vendredi 25 juillet 2008

Étrange paradoxe



Je crois être un cas unique, vraiment, quand je me sens de cette manière.

Plus le budget rétrécit, plus je ressens l'abondance.

Je ne l'ai pas caché, notre santé financière n'est pas à son top. Lors de notre déménagement nous avons fait l'achat d'une maison fort mal en point pour laquelle il a fallu débourser encore et encore, nous endetter. L'élastique est à son maximum, nous sommes sur la corde raide.

(Oui nous désirons un dernier enfant.
Oui nous assumons le fait que nous ne pourrons offrir la Wii à la marmaille pour noël, ni leur payer l'école privée. Pour nous, le surplus matériel passe en second. Nous avons un ordinausaure, un vieux PS2 qui font très bien l'affaire!)

Nous revenons tout juste de démarches à la Caisse pour ajuster les entrants et les sortants. L'espoir revient. Mais en attendant, les maigres ressources que nous avons suffisent à peine pour traverser les vacances. Malgré tout, c'est dans ce cadre étrange que mes capacités de femme, de mère et d'épouse s'épanouissent le mieux. J'ai envie de cuisiner, de divertir mes enfants à peu de frais, de regarder ce qu'il y a d'intéressant sur les nombreux postes télé que nous payons sans jamais regarder, d'utiliser notre piscine même froide, d'aller marcher dans le Vieux... etc.

Je vois les trois bananes plus que mures sur la table et je me dis: pourquoi pas des petits gâteaux choco-banane? Que se cache-t-il dans ce frigo que je pourrais mettre ensemble pour nous faire faire un petit bout de plus?

Je ne dis pas que j'adore le fait de "manquer de lousse", d'être "accotée" comme on dit.
Mais j'ai si souvent côtoyé cet état d'esprit que l'on dirait maintenant que je me concentre sur l'essentiel. Les enfants vont bien. Nous ne manquons de rien. Le luxe peut attendre. Les voyages aussi. Y a des choses pires sur la terre.

J'adhère à une philosophie de simplicité volontaire qui va bien avec mon côté philanthrope et humain. D'accord, je rêve aussi à une tente roulotte, à des nouvelles fenêtres, ou à emmener mes enfants à Expo cet automne. Mais en attendant, la vie s'écoule calmement et nous apporte tout de même notre lot de petits bonheurs quotidiens dont il faut savoir profiter aussi, car au fond, cette vie elle est faite de petits détails.

C'est pourquoi depuis quelques jours, le jeu "frustration" trône à nouveau sur la table de la cuisine, et les affrontements amicaux se multiplient pour notre plus grand plaisir, gratuitement ;o)

4 commentaires:

Bouddi a dit…

On a vécu longtemps comme ça quand j'habitais chez ma mère, et ça ne nous a pas traumatisé pour autant. Aujourd'hui on connait la valeur de l'argent et on sait se divertir à peu ou pas de frais. Tes enfants vont peut-être trouver ça pénible à l'adolescence, mais c'est une leçon de vie qu'elles retiendront toute leur vie :)

La Mère Michèle a dit…

Je suis d'accord Bouddi.
Nous recueillons déjà les fruits de cette frugalité de consommation.
Elles sont très contentes de recevoir, quand elles reçoivent.
Rien de plus détestable que de donner à un enfant qui déja, s'emplit la bouche d'une autre demande sans savourer jamais le moment présent.

Grande Dame a dit…

Je connais bien cet état d'esprit en regard des finances.

Il y eut une époque où j'étais étrangement plus zen malgré mon stress de la ceinture serrée et les obligations ne nous laissant pas bcp de lousse.

Même si j'apprécie ne plus vivre le stress financier, je constate que mon rapport à l'argent était plus sain il y a quelques années.

Pas que je sois une surconsommatrice, loin de là. Mais plutôt parce qu'un peu plus d'aisance financière laisse place à de nombreuses possibilités et que ces possibilités impliquent des choix à faire.

Et moi, je n'aime guère devoir faire des choix.

Compliquée la fille, vous dites?

La Mère Michèle a dit…

Vrai!

Un peu plus d'aisance ouvre aux possibilités, on considère nos rêves, on regarde ce que le voisin, l'ami, a eu la bonne idée de s'offrir... et du coup, on a la manie de s'endetter encore plus ;o)

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