, est demeurée sur le banc de l'entrée. Évidement, elle brille par son absence! Me voilà dans le traffic, en pyjama, sans argent, par une température de fou, avec à la maison un bébé qui aura bientôt faim, sans téléphone, sans ressources pour ainsi dire! Il faut absolument faire demi-tour! L'heure avance et Grande Ado ratera son autobus! Tout en rebroussant chemin, j'arrache mentalement chacun de mes cheveux bouclés en y laissant un peu de ma santé mentale. Comment puis-je risquer de me mettre aussi profondément dans le pétrin???? Une adolescente n'aurait pas fait mieux!

J'ai mis quinze minutes à redescendre la côte et rentrer à la maison avec Jolie Sportive. L'auto consommait ses dernières gouttes d'essence, peut-être même les dernières vapeurs! Grande Ado a attrapé son autobus de justesse.

Qu'ai-je fait aujourd'hui? Je suis encore partie sans ressources (avec de l'essence tout de même)! Ce matin, tout était normal, mais j'ai quand même eu une seconde de découragement à me regarder aller... Ah! Je suis parcontre allée aux toilettes avant de partir! Si,si,si!

À votre avis, à trente cinq ans passées, on se dompte un jour d'être désorganisée?

dimanche 11 juillet 2010

La mémoire des émotions



Ce matin, j'ai revu mon grand-père, bien que mort depuis deux ans déjà. Sous un ciel bleu comme seule sait en étaler ardemment ma Gaspésie natale, il jouait comme un enfant avec ses deux chiens, Max et Rex. La scène avait été filmée sur vieille pellicule, du Super8 je crois. Je pouvais discerner son sourire gaillard, deviner dans ses postures et ses gestes qu'il leur parlait mentalement, sentir son plaisir malgré l'age. Même sa voix me revenait par bribes.

Sur la table de cuisine, appuyée menton sur les mains devant l'ordinateur de ma fille qui faisait rouler le disque gravé, j'ai alors reçu en plein coeur toute mon enfance, douleur mêlée de joie.

J'étais l'espace d'une seconde redevenue la petite fille qui contemplait en retrait, tel qu'il le demandait, l'un des chiens présentant un caractère retord.

On a tord de penser que le temps efface. Rien ne nous quitte de ce que nous avons été. Je crois bien qu'avec les années, certains souvenirs se cristallisent même, gagnent en clarté. Comme les émotions ne sont pas bien loin sous le vernis de la façade adulte! Lorsque nous programmons notre quotidien, nous prenons soin de nous fier sur le pilote de nos habitudes. Les couches de souvenirs qui nous composent demeurent bien sagement alignées et protégées par la plus exposée, celle qui s'est durcie au contact du grand air, celle qui doit faire face tous les jours.

Il arrive pourtant qu'elles se désalignent, les couches. C'est alors un rire qui remonte à l'air libre, une chanson, ou simplement l'impression d'une présence dont le simple fait d'en rechercher les manifestations réelles amplifie la vacuité, l'impossibilité, la finalité. Les heures passées ne reviennent plus, de même que les gens sous leur forme humaine. Je ne tiendrai plus sa main. Pourtant, il reste tellement de lui au creux de ma petite âme. Je lui en demande peut-être beaucoup, mais je sens souvent qu'il m'accompagne, qu'il sera toujours présent.

Sur cette même pellicule, je me suis vue agée d'un an environ. Quand on a trente ans passé, il est rare de posséder un vidéo de sa propre personne. Touchant, ce document réalisé en tant que souvenir familial, et ce malgré la piètre qualité des images souvent saccadées et trop rapides. Quel plaisir de voir mes parents qui s'embrassent avant leur mariage pendant un souper familial dans la vieille maison, ma grand-mère qui berce patiemment mon blondinet de petit frère tout juste marcheur, et le lac, encore le lac, le chalet, et toute la parenté que je n'ai pas connue, ces gens qui m'ont précédée et que je n'ai jamais pu remercier ou saluer...

Étrange de voir des sourires et des regards amoureux, étrange de ressentir toute cette force de vie alors que les protagonistes sont morts depuis des lunes, la plupart déjà vieux au moment du tournage. Il arrive souvent sur la bande que les grands-mamans soufflent des baisers, que les enfants saluent, ce sont autant d'appels outre-tombe qui me troublent et me rassurent tout à la fois. Ils sont mes familiers, ils m'ont ouvert la voie, je ne suis pas seule devant un vide de sens.

