dimanche 4 janvier 2009

Les Signes



On ne sait pas toujours que ce sont des signes, souvent on le voit rétrospectivement, parfois même des années plus tard.

Lorsqu'on assemble le puzzle, on voit clairement que ceci n'aurait pas eu lieu sans cela. C'est la vie qui va, certes. Mais les évènements ont parfois de si curieuses façons de s'emboiter qu'il est dur de croire uniquement au hasard.

Je ne suis absolument pas croyante, n'en déplaise à ceux qui pense qu'il faille se rallier à un courant de pensée religieux. Mais je crois tout de même à la persistance de l'âme après la mort. J'aime y croire. Je n'y suis pas contrainte ni éducationnellement, ni par des rites culturels. Je ressens cette vérité. Mais je puis également me tromper, ce qui ne m'effraie guère. Qui viendra me le reprocher, ensuite? Si tout s'arrête, je m'endormirai d'un sommeil sans fin.

Je crois que nous sommes liés dans notre vie à des individus dont l'âme nous est familière. Du point de vue de l'idéologie de la réincarnation, il est reconnu que les familles d'âmes reviennent à la vie de façon à se croiser, à jouer un rôle dans la vie du familier, à l'aider à s'accomplir ou à vivre une épreuve nécessaire. De la même façon, réincarnation ou pas, je crois que les gens qui sont près de moi ou que je croise ont une raison d'être dans ma vie, ou moi dans la leur.

Quand j'ai rencontré mon mari, j'ai su. Nos regards se sont croisés et j'ai senti que le puzzle s'emboitait parfaitement. L'histoire fourmille de couples qui ont de tels témoignages à leur actif! Je suis curieuse d'entendre les vôtres.

Je disais donc, il s'est passé quelque chose. Nous nous sommes reconnus. Je suis retournée chez-moi et j'ai noirci une page de mon journal de déclarations à saveur d'éternité. J'ai écris noir sur blanc: aujourd'hui j'ai rencontré l'homme que j'épouserai. Je ressentais fortement l'avoir déjà rêvé, connu en rêve, il était comme un assemblage parfait de toutes les bonnes choses de ma vie passée. Il avait le caractère de l'un, qui m'avait tant fait rire, la sensualité de l'autre qui me faisait chavirer, les yeux, l'odeur, etc... J'avais suivi ces balises dans ma jeunesse au fil des conjoints, empruntant ces détours de vie, progressant à tâtons, aveuglément mais selon un plan sans faille qui m'avait menée où je devais être, de façon inconsciente. J'avais suivi les signes.

Je me suis longtemps demandé comment lui était arrivé à moi. Hier soir il me l'a révélé candidement. Il m'a raconté qu'il m'avait aussitôt replacée lors du premier regard, pour m'avoir déjà remarquée visuellement à plusieurs endroits dans notre petite ville.

Quand j'étais au cégep, dans la fleur de mes 16 ans, j'ai fait l'achat d'une salopette orange que j'ai portée malgré les commentaires. J'avais envie de cette couleur. Je l'affectionnais particulièrement. Puis, enceinte de Grande Ado vers mes 19 ans, je me suis procurée un manteau à cloche rouge pompier. Tout le monde plaisantait en disant qu'il était impossible de me manquer! Ce sont les deux seuls morceaux de couleur de toute ma garde-robe, composée habituellement de vert sauge, de beige et de bleu marin. J'ai suivi mes impulsions.

Quand il m'a rencontrée sur le trottoir, lors de nos présentations officielles par ma grande amie (mère de ma filleule), il s'est dit à lui-même: "voilà la fille à la salopette orange! Et la fille au manteau rouge. Celle-là même que j'avais trouvée de mon goût!"

Hier soir justement, il a relaté toutes ces fois où il m'avait aperçue, descendant la rue De la Cathédrale ou encore tout près de la Cantine de la Gare. Je me remémorais moi-même avoir bel et bien été à tel endroit ou fait telle chose, habillée de cette façon si particulière. Cette salopette, je ne l'avais portée qu'une seule fois dans ma vie d'adulte, dans cette ville. Et il m'avait aperçue ce jour-là en particulier, admirant mes mollets musclés par la marche. Pareil pour le manteau, que je ne portais plus et pour lequel j'avais eu un relent de nostalgie une seule journée dans l'hiver, assez pour le mettre. Une unique fois. Celle où, au lendemain d'une tempête, je marchais sur le trottoir enneigé comme une tache rouge dans le paysage blanc, impossible à rater. Le petit Chaperon rouge, voilà ce qu'il avait pensé. Je poussais ou je trainais Grande Ado, alors âgée de quelques mois. Il m'avait longuement regardée. Ce n'est qu'après notre rencontre, alors qu'il avait découvert le manteau dans mon garde-robe, qu'il s'était rappelé l'épisode.

La personne qui nous a réuni fait également partie du plan. C'est la mère de ma future filleule dont je parle si souvent. J'ai rencontré cette femme, encore aujourd'hui si présente dans ma vie, à l'âge de 15 ans dans un collège privé. Elle était une personnalité forte de la place, et le destin nous a réuni à la faveur d'un mantorat, d'elle à moi. J'ai eu besoin de sa force. Elle a été séduite par mon intensité, mon émotivité, mon âme échevelée, et mon entêtement romanesque. Je ne l'ai plus revue jusqu'à ce jour, quatre ans plus tard, où nous nous sommes croisées dans la rue et avons réalisé que nous étions voisines tout ce temps. Dans une ville à 400km de notre lieu de rencontre initial. Je venais tout juste d'emménager d'ailleurs. Mon futur Homme habitait dans son bloc appartement. Elle me l'a présenté, tout simplement. Elle nous voyait ensemble.

Nos parcours de vie semblent être si aléatoires, mais à mon avis, il n'en est rien.
Si l'on écoute les signes, on va vers ce qui a été prévu. Vers ce que nous voulons vivre. La tante tireuse de carte de Petit mari lui avait prédit une femme de cinq pieds, rousse, avec enfant en bas age. Il était aiguillé par cette prédiction lorsqu'il a croisé ma route. La journée de notre rencontre, je revenais d'une longue marche avec mon amie, et Petit mari jouait... de la tompette juste devant son bloc, dehors. Mmm ... impossible de le manquer lui aussi! On était dûs je pense! Moi avec le manteau rouge, et lui avec l'instrument tonitruant. C'étaient des appels de détresse! Des balises ultimes!

Je reçois encore des signes dans ma vie présente.

Je coupe ce billet et fait une suite, ça a pu de bon sens! lol

5 commentaires:

Grande Dame a dit…

Beau billet.

Je te lis et je me dis qu'on se ressemble, toi et moi. Nous et nos "âmes échevelées" (j'adore l'expressioN!).:o)

Grande Dame a dit…

Un jour, je te raconterai l'histoire scatologique qui m'a ouvert le coeur de mon homme.

La Mère Michèle a dit…

:O)
J'ai déjà hâte :)

La Mère Michèle a dit…

Il se peut même que je connaisse cet épisode... tu as rencontré ton homme du temps de l'existence du bon vieux Profession Parent, dont j'étais également ;o) Comme je voulais faire partie des fraîches moi aussi! Je pense même que vous avez été le point de départ, pour moi.

Grande Dame a dit…

C'est vrai, j'ai tendance à l'oublier. Je n'ai toujours pas réussi, par contre, à t'identifier!

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