Quel sera cet automne? Et ce Noël? Je n'ai même pas décoré pour ma fête préférée, Halloween! Trop occupée à lire, m'informer, m'inquiéter. Tout ce branle-bas de combat a fini par nous atteindre: il suffit d'être en onde à la radio ou la télévision pour être inondés. D'abord il y a
vaccine-ou-pas: une pression à laquelle il est difficile d'échapper! À force de tourner la question dans ma tête, j'en suis venue à l'immobilisme:
on verra comment ça évolue. De toute façon, le vaccin n'est pas disponible pour tous en ce moment.
C'est là qu'entre en ligne de compte la tension quotidienne. Avant-hier, pendant que je suis à l'épicerie, Grande Ado m'appelle en panique de retour de l'école. "J'ai mal au ventre, j'ai mal à la tête, je me sens
maaaaaaal!". Ça y est, de me dire! On devra faire face maintenant, c'est notre tour. Au final ce n'était réellement qu'une simple gastro-entérite (c'est rendu qu'on est contents d'avoir la gastro HA Ha Ha!). Mais tous les scénarios catastrophes qui nous sont venus à l'esprit, toutes les mesures envisagées, et la peur au ventre, toujours... C'est absolument invivable! Pourtant, si elle l'avait eu ne serait-ce qu'il y a deux semaines, nous l'aurions vécu très différemment.
Au mois de septembre, le vaccin n'était pas d'actualité mais la grippe circulait tout de même! Ce qui a changé?
La campagne médiatique. Je suis tellement plus capable d'entendre parler de tout ça! Et en même temps c'est plus fort que moi! La stratégie que nous avons choisi d'adopter pour notre famille (non-vaccination pour le moment) exige de se tenir au courant de l'évolution de la situation, jour après jour!
Deux cas cette semaine à l'école de Jolie Sportive. Combien de temps pour qu'elle nous la ramène?
Mais en même temps, en mars et avril, il y en avait eu aussi!
Si le vaccin avait existé à ce moment, beaucoup se seraient précipité!
Et pourtant: les cas de grippe actuels sont tout aussi bénins qu'au printemps. Excepté qu'on est "dans la saison"...
Difficile de gérer tout ça quand on est enceinte.
Difficile d'accepter que les enfants continuent de fréquenter les écoles qui sont en ce moment des nids d'incubation.
Difficile d'échapper à la peur, tant du virus que du vaccin.
Difficile de garder son sang-froid, mais nécessaire pourtant. C'est une
grippe, pas la peste bubonique! Pourtant les gens commencent à se bousculer aux points de vaccination. On voit des réactions parfaitement égoïstes, là où y a de l'homme, y a de l'
hommerie, réactions du genre "je ne veux pas
mourrrrir"! Des personnes âgées, pour beaucoup, qui se sentent déjà vulnérables face à la vie, tandis que la jeunesse a habituellement de son côté la force et la résilience. Des gens appellent pour avoir des passe-droits, se présentent carrément sans y être appelés, tentent de contourner le système en accompagnant une personne à risque, etc. Certains ont des attitudes carrément révoltantes. C'est ça la panique. Créé de toute pièce par la sur-information, la pression gouvernementale qui s'était initialement opérée face à la crainte d'une résistance à la vaccination dans la population. Maintenant, allons-nous rassurer les gens? Allons-nous relativiser? Insister sur le caractère bénin de la très grande majorité des cas? Parler de la faible incidence de ce virus, au final, dans les pays où l'hiver a déjà frappé plus tôt dans l'année? Non, il faut croire que les médias apprécient ce climat de sensationnalisme. J'en suis écœurée. Profondément.
Le virus du Nil (
yé rendu où lui??), la vache folle (on en parle plus?), le SRAS (évanoui dans la nature?), la listériose (vieil ami s'il en est un), C difficile (c'est réglé cette affaire-là?) et aujourd'hui la grippe H1N1! Est-ce encore une grosse bulle médiatique? Parions que oui.
Par contre, mes ulcères d'estomacs eux, seront bien réels.
Je vous prie d'excuser ce billet de plus sur la blogosphère. Considérez-le comme une thérapie, un exutoire, une soupape de sureté.