Point de paroles ni de sons sur cette bande, seulement la musique d'un talentueux pianiste qui tire des larmes à elle seule. Une atmosphère quasi-romantique, du noir et blanc, un véritable film muet. Et des scènes débordantes de tendresse: des bébés qui font leurs premiers pas, des mères qui les rassurent, des couples enlacés dans la brume ou dans la neige, des pics-nics familiaux sur l'herbe tendre, il y a de cela cinquante ans et plus. Les gens profitaient de la vie, oui. J'ai eu peine a y croire mais dans ma famille, avant ma naissance, mes grands-parents et leur parents dansaient le charleston au salon, au beau milieu de la marmaille, les jeunes comme les vieux s'échangeant les partenaires! Tout n'était pas triste comme on nous le raconte si souvent au sujet de la Grande Guerre! J'ai vu aussi parents et grands enfants à la même table, trouvant plaisir à s'entre-regarder mutuellement alors que chaque couple s'échangeait de longs baisers chastes. Sur cette scène, précisément, mon grand-père encadre le visage de ma grand-mère avec ses mains et dépose sur sa joue un baiser qui dure au moins une bonne minute pendant qu'elle continue de parler et de rire en levant les yeux au ciel. C'est bien ma Bea ça! ;o)

J'ai tant reconnu de ce qui compose mes familiers, bien que nous ne formions pas une famille élargie très proche et très unie. Je ressemble tant aux femmes de ma lignée, de même pour mes filles. L'air de famille est un héritage qui se transmet, et qui ne puise pas uniquement sa source dans le sang. Il y a tant aussi dans le caractère et dans la façon de vivre. Je pense bien que mes propres rubans familiaux et les milliers de photos prises de mes enfants représenteront autant quand viendra le moment d'éclairer leur propre recherche identitaire ainsi que les pans plus lointains de leur histoire. Je les entends parfois pépiller en se remémorant à partir des albums, et leur vie ne fait pourtant que commencer. Déjà, je sens bien qu'au-delà des évènements et des lieux proprement dits, il y a l'émotion recelée dans la photo qui forme un pont entre ce qu'elles sont aujourd'hui même et leur prime enfance. Ça, c'est précieux.

Aujourd'hui j'ai pleuré. J'ai aussi vieilli. J'ai marché sur des sentiers non fréquentés depuis nombres d'années. J'ai tâté mes racines, palpé tant leur source que la voie de leur émancipation, senti la continuité.

Grosse journée!

mardi 8 juin 2010

CARPE DIEM





Ces temps-ci sur la sphère, il circule un vent de contemplation, une mode de questionnement existentiel. On a parlé des mères ici, de l'importance d'accomplir ses rêves ici, de rêver le monde ici ( billet 100%papier) et j'en passe!! Je voudrais quant à moi parler du présent et de ma nécessité de jouir de chaque journée pour ce qu'elle est.

Ce qui occupe nos vies ces-temps-ci c'est notre déménagement. C'est une grande étape, un cap mouvementé mais tellement attendu. J'en ai déjà parlé ici et aussi . Il nous a fallu beaucoup d'efforts concertés, des sacrifices de la part de chacun des membres de cette famille, des renoncements, de la patience. Et moi, j'ai dû consoler, faire la visionnaire, motiver les troupes tandis que l'Homme mettait toutes les bouchées doubles pour concrétiser ce rêve, pour le mettre en action.

Ce ne fut pas toujours facile. Et bien que nous y touchions, il me semble que nous arrivons au but avec un essoufflement manifeste. Je me rend compte pour ma part que j'ai développé une certaine attitude mentale qui m'a permis d'avancer dans tout ça en gardant la tête haute, mécanisme que je devrai maintenant désapprendre au moins un peu si je veux toucher enfin à un certain calme intérieur.

J'ai développé la manie de me projeter plus loin dans la trame anticipée de ma vie. Ce réflexe a été chèrement acquis à l'issue de périodes moins roses pour le moral. Pour remplacer le "je voudrais déjà y être", enseigne de la jeunesse et de l'immaturité, j'ai développé le "chaque chose en son temps", plus pratique pour m'aider à traverser les longues journées, parfois. L'ennui c'est que cette maxime est devenue un mode de vie dans lequel je me suis laissée couler trop profondément. Je suis pratiquement capable de mettre complètement en veilleuse mes aspirations et mes envies de goûter pleinement à l'existence, afin que celles-ci ne viennent me torturer au quotidien.

Parce que j'ai un jeune bébé, je ne vais plus voir de concerts. Oui je pourrais m'organiser, mais bon, "cette période de ma vie ne durera pas toujours", et ...chaque chose en son temps. Vous voyez le genre?

Déjà deux ans que j'attends ce déménagement, qui me rapprochera de ma famille et la plupart de mes amis. Deux ans que je vis dans une retraite confortable mais drôlement ennuyante puisqu'ici, je ne connais personne et je n'ai jamais fait l'effort d'investir pour y arriver: je savais que le déménagement viendrait, et que je pourrais à nouveau organiser des soupers, participer à des fêtes, simplement sortir plus souvent, chaque chose en son temps. Bon, ce dernier quatre ans en exil aura coïncidé avec la naissance de deux enfants en trois ans, mais tout de même!

Je suis donc devenue capable de "geler" mes frustrations personnelles, remettre à plus tard la satisfaction de certains besoins, oui très certainement au profit d'un dévouement envers la famille ou envers la Cause, mais aussi tout simplement parce que la vie ne le permettait pas d'emblée. Quand il a fallu se résoudre à rénover avant de vendre, je savais que tout cela durerait plusieurs années. Quand le désir d'enfant s'est pointé, je savais que cela me garderait dans un certain immobilisme pour quelques années également. Bref, il est de ces choses dont le pendant se doit d'être assumé si l'on veut pouvoir récolter le meilleur, atteindre le but. Et comme je suis de nature entêtée, je n'hésite jamais à recourir à ce genre de maxime ou de sacrifice pour arriver à mes fins.

