vendredi 15 mai 2009

Évolution...



Le temps nous glisse entre les doigts, s'enfilant de semaines en semaines jusqu'à cumuler une année de plus. Ce mois-ci, deux anniversaires!

Cette enfilade me sidère parfois. Je reçois même occasionnellement quelques bons soufflets en pleine face, rien de bien méchant, mais le coeur d'une maman fige toujours un peu de surprise devant les preuves d'évolution de sa progéniture!

Comme hier, en magasinant avec Grande Ado, l'entendre dire: "quel magnifique bustier maman - wow on dirait même qu'il me fait de gros seins! - ". 8-0

Ou encore, Petite Fleur qui me rejoint devant la laveuse alors que je plie une brassée, le sourcil contrarié, la main qui se gratte l'arrière-tête, et qui me lance: "ti-pagne, ti-pagne". Moi de comprendre quelques instants de réflexion plus tard qu'elle veut son Carmen Campagne et que les deux autres, en congé aujourd'hui, ne l'entendent pas ainsi. Ahh!!! Une première confrontation entre soeurs?

Ou encore Jolie sportive qui se plaint de sautes d'humeur, de maux d'ovaires et de migraines, et qui crie à tout vent: on dirait que je suis en SPMMMMMMM!!!! Elle n'a pas encore ses règles mais ce sera surement chose faite à la fin de l'année...

Ce matin au réveil, mes yeux sont tombés sur une boite mal rangée provenant de la penderie. Il s'agissait de ma boite à souvenirs, comme l'appelait ma mère, où sont rangés mes cahiers d'orthographes du primaire, de nombreux dessins, des reçus d'inscription, bref un mini portrait de ma prime enfance. JS et Petite Fleur m'ont bientôt rejointe alors que j'effeuillais quelques piles, et faisait un tri sommaire (il y en a vraiment trop). J'étais habitée intérieurement par mes pensées d'enfant, et par ce drôle de sentiment qui surgit lorsqu'on remonte le temps, lorsqu'on va fouiller dans le noyau, faisant chemin inverse au travers les couches d'édification de la personnalité accumulées au fil des années et des étapes de vie.

J'en étais là donc, quand je vécu un drôle de décalage. C'était mes propres enfants qui commentaient mes gribouillis, mes cartes de Noël artisanales, mes performances de première année. Elles étaient assises là au milieu des papiers, indifférentes au trou noir qui nous enveloppait, ignorante du voyage dans le temps qui m'embrouillait l'esprit silencieusement. Ces courts instants m'ont rappellé que ce qui me semble long aujourd'hui m'apparaîtra de l'ordre d'une simple pensée, plus tard. Aujourd'hui je suis leur mère et elles vivent auprès de moi, demain, je serai vieille femme et attendrai leur visite.

Et chaque jour elles grandissent, imperceptiblement, mais irréversiblement.

Heureusement, l'amour qui nous unit fait de même.

4 commentaires:

La Belle a dit…

Quel constat réelle tu viens de décrire si bien. Il nous fait réaliser l'urgence de vivre le moment présent !

Evyzamora a dit…

Effectivement, nous pouvons être un certain temps sans le ressentir, et tout d'un cou, c'est comme une claque qui nous remet les pandules à l'heure! Ça passe très vite ce qui fait qu'on ne se sent pas vieillir, jusqu'à ce que notre progéniture nous envoit de petits signes!

~nancy~ a dit…

..très touchant ton texte ce matin..

~nancy

Looange a dit…

Moi aussi je commence à trouver mes enfants grands avec certains événements. Surtout depuis l'arrivée des jumelles. C'est épouvantable.. Bianca a l'air tellement grande à côté :)

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