À force de planifier, de regarder devant, je pense que j'ai égaré quelque peu ma capacité à me couler dans le présent, à profiter des moments qui passent. Je les ai si souvent balayés, dans l'attente de mieux, dans l'expectative d'une étape, et j'ai trop souvent commencé mes phrases par "plus tard, ce sera plus facile de ... plus plaisant de... plus raisonnable de...". Combien sommes-nous à vivre ainsi? À penser qu'une fois l'hiver derrière la vie sera plus douce, qu'une fois l'été terminé on fera telle ou telle tâche comme mettre de l'ordre ou commencer un régime?

Oui, c'est important d'avoir des rêves, des projets, des étapes. Mais ces mêmes rêves, projets et étapes sont constitués d'heures et de minutes qui ensembles, forment la trame de nos vies. Refuser de les vivre, c'est refuser de vivre!

Quoi qu'il en soit, je visualise depuis deux ans ce retour aux sources, qui aura lieu dans deux petites semaines. Assez de projection! Un peu plus de CARPE DIEM. Saisir le moment, saisir tous les moments. Enfin!

mardi 1 juin 2010

Flouée



Un choc, un traumatisme, une chute, une chute de plusieurs... années.

Je pousse le rideau de la douche, encore sous l'effet de ce moment de détente trop rare où, cette fois, je ne pensais à personne d'autre, ou je n'agissais pour personne d'autre, que moi. Dans ces moments-là, les idées remontent et se précipitent à ma conscience comme un geyser, époques et saisons confondues. Je me revois à vingt ans, je me projette à cinquante, bref, je suis toute concentrée sur ma personne.

Et cette femme, avec qui je me retrouve alors, s'est permise de changer quelque peu par rapport à l'image que j'en avais conservée. Il y a bien ces kilos en trop, relents de la dernière grossesse, et même de l'avant-dernière il faut dire franchement. Mais encore! Prenant le temps de me dévisager longuement dans le miroir, traquant les quelques imperfections de peau habituelles, je suis tombée sur des intruses qui m'ont littéralement renversée: de longues stries partant du coin de mes yeux, là où la peau s'amincit en premier dit-on, là où l'age se remarque. Mais quand sont-elles apparues? Maintenant que je les ai vues, je ne vois qu'elles! J'ai le visage fatigué, le regard aussi, je crois que j'ai encaissé quelques années en concentré avec ces deux derniers bébés dans la trentaine. C'est moi qui me fait des idées? Je l'ignore, mais ces plis, profonds et irréversibles, ils sont bien là pour rester!

C'est donc cela que ça fait: vieillir? Avoir l'impression qu'une chose tout à fait incongrue est en train de vous arriver, oui, à vous, sans crier gare. Une légère perte de tonus ici, un manque de teint là, une petite tache inusitée dans le haut d'une joue, qui ne se nettoie plus. Tout cela est apparu la nuit passée? J'ai été trompée: ma vigilance s'est endormie dans le sillage de la routine, j'ai cessé de compter, j'ai cessé d'observer, on m'a flouée. On m'a volé d'au moins trois ou quatre années!

C'est difficile d'accepter que son corps s'use. Je n'ai que trente-cinq ans mais déjà, je sais que je ne pourrai plus jamais me compter parmi la jeunesse, à moins d'être assise au beau milieu d'un salon pour personnes agées ;o)) Je ne suis pas vieille, je le sais bien. Mais je suis vieillie. Encore bonne, mais plus neuve neuve. C'est un étrange décalage que celui de l'age physique par rapport au ressenti intérieur. J'arrive à une étape où, en effet, je commence vaguement à saisir ce que voulaient dire nos grands-parents quand ils nous juraient que la vie passe vite, et qu'en fermant les yeux, ils se sentaient le coeur comme dans leur jeune trentaine.

Ce n'est pas un billet très joyeux. Cependant, je crois qu'il faut s'arrêter quelquefois à ce genre de réflexion si l'on ne veut pas se réveiller brutalement en fin de piste avec un sentiment d'injustice. Le temps passe, à nous de le meubler intensément, de ce qui est bon, de ce qui est beau, de ce qui nous fait envie. Ainsi, dans quelques années je me prendrai à contempler ces ridules qui n'auront manqué de se creuser, et je me dirai que depuis, j'ai fait beaucoup, j'ai ri beaucoup, j'ai aimé beaucoup. La vie c'est un peu comme un bel été, il faut que j'en profite, de tous les moyens dont je dispose, de tout mon possible. Je ne veux plus contempler mon visage avec cet élan de panique.

Quand on a des enfants si jeunes, il est facile de s'oublier. Intuitivement, je crois qu'il est temps que je pense aussi un peu à moi.

lundi 17 mai 2010

À la dérive



Billet à classer dans le JE/ME/Moi!

J'ai mis ce blog sur la sellette, depuis quelque jours.

Suite à un échange ailleurs sur le web, j'ai pu discerner dans les commentaires qui m'étaient adressés un reflet que je n'ai pas aimé.

Le nœud de la "discussion" portait entre autres choses sur les effets de la perception de l'écrit, dans tout ce qu'il offre de tronqué, d'édulcoré ou encore d'exagéré.

Alors que le ressac de ma propre intervention me revenait en pleine figure, comme c'est souvent le cas lorsqu'on ose commenter sur une bombe émotive, j'ai réalisé que mes propres écrits produisent sur ce blog une image non seulement fausse mais également humiliante, de ma personnalité, de ma vie.

J'ai pu constater que les fresques de bonheurs familiaux étalées sur ces lignes donnent l'impression, pour reprendre les mots exacts, d'une famille Walt Disney, un espèce de conte ou la magie jouerait pour beaucoup, mais la réalité assurément serait moins rose. Autrement dit, j'inventerais et exalterais tout ce bonheur pour me rendre intéressante. Pourquoi? Parce qu'aux yeux de ces personnes, il est parfaitement impossible que tout soit parfait tout le temps. Elles ont raison évidemment, sur ce point! Rien n'est parfait dans ma vie. Mais ce n'est certainement pas pour culpabiliser les autres mères et me penser "meilleure" que j'écris sur mon bonheur. C'est que ... je suis de ces personnes qui croient profondément au positivisme. Quand ça va mal: je n'écris pas, ou très peu. Je n'ai pas envie de vous le partager. Ce n'est pas la raison d'être première de ce blog: me défouler, sortir le méchant, comme on dit. Je déteste faire l'étalage de mes difficultés, même à mes proches. Je suis comme ça, ce n'est pas une critique pour quiconque serait autrement, c'est juste que je ne changerai pas mon style pour me rendre plus accessible ou je ne sais trop quoi dans le genre. Depuis que j'ai accouché, je suis fatiguée, trop. Et je suis prise avec mes décisions qui me pourrissent carrément la vie, trop. Je garde le cap mais difficilement, trop. Mais je préfère vous entretenir de ce qui va bien. Ce n'est pas un mal, c'est simplement le choix de l'éditeur ;o)

Ce qu'il y avait d'autre, dans les commentaires, m'a beaucoup dérangé. On a parlé de moi comme d'une femme dépendante d'un homme, tant financièrement qu'affectivement. On a parlé de sacrifice alors que j'y vois un choix. On a sous-tendu que ma vie se résumait à avoir fait des enfants, perception légitime puisque je ne parle que de ceux-ci sur ce blog et j'ai par ailleurs souvent dit qu'ils étaient toute ma vie. Je n'ai pas aimé cette image. On y occulte l'historienne, la littéraire, la documentaliste, la généalogiste, la vendeuse, la travailleuse en garderie. On me peinture à mes fourneaux comme une femme des années 40, de nature rétrograde, et surtout sans pitié pour ces pauvres femmes qui travaillent...

--- J'ai été pétrifiée, d'ailleurs, de voir qu'on glissait dans ce débat (au foyer vs travaillante) alors que rien ne le laissait présager. Mais il semblerait que mon état de femme à la maison ne me donne aucun droit d'expression en ce qui concerne les enfants, puisque automatiquement, je suis posée comme l'ennemie, la personne qui se croit meilleure en ce domaine et qui ne cherche qu'à persécuter les autres mamans.---

Je suis donc nez au mur. Je n'apprécie pas certaines perceptions des gens face à ce blog, mais en contre-partie je ne parle que de ma relation mère-enfants, limitant ainsi la possibilité de perception autre.

En même temps, je suis effectivement une femme au foyer, pour encore quelques années. Et oui, je pense aux enfants en m'oubliant un peu quand je fais ce choix parce qu'ils en ont tellement besoin, de MON point de vue. J'ai beaucoup de misère à supporter le mépris, même quand il ne s'adresse pas à moi mais bien à toute une caste: ces femmes qui mettent en veilleuse leurs activités professionnelle. Est-ce que j'ai réellement besoin de ce négativisme dans ma vie déjà chargée? Est-ce que je continue d'écrire en appréhendant, à chaque billet, de me voir "peinturée dans le coin" comme une femme sans vie? Sans but? Complètement aveuglée par la réalisation de ses rêves familiaux pour ne pas avoir conscience de leur fragilité? Et surtout complètement dépendante de ce bonheur? Comme une femme dans un pays arabe, qui sans son rôle de mère n'aurait aucune identité sociale?

Bien sûr, il faut s'assumer dans la vie. Et je n'invente rien. Chaque parcelle de réflexion de ce blog part d'un fait vécu. Ce fait n'est pas parfait à la base, j'ai choisi d'en extraire le meilleur. Et c'est ce que je vais continuer de faire, si je continue de bloguer. Si.

lundi 19 avril 2010

L'engagement (long, attachez votre tuque!)



L'univers de Grande Ado est bien différent du mien à son age. Quand j'avais 16 ans, les films qui jouaient au grand écran étaient remplis de scènes d'amour édifiantes ou d'épopées chevaleresques. Je pense à Robin des Bois joué par Kevin Costner, les Trois mousquetaires, etc. Chaque fille que je connaissais alors recherchait l'Amour avec un grand A. Nous parlions du nombre de bébés que nous aurions ainsi que de la façon de les élever. Bien sûr, nous allions faire carrière, mais jamais sans famille et enfants! Nous accordions énormément d'importance à ce que notre partenaire, quand nous en avions un bien entendu, ait la même vision que nous en ce qui concerne le mariage officiel (grandiose évidemment), et notre future vie de couple qui s'en suivrait. Et puis, pour passer le temps, on écoutait Michael Bolton, Hélène de Roch Voisine... Bref, l'amour romantique était au coeur des préoccupations de l'époque.

Comme les choses ont changé depuis! Aujourd'hui bien souvent, les jeunes filles à l'école sont des "chicks" ou des "sexy bitch". Au lieu de "Take on me", "Y a de l'amour dans l'air" et "Another day in Paradise" à Musique Plus, on a des vidéos Hip Hop avec des femmes objets, on a l'hyper-sexualisation, on a des films "rapides et dangeureux". On est loin de Superman! Encore plus loin de la Guerre des Tuques! Entendons-nous, cette époque-ci n'a pas inventé le sexe et le machisme mais c'est tellement, tellement partout dans l'univers des jeunes, n'est-ce pas? Et de toute façon, on ne s'offre plus une bague, maintenant on collectionne les piercing en diamants, plutôt. On ne s'entretient plus du futur, mais des fonctions de notre nouveau téléphone cellulaire ou lecteur de musique. On a tué la romance, on l'a délaissée au profit du réalisme cru, exit le rêve à l'eau de rose, vu comme une perte de temps.

C'est dans ce contexte que notre Ado a eu samedi soir le choc de sa vie. ;o) Elle qui évolue dans ce monde pratique, où les familles de la plupart de ses congénères sont tombées sous le couperet du divorce (intense, mais vrai), où l'on aborde la vie de façon inquiétante à grand coup de récession, d'épidémie grippale ou encore de réchauffement climatique, où la relation amoureuse est vue non pas comme un accomplissement mais bien comme un acte social, un passage obligé, prélude à l'union officielle qui sera encadrée et réglementée plutôt que vécue dans l'exaltation échevelée des engagements éternels (je ne parle pas de religion ici mais bien de don de soi). Dans ce monde, les coups de foudre sont devenus rares, les familles jeunes également. Dans ce monde, les gens se choisissent, se structurent, et attendent passé la trentaine pour les bébés, question de vivre avant. Dans ce monde, un élan du coeur est très souvent un élan qu'il faut contrôler, sous peine de faire de graves erreurs! Dans ce monde peu de choses durent: on déménage souvent, on change souvent de travail, pourquoi accorder tant d'importance aux gens? Qu'est-ce qu'un ami d'enfance? Qu'est-ce que le virtuel ne peut pas remplacer?

Samedi soir nous faisions un souper fondue. Notre petit dernier est un as des as! Agé de deux mois, il sait quand dormir pour nous permettre de manger, et même de discuter! Les filles étaient d'humeur gaillarde, affichant leur toute nouvelle coiffure datant de l'après-midi même, et les parents partageaient cette humeur à la faveur d'un excellent vin californien. La famille était ainsi réunie comme à tous les soirs. Grande Ado aurait exceptionnellement dû être absente pourtant, car une soirée pyjamas avait été organisée chez une copine. Cependant, les parents étant en instance de divorce, l'un d'entre eux s'était opposé à la tenue de l'évènement, semblerait-il pour gagner des points dans une guerre avec l'autre. Triste. Mais sans cela, notre discussion n'aurait pas eu lieu, alors soit.

Étrangement, quand la question survînt, je me rendis compte qu'elle n'avait jamais été posée véritablement. Notre Ado cherchait à retourner sur les traces de ses débuts dans l'existence. Elle cherchait à reconstituer l'arrivée de Petit mari dans ma vie, que je partageais alors exclusivement avec elle en monoparentale. Très certainement, ce genre d'exercice tenait de la quête identitaire. Elle nous demanda alors de relater les circonstances de notre rencontre.

Quelque part dans le récit, elle m'arrêta subitement:

Fille-"Quoi? Papa est venu habiter chez toi la journée même de votre rencontre?"

Mère-"En quelque sorte, oui. Nous avons été présentés pendant une soirée, nous avons causé toute la nuit sans nous quitter, puis convenu d'un rendez-vous le lendemain. Nous sommes allés dormir à la fin de cette seconde journée de couple, tous les deux chastement dans un même lit, pour être près l'un de l'autre tout simplement (et c'est vrai). À partir de ce moment, nous avons partagé nos nuits, et ce depuis 15 ans."

Fille-"Quoi, il n'avait pas d'appartement?"

Mère- "Bien sûr! Il est d'abord allé chercher sa brosse à dent, puis sa télévision, les restes de son frigo et sa garde-robe. Son appartement, il l'a finalement sous-loué puisqu'il ne l'habitait plus."

Fille ébahie- "Mais... pourquoi??"

Mère- "Et bien, parce que nous ne voulions plus vivre une minute l'un sans l'autre. Nous étions prêts pour notre aventure de couple et rien, ni le jugement de l'entourage, ni la raison sociale, n'aurait pu briser cet élan du coeur."

Fille- "Ça n'arrive qu'au cinéma! C'est donc bien hot!"

Mère- "Nous avons écouté notre coeur, tout simplement. Nous sommes devenus une famille, nous n'avions pas peur d'essayer, de nous engager. De toute façon, c'était plus fort que nous, c'était un coup de foudre!

Là, c'était comme si j'avais parlé d'un phénomène astronomique rarissime tel une comète frôlant la terre.

Mère- s'amusant de l'étonnement de sa progéniture: "Ce n'est pas tout: nous nous sommes fiancés trois mois plus tard".

Fille- psalmodiant les mains au ciel: "Trois mois, trois petits mois??"

Mère- toujours souriante: "Et oui, alors vînt le mariage cinq mois plus tard."

--Une bombe dans un paysage où les gens se fiancent au moins dix ans avant de passer à l'acte, sinon jamais!--

Fille- ... silence

Mère- "Une fois mariés, papa t'a adoptée quelques mois plus tard."

Fille- "Était-il obligé?"

Mère- pouffant de rire: "Mais non voyons! Mais il voulait que tu portes son nom. Il voulait aussi conserver des droits sur toi advenant mon décès. Il voulait que tu sois vraiment sa fille."

--Un engagement qui l'honore toujours et dont peu d'hommes auraient été capables, même à l'époque--

Fille- "Mais c'est une vrai histoire d'amour ça! Une vraie!!"

Mère- le coeur un peu serré devant cette spontanéité: "Je crois qu'on peut dire que cela."

Fille- "C'est rare au bout!"

-- Là, mon coeur s'est serré tout-à-fait, non pas de chagrin mais d'espoir. Je voudrais tant qu'elle puisse goûter à une relation telle que la mienne, en tant que Femme amoureuse.

Depuis quand l'amour et l'engagement sont passés de mode? Je ne sais trop. Mais je suis certaine que cela n'est pas complètement disparu. Trouveront-elles des hommes prêts à vivre vraiment à deux pour longtemps? Seront-elles des femmes prètes à cela également?

Je sais, j'ai énormément usé de généralisation dans ce billet. Notre époque n'est pas si noire, il y a encore des films et des chansons d'amour. Et certaines familles sont très unies.

Je sais aussi que tout le monde ne vit pas sa relation de couple comme nous avons vécue la nôtre. Une telle fusion n'est pas toujours faisable, ni souhaitable. C'était bon pour nous. C'était tout à fait romanesque, comme je l'avais souhaité petite fille. C'était l'Amour à notre façon à nous.

Cependant, je crois que les exemples d'engagement durable diminuent de façon alarmante dans notre société d'aujourd'hui. Nos parents dans la soixantaine en sont souvent les seuls représentants, et pour si peu d'années encore! C'est l'engagement réel qui fait la différence.

Je souhaite ardemment que notre vie de famille, et surtout notre exemple en tant que couple, fasse naître et entretenir le désir chez nos enfants de chérir les relations humaines à long terme, sans prenez-jetez, sans marchandage. Je souhaite qu'elles sachent vraiment se donner à fond sans regarder derrière, sans craindre l'échec et ainsi pécher par excès de méfiance. Je souhaite qu'elles sachent quitter parfois leur zone de confort quand le jeu en vaut la chandelle, particulièrement quand il s'agit d'aimer, quand il s'agit de procréer, quand il s'agit de vivre sans compter. J'espère qu'elles seront des Femmes à part entière, des Amoureuses passionnées, des Mères assumées, qu'elles choisissent ou non de marcher dans mes pas. Je voudrais qu'elles puissent écouter leur coeur, peu importe si celui-ci leur dicte un parcours peu commun.

Surprenant, parfois, où les soupers fondue peuvent nous entraîner !

Je crois que Grande Ado fera à nouveau des rêves romantiques. Je crois qu'elle voudra connaître le véritable amour, l'attendre s'il le faut, et l'estimer à sa juste valeur comme étant une réussite de vie et une source profonde de bonheur.
;o)

mardi 2 février 2010

Blog lovin' award




Me voici récipiendaire de ce prix d'appréciation qui circule actuellement sur les blogs de façon contagieuse :-)

C'est une belle façon de faire connaître la blogosphère en permettant la navigation de liens en liens, à travers des blogs plus qu'intéressants, tel celui de Charlotte, m'ayant honorée de la dite mention. Je suis toujours flattée lorsqu'on s'adresse à ma plume, tant il est vrai que j'aime écrire, j'aime la mouvance des émotions crée par le choc ou la valse des mots. Merci Charlotte pour les beaux compliments.

À charge de revanche, ton blog: Ça vous coûte un bras est très inspirant. J'en ai déjà parlé ICI, et également ICI à demi-mots, je le redis encore: il est pour moi une porte ouverte sur un univers nouveau, un grand pas vers une gestion libératrice de mes finances me permettant de cultiver une attitude de contrôle et de rationnalisation propre à améliorer nos conditions de vie. Bravo pour tes publications claires et pratico-pratiques, pour ton aide tangible, tes connaissances, merci pour ce partage!!!

Pour ma part, j'adore lire tous les blogs en lien dans la colonne de droite (blogroll). S'il me fallait en élire deux qui me tiennent à coeur particulièrement, je m'enlignerais dans la catégorie popotte avec le charmant carnet Légende d'automne, m'ayant redonné, je dois le dire candidement, le goût de cuisiner à la fois simplement et de façon -wow-. La pétulante rédactrice, Nancy, fourmille d'idées culinaires dont l'originalité sans cesse renouvelée ainsi que les photos alléchantes chatouillent invariablement mes papilles. De plus, elle est diablement attachante et sympathique! Un beau petit bout de femme à connaître, remplie de créativité et d'amour pour sa petite famille! Merci Nancy!!

La blogosphère fourmille de blogs culinaires rédigés avec un soin et une qualité que je qualifierais de professionnelle! C'est exactement le cas de celui de Lexibule, que je fréquente depuis peu, mais dont les photos carrément appétissantes me renversent chaque fois, en plus de l'excellence du choix de recettes. Je sais qu'elle a été "awardée" récemment mais je ne pouvais passer sous silence la qualité de son travail! Chapeau à toi ma chère!

Votre passion transpire de vos écrits, mesdames! À l'ère du surgelé et du prêt-à-manger, il est bon de voir que les bonnes vieilles méthodes ont toujours la palme et le secret du succès :o) Je suis certaine que vous inspirez grand nombre de lecteurs à manger mieux, à créer de leur main, à découvrir de nouveaux mets ou façons de faire.

Cinq confidences maintenant:

1) J'ai écris mon premier roman à l'eau de rose à 12 ans, il faisait une centaine de pages. Jamais publié, heureusement ;o))

2) Je suis superstitieuse, je crois aux signes, et je suis même voyante (mais ça shut!! je ne voudrais en aucun cas être mise à l'épreuve lol). Je dirais donc en résumé que je suis intuitive.

3) On dit de moi que je suis romanesque, échevelée, passionnée, toute faite de coeur et émotive à souhait. Pas facile de conserver une certaine crédibilité avec ce portrait, quelques fois ;o)

4) Je rêve secrètement de cultiver - plantes-fleurs-potager-fruits- mais je crains énormément les insectes piqueurs (guêpes, taons, etc), ce qui m'éloigne de ce rêve tant et aussi longtemps que je n'aurai pas subi une hypnose thérapeutique afin de déconditionner ce traumatisme qui remonte à l'enfance.

5) Je suis claustrophobe, je n'aime pas l'arrière des voitures, les pièces exiguës, poussiéreuses et encombrées, le noir.

Voilà!

;o))

lundi 1 février 2010

Épuisement



Émotionnel et physique.

Couchée vers les 22:30, je suis déjà debout à 12:00 am pour un premier pipi, qui sera suivi d'un ou deux autres, à intervalle d'environ deux heures. J'ai toujours pensé que les dernières semaines d'une grossesse étaient faites pour nous conditionner aux réveils fréquents: émerger du sommeil pour se tourner parce qu'on doit replacer l'oreiller entre nos jambes pour maintenir une position du bassin qui ne soit pas trop douloureuse, avoir à sommeiller malgré les périodes actives de bébé, bouger ses mains engourdies pour les soulager, ou encore subir d'affreuses crampes aux mollets... J'essaie de ne pas compter les jours, j'y arrive assez bien compte tenu de mon activité soutenue des derniers temps, mais ciel, un peu de sommeil continu juste avant d'accoucher aurait été si apprécié!

Épuisement émotionnel à force de gérer le stress engendré par la vente de la maison: les multiples visiteurs critiques comme il se doivent de l'être, tout ce ménage à refaire sans fin pour conserver une ambiance et une impression d'espace qui soit propres à séduire. Et finalement l'attente d'une offre d'achat, suite aux cinq premières visites, offre qui se fait attendre contrairement à mes expériences passées pour mes autres maisons (ok, je suis impatiente là, j'avoue). Angoisse également de ne pas trouver à me reloger tant les maisons semblent rares sur le marché, à un prix acceptable...

Malgré tout, je garde confiance.
La température est chiante, le budget également, les enfants sont fatigués, mais qu'est-ce donc si ce n'est l'hiver et tout son cortège d'écueils qu'il nous faut bien traverser pour apprécier la douceur d'un prochain printemps? ;o)

lundi 25 janvier 2010

Portrait du présent



Ce matin je me suis levée avec l'idée de faire ma valise.

Pour l'hôpital voyons! ;o)

Je suis à terme ... demain: 37 semaines, fin de la prématurité. Dans la pratique, il me reste encore au moins trois semaines à trimbaler par-devant moi, à chaque pas moins rapidement qu'au précédent, cet énorme ballon mouvant. Trois semaines à gérer les engourdissements du tunnel carpien et les enflures des doigts et des chevilles, en plus de la congestion nasale permanente et des contractions au moindre mouvement.

Et bien, repose-toi le plus possible, direz-vous naïvement.

Il semblerait que la vie ne m'a pas réservé ce destin. L'Homme est à la maison, présentement à fignoler les dernières moulures des armoires de cuisine, en un marathon épuisant. C'est que les visites commencent ...vendredi! La pancarte est devant la maison, l'agent n'attend que la fin des travaux qui devra être proclamée ce jeudi. Espérons que Petit mari aura pu poser la céramique du dosseret et confectionner les portes des dites armoires!

Folie, frénésie, nommez cet empressement comme il se doit. Mes instincts de nidification sont mis à mal par le perpétuel désordre des matériaux et des outils, et par la perspective de toute cette horde qui débarquera avec l'intention de fouiller les moindres recoins de notre logis pour en apprécier le potentiel de négociation. Une période déjà stressante dans la vie normale, imaginez la fatigue entraînée chez une femme en fin de gestation, devant assurer l'avant-garde auprès des trois autres louveteaux peu compréhensifs de par leur nature juvénile.

Une période, comme dit parfois. Une "passe"! Il faut saisir le momentum quand il se présente. Après tout, ce ne serait pas vraiment mieux de commencer les visites quelques jours après mon accouchement. Et puis, en mars, ce sera à nous de magasiner!

Un beau point positif dans toute cette histoire: a-t-on eu un mois de janvier? Si oui, moi je ne l'ai pas vu passer!! Je suis dans une phase de ma grossesse ou chaque jour devrait me peser, dans l'attente de la finalité. En lieu et place, je me tiens bien occupée et au mieux de mon efficacité, pour ce qu'il en reste.

Bébé sera bientôt là, nous nous reposerons ensuite.

*Est-ce que je viens vraiment de dire cela?*

Pfffffffff!

vendredi 8 janvier 2010

La cuisine maison



Pourquoi est-ce quand le budget rétrécit que la cuisinière en moi se porte le mieux? C'est comme un réflexe, un instinct, un appel provenant de la nuit des temps alors que la Femme devait assurer en permanence la survie de sa tribu en apprêtant de façon prolifique le maigre gibier traqué par l'Homme et rapporté du bois en plein hiver. ;o)

Je l'ai déjà dit: je fais des miracles avec les restants, je maximise à fond toutes les ressources, et c'est diablement plaisant pour tout le monde en plus d'être rentable! Mon Homme étant dans la construction, c'est une période creuse côté budget, alors il faut y veiller de plus près.

Pour les vacances, j'avais fait l'achat de quelques provisions de luxe habituelles en la circonstance: beignets, bûches, et compagnie. C'était pour moi une façon de décrocher de mon mandat de magicienne du sucre et de la farine de blé intégrale. À ma grande surprise, les quantités ne baissaient pas comme elles auraient dû, en compagnie de mes trois bibittes à desserts. J'ai demandé un jour pourquoi. Grande Ado m'a répondu que les desserts en question ne lui faisaient pas envie, et qu'elle ignorait pourquoi. À la blague, je lui ai lancé que cela devait être parce qu'ils goûtaient le commercial et le chimique au lieu de la bonne bouffe maison de mes blanches mains. Elle m'a regardé, et m'a dit, d'un air légèrement hébété: "c'est peut-être bien ça"! On s'entend que, venant d'une adolescente, c'est un aveu extraordinaire :-)

Quand la plupart des trucs achetés ont été avalés à la longue, par petite bouchées, je me suis remise à mes fourneaux et j'ai cuisiné des carrés aux canneberges et des muffins choco-banane-canneberges séchées à la crème fraîche. En 24 heures, il ne restait plus rien. Encore hier, je me suis risquée avec des galettes puisque j'avais ce restant de crème 15% à passer (1/2 tasse environ). Trop bonnes ces bouchées moelleuses avec un léger sucre à la crème par dessus!!! Il en reste deux, qui vivoteront jusqu'à midi, guère plus. Si j'attendais une preuve je l'ai obtenue! Mes mousquetaires sont bel et bien addicts à la cuisine maison!

Hier pour souper, c'était des légumineuses avec ma fameuse recette de Vegetable stew, genre de pot-aux-feux de trois sortes de haricot avec des courges, de l'aubergine, des champignons, oignons, ail et une tonne d'aneth! Miam! Aujourd'hui je fais une sauce à spaghetti! Je trouve tellement agréable d'avoir devant nous, le soir venu, une bonne assiette fumante d'aliments réconfortants. L'hiver, après tout, c'est le moment idéal pour exploiter toute cette gamme de recettes au four, ou mijotées longuement!
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